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Sciences et Techniques - Minéralogie

BROCHANT DE VILLIERS André (1773-1840)

41eme division (2eme ligne, N , 27)
samedi 15 novembre 2008.
 

Minéralogiste

André-Jean-françois-Marie BROCHANT DE VILLIERS est né au château de Villiers, près de Mantes, le 6 août 1772, pendant l’exil de son père, magistrat au Parlement de Paris dissous par un édit royal du 13 avril 1771.

Devenu orphelin, il fut élevé par sa mère et par les Oratoriens du collège de Juilly, où il reçut une forte éducation classique et prit le goût de l’histoire naturelle. En 1791, à l’âge de 19 ans, il part pour Freiberg attiré par la renommée de Werner, avec l’intention de suivre plus tard les cours de l’Ecole des mines de la Monnaie.

Mais il subit un sort analogue à celui de Duhamel ; quand il revient en France, l’École de Sage a disparu. En novembre 1798, il entre à celle des Ponts et chaussées, le seul établissement échappé à la tourmente.

Lorsque, peu après, la création de l’École polytechnique fut envisagée, l’on résolut de constituer une école préparatoire réunissant des sujets d’élite, des « chefs de brigade » destinés à l’encadrement des élèves du futur organisme. En août 1794 Brochant de Villiers y est admis à la suite d’un brillant concours, où Monge le distingue d’une façon particulière.

Malgré ce succès, il ne devait pas être élève de l’École Polytechnique définitivement créée le 7 vendémiaire an III (28 septembre 1794), car, dans l’intervalle, avait été constituée l’Agence des mines et ouvert un concours pour le recrutement d’élèves destinés au Corps des mines organisé au mois d’octobre de la même année. Brochant retrouvait ainsi sa voie. Il est le major de cette première promotion et déjà son mérite le fait choisir comme adjoint au professeur d’un cours préparatoire.

Brochant est nommé ingénieur « en pied » en 1800. La loi du 30 vendémiaire an IV ne s’était pas bornée à réorganiser l’Ecole des mines ; elle l’avait transformée en école pratique et transportée, - on a dit déportée, - de Paris au voisinage des neiges et d’un filon de plomb, à Pesey, pauvre village des montagnes de la Tarentaise, d’où elle devait bientôt descendre dans la vallée, à Moutiers ; elle y subsista jusqu’à nos revers de 1814, jusqu’à la perte de la Savoie. Brochant de Villiers y fut chargé des leçons de minéralogie et de géologie, et cet enseignement qui fut particulièrement brillant, il le conserva lorsqu’en 1815 l’École fut ramenée à Paris ; on lui doit d’avoir été le premier organisateur de sa belle collection de minéraux.

Devenu plus tard inspecteur général, très absorbé par les affaires administratives du ressort du Conseil général des mines, et notamment par le règlement sur les Sociétés anonymes formées pour l’exploitation minière, il se fit suppléer dans l’ensemble de son enseignement par Dufrénoy, en 1825, puis, à partir de 1827, par Dufrénoy, pour la minéralogie et par Elie de Beaumont pour la géologie. Enfin il abandonna définitivement le professorat en 1835, non sans avoir, au préalable, fait consolider l’indépendance des chaires consacrées à ces deux sciences et titulariser ses deux élèves, les réalisateurs de la Carte géologique de la France, qui, plus que toute autre oeuvre, a assuré la pérennité de sa mémoire.

Il nous a laissé un ouvrage : Traité élémentaire de Minéralogie, suivant les principes du professeur Werner, Conseiller des mines de Saxe. Rédigé d’après plusieurs Ouvrages allemands, augmenté des découvertes les plus modernes, et accompagné de notes pour accorder sa nomenclature avec celle des autres minéralogistes français et étrangers.

Après de longs mois de maladie, Brochant de Villiers, parvenu au faîte des honneurs dans le Corps des mines, s’éteignit le 16 mai 1840.

Sources : Extrait en partie Publié dans la Notice historique sur le troisième fauteuil de la section de minéralogie lue dans la séance publique annuelle du 17 décembre 1928 par Alfred LACROIX, Secrétaire perpétuel. Et divers