Navigation







Compositeurs - Musiciens - Virtuoses

ADAM Charles Adolphe (1803-1856)

5eme division (1ere ligne, 14)
mercredi 5 novembre 2008.
 

Compositeur de musique

Adolphe Charles Adam est un compositeur français né à Paris le 24 juillet 1803 et mort à Paris le 3 mai 1856.

Son père, Johann Ludwig Adam, connu sous le nom de Jean-Louis Adam (1758-1848), était un pianiste et compositeur alsacien, professeur de piano au Conservatoire de Paris. Mauvais élève, Adam désertait les cours avec un cancre de la même envergure, Eugène Sue. Adolphe Adam, après avoir commencé d’étudier la musique en cachette de son père, entra au Conservatoire de Paris en 1817, fut élève de Boïeldieu mais n’hésita pas à user de subterfuges pour se faire connaître : il travaillait le soir à l’orchestre du Gymnase, allant jusqu’à reverser ses cachets à ceux qui acceptaient de se faire remplacer et écrivait des chansons et musiques de circonstances pour autrui. Malgré ou grâce à ces facéties, il acquit assez de métier pour devenir lauréat du Prix de Rome en 1825.

Adolphe Adam choisit la carrière qui conduisait alors le plus sûrement à la renommée et à la fortune : celle de compositeur lyrique. Son maître Boïeldieu l’orienta vers l’opéra-comique, genre alors en pleine mutation. Peu à peu, sa renommée s’accrut. Les critiques élogieuses du Brasseur de Preston parvinrent aux oreilles du tsar et Adam gagna Saint-Pétersbourg en 1839, où il fut accueilli par son propre ballet La fille du Danube. Il composa pour la cavalerie l’Écumeur des mers (Morskoï Rasbonick). Adam, considéré comme le digne successeur de Boïeldieu, qui fut maître de chapelle à Saint-Pétersbourg, se vit proposer par le tsar la même fonction, mais la déclina.

En 1844, il fut nommé membre de l’Académie, au fauteil 4, de l’académie des beaux-arts, en composition musicale . En 1847, suite à une dispute avec la direction de l’Opéra-Comique, il fut l’instigateur de la création du Théâtre national ; ce théâtre avait pour premier but, fort louable, d’accueillir les jeunes compositeurs ne parvenant pas à faire jouer leurs ouvrages ailleurs.

Le premier à en bénéficier fut Louis-Aimé Maillart, (dont on se souvient encore un peu pour ses Dragons de Villars), dont l’opéra (oublié aussi) Gastibelza ouvrit le premier rideau de cette nouvelle scène lyrique. Malheureusement, la révolution ruina ces belles tentatives : le Théâtre National fut fermé en 1848 et, afin d’apurer les dettes, Adam dut trouver d’autres sources de revenus et se mit à écrire des articles. L’année suivante, il succéda à son père comme professeur de piano au Conservatoire. Bien qu’Adam ne fût plus endetté en 1853, il continua d’exercer ces tâches jusqu’à sa mort, quelques jours après la création aux Bouffes-Parisiens de son opérette, Les Pantins de Violette.

La majorité des œuvres d’Adam n’eurent qu’un succès éphémère, notamment ses nombreuses chansons et pièces pour piano, quelques arrangements et orchestrations d’œuvres d’autres compositeurs, quelques cantates scéniques, et autres œuvres vocales profanes et sacrées.

Le Cantique de Noël, sur des paroles de Cappeau de Roquemaure, demeure toutefois célèbre aujourd’hui sous le nom de Minuit, Chrétiens. Néanmoins Adam ne semble pas y avoir attaché une grande importance, car il n’en dit pas un mot dans ses deux volumes de souvenirs.

Adam connut le succès grâce à plus de 70 compositions lyriques, dont 40 opéras, 14 ballets et de nombreuses opérettes et vaudevilles. Pour l’Opéra de Paris, il composa Richard en Palestine, La bouquetière et Le Fanal, qui ne remportèrent pas un grand succès. Les opéras les plus fameux sont Le Roi d’Yvetot, Giralda ou La nouvelle Psyché, Si j’étais roi, Le Chalet - à propos duquel Boieldieu écrivit « Je voudrais que cette musique fût de moi » et qui fut le plus populaire en France -, et Le postillon de Longjumeau, encore plus populaire à l’étranger, au point d’avoir été souvent copié, par exemple en Italie, avec il Postiglione di Longjumeau qui fut un four et dut être retiré dès le troisième soir ! A Madrid, la zarzuela de Cristobal Oudrid, El Postillon de la Rioja, n’obtint qu’un succès d’estime. Aujourd’hui, Le Postillon de Longjumeau n’est pratiquement plus joué en France, mais conserve une indéniable vigueur en Allemagne, avec un livret traduit, devenant Der Postillon von Longjumeau !

Parmi ses 14 ballets, les plus connus sont Le diable à quatre, la Jolie fille de Gand, La Filleule des fées, Le corsaire et, surtout, Giselle ou les Willis (1841), qui met en scène l’amour entre Giselle et Albrecht.

Charles Adolphe Adam s’est éteint à Paris en 1856. Sa sépulture est ornée d’un buste en bronze, œuvre de Francisque Duret, il a été fortement endommagé lors de la tempête de 1999.