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Compositeurs - Musiciens - Auteurs d’Opéras

SAUGUET Henri (1901-1989)

27eme division (2eme ligne, 10)
samedi 22 novembre 2008.
 

Compositeur de musique

Henri Sauguet, de son vrai nom Henri-Pierre Poupart, voit le jour à Bordeaux le 18 mai 1901 et mort à Paris le 22 juin 1989.

Compositeur français.

Henri Sauguet adopte le nom de jeune fille de sa mère comme pseudonyme. Il a été élu à l’Académie des Beaux-Arts en 1976, reçu officier de la Légion d’honneur en 1956, officier de l’Ordre national du Mérite et commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres et Président durant de nombreuses années à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques et de l’Association Una Voce.

Dès l’âge de cinq ans, il reçoit de sa mère, Elisabeth, et de Marie Bordier ses premières leçons de piano. Puis, il suit les cours de Melle Loureau de la Pagesse, organiste de chœur de l’église Sainte-Eulalie de Bordeaux, sa paroisse.

La musique d’église et plus spécialement l’orgue ont sans aucun doute marqué profondément sa jeunesse. En effet, il a été élève d’orgue de Paul Combes et a occupé le poste d’organiste de l’église Saint-Vincent de Floirac de 1916 à 1922.« L’orgue ! Le rêve de ma jeune existence » écrit-il dans son ouvrage autobiographique, La Musique, ma vie. Autre influence décisive, celle de Claude Debussy dont l’œuvre l’enthousiasme. L’anecdote souvent racontée veut que la seule lettre qu’il se décida à lui écrire parvînt au compositeur le jour de sa mort, le 23 mars 1918.

La mobilisation de son père en 1914 l’oblige à gagner très tôt sa vie. C’est ainsi qu’il devient employé à la Préfecture de Montauban en 1919-1920 et qu’il se lie d’amitié avec Joseph Canteloube - qui a recueilli et harmonisé des chants traditionnels auvergnats sous le titre Chants d’Auvergne - qui lui enseigne la composition.

Revenu à Bordeaux, il fonde le Groupe des Trois avec Louis Émié et Jean-Marcel Lizotte dans le but de faire entendre la musique la plus récente et libre de toute influence.

Leur premier concert a lieu le 12 décembre 1920 avec des pages du Groupe des Six (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Germaine Tailleferre, Darius Milhaud et Francis Poulenc), d’Erik Satie et du Groupe des Trois avec comme œuvre d’Henri Sauguet : sa Danse nègre et sa Pastorale pour piano.

Dès octobre 1921, il se fixe à Paris pour compléter sa formation musicale avec Charles Koechlin et travaille comme secrétaire du Musée Guimet tout en représentant une maison d’huiles de graissage.

En 1923, quatre jeunes musiciens : Henri Cliquet-Pleyel, Roger Désormière, Maxime Jacob et Henri Sauguet fondent l’École d’Arcueil par amitié pour Erik Satie qui demeurait dans cette commune et, le 25 octobre 1923, présentent au Théâtre des Champs-Élysées leur premier concert.

Sa carrière parisienne commençe en 1924 par le ballet les Roses écrit à la demande du comte Étienne de Beaumont et continue avec un opéra-bouffe en un acte intitulé le Plumet du Colonel. Il intègre les cercles de la musique nouvelle et collabore, notamment, avec des hommes de théâtre comme Charles Dullin (Irma, 1926) et Louis Jouvet (Ondine, 1939). Il s’impose avec des opéras-bouffes (la Contrebasse, 1930), des opéras et opéras comiques (la Chartreuse de Parme, 1936, les Caprices de Marianne, 1954, la Gageure imprévue, 1942), quatre symphonies dont la symphonie expiatoire (1947) à la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale, deux concertos pour piano, deux concertos pour violon, une Mélodie concertante pour violoncelle et orchestre en 1948, de la musique de chambre (Quatuor à cordes pour deux violons, alto et violoncelle, 1948), la suite symphonique Tableaux de Paris. Il travaille activement et de manière constante entre 1933 et 1965 pour le cinéma et la télévision. Citons les musiques de films : l’Épervier (Marcel L’Herbier, 1933), l’Honorable Catherine (Marcel L’Herbier, 1942), Premier de cordée (Daquin, 1943), les Amoureux sont seuls au monde (Decoin, 1947), Clochemerle (Chenal, 1947), Don Juan (Berry, 1955), Lorsque l’enfant paraît (1956), l’Heure de vérité (1965) etc.

Enfin, il ne compose pas moins de vingt-sept ballets entre 1924 et 1965, dont la Chatte (1927), la Nuit (1929), Mirages (1943), les Forains de Boris Kochno, créé par Roland Petit, le 2 mars 1945, qui représente une date importante pour le ballet contemporain et dont la réussite a été immédiate, la Dame aux camélias (1957), Pâris (1964).

Henri Sauguet a écrit un livre : la Musique, ma vie. Il se livrait à son art en parfaite simplicité avec clarté et il disait : « Être simple en usant d’un langage complexe n’est pas facile. Il faut écouter le conseil de Rameau qui prescrivait de cacher l’art par l’art même et croire avec Stendhal que seules les âmes vaniteuses et froides confondent le compliqué, le difficile avec le beau ».

Il s’est éteint le 22 juin 1989 à Paris.