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FLAHAUT Charles de (1785-1870)

2eme division
jeudi 20 novembre 2008.
 

Général de division

Charles de Flahaut, de son patronyme complet Auguste Charles Joseph Flahaut de La Billarderie, voit le jour le 21 avril 1785 à Paris. Il est décédé le 2 septembre 1870 dans la même ville.

C’était un militaire et diplomate français.

Son nom est habituellement orthographié Flahaut, même si l’on rencontre également la graphie Flahault, plus conforme à son ascendance paternelle officielle

Il était officiellement fils de Charles-François de Flahaut de La Billarderie (1728-1793), maréchal de camp et Intendant des Jardins du Roi, guillotiné en 1793, et de Marie-Adélaïde Filleul (1761-1836).

Les mariés ayant 35 ans d’écart, il n’est pas choquant pour l’époque que Mme de Flahaut ait eu de nombreux amants, parmi eux, l’Histoire retient deux pères putatifs de Charles de Flahaut : William Windham (1750-1810), parlementaire britannique rencontré en 1781, et Talleyrand (1754-1838).

En réalité, ses contemporains, Charles de Flahaut en premier lieu, considèrent ce dernier comme son père, avec qui il entretint d’ailleurs une relation très particulière tout au long de sa vie.

Après une jeunesse itinérante dans quelques villes d’Europe (Londres, Hambourg, Bremgarten) pour cause de Révolution française, il commence sa carrière militaire en se mettant au service de Bonaparte.

Il entra à l’âge de 15 ans dans un corps de volontaires à cheval, organisé pour accompagner le premier Consul en Italie.

Le jeune homme, avec l’aide de Talleyrand, va entamer une carrière militaire rapide et impressionnante.

Il va être admis au service de Louis Bonaparte en 1801 puis celui de Murat en 1803 comme capitaine aide-de-camp mais après la fin de sa liaison avec la femme de ce dernier, il est versé à l’état-major de Berthier en 1808.

Il combattit, avec distinction, au Portugal, en Allemagne, en Espagne et en Russie.

Promu au grade de général de brigade en 1813, il atteint le poste ultime en devenant aide de camp de l’Empereur en 1813.

Il se signala à la bataille de Dresde et fut alors élevé au grade de général de division (24 octobre 1813). Il se rendit le 22 février 1814 auprès des plénipotentiaires russes, autrichiens et prussiens pour traiter d’un armistice, mais ses propositions ne furent pas acceptées.

Le titre de comte d’Empire et le grade de commandeur de la Légion d’Honneur lui furent accordés dans la même année.

À la première abdication de Napoléon Ier en 1814, il va s’opposer à la Première Restauration ; pendant les Cent-Jours, le 2 juin 1815, il reprend son poste d’aide de camp et est fut nommé Pair de France.

À la seconde abdication de Napoléon, il manque de partir avec lui à Sainte-Hélène, mais sa mère le retient.

Il va tenter, avec les derniers fidèles de l’empereur, d’imposer le roi de Rome. Il défendit à la Chambre, après la bataille de Waterloo, le rapport du ministre de la guerre attaqué par Ney, donna des détails sur les opérations de Grouchy, certifia que ce maréchal avait alors 40 000 hommes sous ses ordres, et appuya avec chaleur la proposition de Lucien Bonaparte en faveur de Napoléon II.

Mais la Seconde Restauration fut plus forte, la carrière militaire de Charles de Flahaut s’arrête ici, Talleyrand fit rayer son nom de la liste des personnes qui devaient être exilées de France. Toutefois on engagea M. de Flahaut à s’éloigner pour quelque temps.

Le 19 novembre 1831, il accède à la dignité de pair de France dans la série de trente-six pairs viagers destinée à permettre l’adoption à la Chambre Haute du projet de loi abolissant l’hérédité de la pairie.

Dans les rangs de l’armée, il eut quelques missions pendant la monarchie de Juillet, mais il ne retrouva jamais le prestige militaire de l’Empire.

Pendant ses quinze ans au service de Napoléon, il participa aux campagnes les plus prestigieuses : Marengo, Ulm, Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland, Wagram. Il fut aussi présent lors de la terrible campagne de Russie, et lors de l’ultime bataille de Waterloo.

Napoléon lui confia aussi ses premières missions diplomatiques à Neumarck en 1813 (exécuter l’armistice conclu avec les armées russes et prussiennes) et à Lusigny en 1814 (négocier l’armistice avec les alliés).

Charles de Flahaut était un homme à femmes. On lui prête de multiples conquêtes. Cependant, sa liaison la plus durable fut avec Hortense de Beauharnais dont il eut lui aussi un fils illégitime, Charles de Morny.

Le 19 juin 1817 - ou le 1er juillet ? - il épouse Margaret Mercer Elphinstone baronne de Keith (morte à Paris le 12 novembre 1867), (fille de l’amiral Lord Keith) - à l’église St André d’Édimbourg - avec laquelle il aura cinq filles.

Sa famille accepte très bien Auguste de Morny, il devint même très complice avec sa fille aînée.

C’est grâce à l’ambition de sa femme qu’il va entamer une carrière diplomatique dès la Monarchie de Juillet.

Il a en effet de très bonnes relations avec Louis-Philippe, par l’intermédiaire de sa mère qui aurait été la maîtresse du futur roi pendant son exil au moment de la Révolution Française.

Après avoir été écarté par Talleyrand pour le poste d’ambassadeur à Londres, il réussit à obtenir celui d’ambassadeur à Vienne (septembre 1841).

Ce ne fut qu’une ambassade mondaine, pour laquelle sa femme aurait beaucoup intrigué pour qu’on lui attribue. Ils furent cependant tous deux très appréciés de Metternich.

Mais les évènements l’obligent à quitter son poste : il démissionne en septembre 1848 en même temps que la Deuxième République le révoque.

Farouchement anti-républicain (il est plutôt libéral, par ses influences anglaises), il retourne vivre à Londres.

C’est l’entrée en politique de son fils Auguste de Morny, et l’arrivée de Louis-Napoléon Bonaparte, qui va le faire revenir en France et en politique. À nouveau, sa femme est derrière lui, ainsi que sa fille aînée.

Quoique trop souvent ignoré dans les sources, Flahaut a participé à la préparation et au coup d’État du 2 décembre 1851, aux côtés de son fils, qui est pour lui le retour d’un Bonaparte et le souvenir du temps glorieux du Premier Empire.

C’est la raison pour laquelle il va favoriser l’instauration du Second Empire de Napoléon IIIpour qui il représente un excellent moyen de légitimer son nouvel empire, dans la veine de celui de son oncle.

Rapidement déçu par Napoléon III, il va bientôt se désintéresser de la politique française. Malgré tout, il reste attaché à l’Empire, et c’est pourquoi il accède enfin au poste tant désiré d’ambassadeur à Londres en 1860.

Il ne marqua pas cependant cette place, comme l’avait fait auparavant son père, mais il fut d’excellent conseil pour Édouard Thouvenel, alors ministre des Affaires Extérieures.

Il démissionne de ce poste en 1862, à cause d’un désaccord avec Napoléon III et surtout du renvoi de Thouvenel.

Charles de Flahaut va finir sa vie entre Londres et Paris, ne s’occupant plus de politique malgré quelques titres honorifiques : il est fait sénateur le 31 décembre 1852 Grand Chancelier de la Légion d’honneur, puis relevé de sa retraite militaire pour être placé dans la deuxième section de réserve de l’état-major.

Il décède dans la nuit du 1er au 2 septembre 1870, le jour de la bataille de Sedan, qui vit la chute du Second Empire.

Il fut enterré au cimetière de Montmartre à Paris (2e division), avec sa fille Clémentine.

Parmi ses descendants, on relève le nom de Michel Poniatowski (1922-2001), homme politique français.

Adélaïde de Flahaut, dont les romans ont obtenu tant de succès au XIXe siècle, et qui épousa en secondes noces M. de Souza, était la mère du général.

Sa sépulture a été restaurée il y a peu par les soins du Souvenir Français et de l’ACMN (Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens)

Sources : Biographies des Gloires militaires de la France, Charles Mulliè, Paris, 1852.

Crédit photos : Charles de Flahaut en 1860, Nadar