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Ecrivains - Poétes - Littérateurs

HEINE Henrich (1797-1856)

27eme division (2eme ligne, 27)
samedi 29 novembre 2008.
 

Ecrivain allemand

Christian Johann Heinrich Heine, voit le jour le 13 décembre 1797 à Düsseldorf sous le nom de Harry Heine. C’ est un des plus importants poètes et journalistes allemands du XIXe siècle.

Heine est né de parents juifs ; sa mère était issue d’une famille de banquiers et d’érudits, juifs libéraux, qui avait quitté la Hollande à la fin du XVIIe siècle, et son père d’une famille de marchands du nord de l’Allemagne, juifs orthodoxes.

Il est encore adolescent quand il écrit ses premiers poèmes d’amour. Il s’est épris d’une de ses cousines, Amalie, la fille de l’oncle Salomon, qui sera son mécène. D’Amalie, il fera à la fois son deuil (cela lui prendra du temps) et son miel (Le Livre des Chants).

Suivirent ses pérégrinations en Allemagne (Goethe avait lancé la mode), d’où surgirent ses Tableaux de voyage. C’est sa naissance littéraire, du moins comme prosateur, un mélange à sa façon de choses vues et de réflexions où il devient son principal personnage. « Ce que je ne peux voir en observant les choses de l’extérieur, je le vois en me mettant en elles. »

Du coup, le voilà journaliste aux Neue Allgemeine Politische Annalen : « Moi, dont l’occupation favorite est d’observer le passage des nuages, de tendre l’oreille aux secrets, il m’a fallu exposer les intérêts de l’époque, attiser des aspirations révolutionnaires ..."

Heine passa sa vie tiraillé par les éléments incompatibles de ses identités juive et allemande, notamment pour ce qui concernait l’accès aux chaires universitaires, une ambition secrètement caressée par Heine. Non seulement il n’atteint pas son but, mais d’autres - dont son cousin et mécène, le compositeur Meyerbeer - n’eurent pas à franchir l’étape de la conversion pour bénéficier de tels avantages.

En 1831, il s’installe à Paris où il va être le plus fêté des Allemands. Grand arpenteur de la ville, il est un piéton baudelairien avant l’heure, y compris dans la fréquentation des prostituées. Il déménage souvent. On lui connaît au moins seize adresses, généralement dans le quartier de Montmartre.

En 1834, il se met en ménage avec Augustine Crescence Mirat, qu’il rebaptise Mathilde et qu’il épouse en 1841. Il fréquente les socialistes utopistes, disciples du Comte de Saint-Simon.

En 1843, il se rend en Allemagne, mais le gouvernement a proscrit ses œuvres. L’année suivante, il fait paraître Deutschland : Ein Wintermärchen (Allemagne : un conte d’hiver) et son ami Karl Marx publie un article dans son magazine En avant. Il fait aussi publier Atta Troll : Ein Sommernachtstraum (Un rêve au milieu de l’été).

En 1848, il devient grabataire, terrassé par la syphilis (comme il le croit lui-même) ou la myopathie (selon la description de sa maladie). Il revient aussi à la poésie, où s’entremêlent l’élégie, la confession intime, l’espoir politique.

Nombre de ses poèmes ont été transposés en musique, notamment par Franz Schubert et Robert Schumann. Il a donné le Vaisseau fantôme à Richard Wagner.

Parmi les livres que les nazis firent brûler sur l’Opernplatz (place de l’Opéra) de Berlin en 1933, se trouvaient les ouvrages du juif Heine - sa citation la plus célèbre est précisément : « Ce n’était qu’un prélude : là où l’on brûle les livres, on finit par brûler les hommes. » (« Das war ein Vorspiel nur, dort wo man Bücher / Verbrennt, verbrennt man auch am Ende Menschen. ») Extraite de la pièce Almansor (1820), elle évoque les autodafés de Cordoue.

Nouveau printemps, XIII, 1828

Ah ! J’ai la nostalgie de larmes,

De larmes d’amour, douces à souffrir,

Et je crains que cette nostalgie

Ne finisse par être exaucée.

Ah ! La douce misère de l’amour

Et de l’amour l’amer plaisir

Se glissent à nouveau, tourments divins,

Dans ma poitrine à peine guérie.

Henrich Heine s’est éteint à Paris le 17 février 1856, Sa tombe, une belle stèle en marbre blanc est surmontée d’un buste de l’écrivain, oeuvre de Ludwig Hasselris.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)