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Philosophes - Economistes - Théoriciens

FOURIER Charles (1772-1837)

23eme division (2eme ligne, 17)
dimanche 9 novembre 2008.
 

Philosophe et économiste

François Marie Charles Fourier né le 7 avril 1772, à Besançon.

Philosophe français, fondateur de l’École sociétaire, considéré par Karl Marx et Engels comme une figure du «  socialisme critico-utopique » dont un autre représentant fut Robert Owen.

Plusieurs communautés utopiques, indirectement inspirées de ses écrits, ont été créées depuis les années 1830.

Leurs activités, toutefois, pour la plupart, n’ont pas survécues à leur père spirituel.

Le père de Charles Fourier était un notable de Besançon, marchand de draps aisé mort en 1781 ; sa mère était une femme pieuse et peu instruite, issue d’une famille de commerçants bisontins. Charles Fourier fait de bonnes études jusqu’à l’âge de 16 ans, chez les ecclésiastiques du collège de Besançon.

En 1791, il entre en apprentissage à Lyon. Il combat en 1793 avec les fédéralistes lyonnais, puis il est enrôlé en 1794 au moment de la levée en masse pour passer dix-huit mois dans le Palatinat avec l’armée du Rhin. Malgré son aversion pour le commerce en particulier, il est obligé, à la suite de cruels revers de fortune apparus dès 1793, de travailler comme commis-marchand ou commis-voyageur à Lyon sous le Consulat et l’Empire.

Entre 1815 et 1820, il réside près de Belley chez des parents. Après quelques années vécues entre Lyon et Paris, il s’installe dans la capitale en 1826.

Il pose en 1808 les bases d’une réflexion sur une société communautaire dans son ouvrage Théorie des quatre mouvements et des destinées générales, qu’il poursuivit sous forme d’un grand traité dit de l’Association domestique et agricole. Cet ouvrage monumental est publié, bien qu’inachevé, en 1822. Dans le but d’être mieux compris, il se contraignit ensuite à rédiger un résumé de sa théorie, intitulé Le Nouveau Monde industriel et sociétaire, qu’il publie en 1829.

Il constitue l’École sociétaire avec autour de lui : Just Muiron (dès 1814), Clarisse Vigoureux (vers 1822), Victor Considérant (à partir de 1825). Le groupe des disciples, qui étaient quelques dizaines à la fin de la Restauration, s’étoffe sous la monarchie de Juillet, avec par exemple Jules Lechevalier ou Abel Transon, transfuges du saint-simonisme. Cette école publie le Phalanstère (1832).

Le Phalanstère tire son nom de la contraction du mot « phalange » (groupement) et du mot « stère » (de monastère : établissement où des moines vivent en communauté). Il se forme par la libre association et par l’accord affectueux de leurs membres. Pour l’auteur, les phalanstères formeront le socle d’un nouvel État.

Dans la théorie de Charles Fourier, le phalanstère est une sorte d’hôtel coopératif pouvant accueillir 400 familles (environs 2 000 membres) au milieu d’un domaine de 400 hectares où l’on cultive les fruits et les fleurs avant tout. Fourier décrira à loisir les couloirs chauffés, les grands réfectoires et les chambres agréables.

Les phalanstères ont fait l’objet de tentatives d’application nombreuses en France et aux États-Unis au XIXe siècle, mais à l’exception notable du familistère de Guise, toutes ont échoué plus ou moins rapidement. Mais après 1968, l’idée a stimulé certaines initiatives, notamment la communauté de Longo Mai en Provence.

Fourier connaît un début de notoriété dans les dernières années de sa vie, mais il reste un homme solitaire. Il est mort à Paris le 10 octobre 1837.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)