Navigation







Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet - Second Empire

POTOCKA Anna, comtesse (1776-1867)

4eme division (1ere ligne)
vendredi 28 novembre 2008.
 

Femmes de lettres

La comtesse Anna Potocka voit le jour en 1776, nièce du maréchal Poniatowski, elle vivait à Paris et y tenait un salon ; elle a laissé des Mémoires. ...

Née Anna Tyskiewicz, nièce du dernier roi de Pologne, Stanislas Poniatowski, elle avait épousé le comte Alexandre Potocki, un mari distant et plus âgé qu’elle.

Anna était ravissante, romantique, passionnée.

Françoise de Bernardy nous en donne le portrait : "La jeune femme avait un visage rond, aux traits un peu courts et un peu gros, mais éclairés par d’admirables yeux noirs, intelligents et gais. Ses cheveux étaient bruns et bouclés. Slave de pure race, elle avait l’air d’une gitane, et elle avait aussi la vivacité des femmes du Midi. L’intelligence alerte, l’intelligence ornée, Anna Potocka était enthousiaste, vibrante et exaltée..."

Elle eut une liaison avec Charles de Flahaut. Il était aide de camp de Murat lorsqu’il la rencontra pour la première fois à Varsovie.

Elle avait beaucoup entendu paler de lui... par d’autres polonaises vivant à Paris. Ses préjugés défavorables l’avaient enfermée dans une attitude équivoque, alternant l’ignorance feinte et le désir de mieux le connaître.

Françoise Wagener ajoute, dans "La reine Hortense" : "Anna se distinguait par un esprit vif, un goût du romanesque et une liberté d’allure - à la polonaise - d’une élégance forte."

Elle décida donc d’ignorer Charles de Flahaut pendant cette soirée d’installation de l’état-major de Murat chez le comte Potocki. C’est le son de la voix de Charles qui remit en question cette décision : "Mais un son de voix comme je n’en avais jamais entendu vint ébranler cette résolution, et je levai les yeux pour voir quelle figure pouvait avoir un homme qui parlait si harmonieusement." ("C’est, je crois, la seule personne, a-t-elle noté dans ses Souvenirs qu’il me soit arrivé d’écouter avant de la regarder.").

Murat en fut pour ses frais, lui qui avait décidé aussi de conquérir la belle Polonaise...

En 1810, Anna se déplaça à Paris et s’installa place de la Concorde, à l’hôtel Crillon d’aujourd’hui. Elle organisait des soirées dans son hôtel, au cours desquelles elle demandait à Charles de chanter quelques romances. Chaque matin, il lui faisait parvenir un bouquet de violettes. Il lui fit aussi découvrir Paris à l’occasion de ce séjour ; une visite chez le peintre Gérard s’imposa : le portrait de sa compatriote Marie Walewska y était exposé.

Bien plus tard, Anna revint à Paris, accompagnée du comte Wonsowitcz, son nouveau mari depuis la perte d’Alexandre Potocki.

Ses mémoires sont encore de nos jours trés recherchés, ils couvrent la période 1794-1820. Ils nous dépeignent de savoureux portraits de contemporains.

La comtesse Anna Potocka s’est éteinte en 1867 à Paris. Elle repose au cimetière Montmartre dans une trés belle chapelle, trés ornée, avec de magnifiques dorures. Cette chapelle est restaurée grâce aux soins de l’association Les Appels d’Orphée.