Navigation







Révolution - Empire - Maréchal de l’Empire

LANNES Jean (1769-1809)

4eme division (1ere ligne, 6, cardytaphe)
lundi 8 décembre 2008.
 

Maréchal de l’Empire

maréchal de France, né à Lectoure (Gers), le 10 avril 1769, d’une famille pauvre mais honorable, commença ses études dans sa ville natale, et ne put les continuer, son père se trouvant dans l’impossibilité de subvenir aux dépenses.

Il entra alors chez un teinturier, et y resta jusqu’en 1792, époque où.il partit en qualité de sergent-major pour l’armée des Pyrénées-Orientales. Son avancement fut rapide, puisque, en 1795, il était déjà chef de brigade. Destitué sous le ministère d’Aubry, il servit comme volontaire dans l’armée d’Italie.

Colonel du 25e régiment sur le champ de bataille en 1795 ; général de brigade à l’assaut de Pavie. Général de division en Egypte ; il fut un des sept généraux qui revinrent en France avec le général Bonaparte.

Commandant les 9e et l0e divisions militaires, commandant de la garde consulaire et l’avant-garde de l’armée d’Italie. Ministre plénipotentiaire à Lisbonne en 1801, maréchal d’empire en 1804 ; duc de Montébello commandant l’avant-garde de la grande armée, et l’aile gauche à Austerlitz. Lannes, l’Ajax français, mourut le 31 mars 1809 des suites d’une blessure reçue sur le champ de bataille d’Essling.

Le duc de Montébello était de Lectoure ; chef de bataillon, il se fit remarquer dans les campagnes de 1796 en Italie ; général, il se couvrit de gloire en Egypte, à Montébello, à Marengo, à Austerlitz , à Iéna, à Pultusk, à Friedland, à Tudela, à Saragosse, à Eckmùhl, à Essling, où il trouva une mort glorieuse.

Il était sage, prudent, audacieux, devant l’ennemi d’un sang-froid imperturbable. Il avait un peu d’éducation. la nature avait fait tout pour lui. Napoléon, qui avait vu les progrès de son entendement, en marquait souvent sa surprise.

" Il était supérieur à tous les généraux de l’armée française sur le champ de bataille, pour manœuvrer 25,000 hommes d’infanterie. Il était encore jeune et se fût perfectionné ; peut-être fût-il devenu habile pour la grande tactique qu’il n’entendait pas encore. » Montholon.)

« Lannes, lorsque je le pris pour la première fois par la main , n’était qu’un ignàrantaccio. Son éducation avait été très-négligée ; néanmoins, il fit beaucoup de progrès, et, pour.en juger, il suffit de dire qu’il aurait fait un général de première classe. Il avait une grande expérience pour la guerre ; il s’était trouvé dans cinquante combats isolés, et à cent batailles plus ou moins importantes. C’était un homme d’une bravoure extraordinaire : calme au milieu du feu, il possédait un coup d’œil sûr et pénétrant, prompt à profiter de toutes les occasions qui se présentaient, violent et emporté dans ses expressions, quelquefois même en ma présence. Il m’était très attaché. Dans ses accès de colère, il ne voulait permettre à personne de lui faire des observations, et même il n’était pas toujours prudent de lui parler, lorsqu’il était dans cet état de violence. Alors, il avait l’habitude de venir à moi, et de me dire qu’on ne pouvait se fier à telle et telle personne. Comme général il était infiniment au-dessus de Moreau et de Soult. » (O’Meara.)

« Chez Lannes, le courage l’emportait d’abord sur l’esprit, l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. Il était devenu très-supérieur quand il a péri. Je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant. » (Las Cases.)

« Le maréchal Lannes, ce valeureux duc de Montebello, si justement appelé le Roland de l’armée, visité par Napoléon sur son lit de mort, semblait oublier sa situation pour ne s’occuper que de celui-ci !

« S’il eût vécu dans ces derniers temps, je ne pense pas qu’il eût été possible de le voir manquer à l’honneur et au devoir.

« Il était de ces hommes à changer la lace des affaires, par son propre poids et sa propre influence. » (Las Cases.)

« Lannes avait été mis en apprentissage chez un teinturier, sans la Révolution il eut été un honnête artisan.

« Il contribua de tout son pouvoir au coup d’état du 18 brumaire. « Nommé peu après à l’ambassade du-Portugal, il comprit mal le caractère de ses fonctions d’ambassadeur, il traita si cavalièrement les autorités portugaises que l’on fut obligé de le rappeler.

Le 22 mai, seconde journée d’Essling , Lannes fut atteint d’un boulet qui lui enleva la jambe droite entière et la gauche au-dessus de la cheville. Douze grenadiers le transportaient dans l’île de Lobau sur leurs fusils, lorsque l’Empereur, qui se tenait au débouché du pont, l’aperçut, vola à lui, et l’embrassant : « Lannes, s’écria-t-il, c’est moi, Napoléon, ton camarade, me reconnais-tu ?

Dans quelques heures, répondit Lannes, revenant à lui, vous aurez perdu un homme qui meurt avec la consolation et la gloire d’avoir été votre meilleur ami. »

Lannes subit le soir même une double amputation, et mourut à Vienne le 31 mai.

Ses restes ont été solennellement inhumés au Panthéon le 6 juillet, anniversaire de la bataille de Wagram.

Sources : Biographies des Gloires militaires de la France, Charles Mulliè, Paris 1852.

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2008)