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Hommes de lettres - Poétes - Littérateurs

SLOWACKI Juliusz (1809-1849)

7eme division (1ere ligne) cimetière de Montmartre
mardi 4 novembre 2008.
 

Encore un vol ? le médaillon en bronze qui ornait la tombe de ce grand poète a disparu...

Il semblerait que nos cimetières soient devenus le super marché des trafiquants de tout poil...

Est-ce pour l’oeuvre, est-ce pour le métal ? l’un ou l’autre, cet acte est tout aussi méprisable.

Poéte romantique polonais

Juliusz Słowacki, né le 4 septembre 1809 et décédé le 3 avril 1849, est un des poètes romantiques polonais les plus célèbres. Avec Adam Mickiewicz, Cyprian Kamil Norwid et Zygmunt Krasiński il est considéré comme un des plus grands poètes polonais.

Fils d’Eusèbe Slowacki, professeur de littérature polonaise à l’Université de Vilnius, il fit ses études à Vilnius.

Poète romantique et dramaturge il n’a été apprécié qu’après sa mort pour son habileté dans la langue et sa façon lyrique et philosophique d’approcher la réalité. Son œuvre combine le romantisme de l’Europe du Nord avec la tradition classique du Sud.

Quand éclata l’insurrection de 1830 le gouvernement provisoire lui confia une mission diplomatique à Londres ; après l’échec de la révolte il s’installa à Paris, comme nombre de ses compatriotes, et vécut en exil jusqu’à sa mort. Il se montra réellement le prophète national, quand il écrivit son poème « le Pape Slave » en 1848.

On lui doit :

Maria Stuart , Kordian (1834, joué en 1899) Balladyna (1835, publié en 1839, joué en 1862 * HorsztyDski (1835, publié en 1866) Mazepa (1840, joué en hongrois en 1847, joué en polonais en 1851) Lilla Weneda (1840, joué en 1863) Fantazy (1841, publié en 1866, joué en 1867) Sen srebny Salomei ("le Rêve d’Argent de Salomé", 1844, joué en 1900) Książę Niezłomny (1844, joué en 1874) Samuel Zborowski (1845, publié en 1903, joué en 1911) Wikisource propose un ou plusieurs textes écrits par Juliusz Słowacki.

Poésie : W Szwajcarii (En Suisse, 1839) Król-Duch (le Roi-Esprit, publié partiellement en 1847 et intégralement en 1925) Podróz do ziemi świętej (Voyage en Terre Sainte, 1866)

MON TESTAMENT

J’ai vécu, j’ai souffert, j’ai pleuré avec vous,

Jamais un noble cœur ne m’a été indifférent ;

Je vous quitte aujourd’hui et, avec les esprits, je rejoins le royaume des ombres ;

Et, comme si le bonheur était ici-bas, je m’en vais triste.

*

Je n’ai laissé ici aucun héritier

Ni de mon luth, ni de mon nom ;

Mon nom a passé tel un éclair

Et il restera comme un son vide durant des générations.

*

Mais vous qui m’avez connu, transmettez dans vos dires

Que pour ma patrie j’ai usé mes jeunes années ;

Tant que le navire luttait, j’étais assis au mât,

Quand il sombra, je le suivis au fond de l’eau.

*

Mais, un jour, méditant sur le triste sort

De ma pauvre patrie, tout homme honnête reconnaîtra

Que le manteau de mon âme n’était point d’un misérable

Mais qu’il brillait des splendeurs de mes ancêtres.

*

Que mes amis se réunissent la nuit,

Qu’ils brûlent mon pauvre coeur dais des feuilles d’aloès,

Et qu’ils le rendent à celle qui me l’a donné ;

C’est ainsi que le monde paie les mères, en leur rendant les cendres.

*

Que mes amis s’assoient, une coupe à la main,

Qu’ils oublient mes obsèques et leurs propres misères ;

Si je suis un esprit, je leur apparaîtrai,

Si Dieu ne me libère pas de mes peines, je ne viendrai pas.

*

Mais, je vous conjure, que les vivants ne perdent pas espoir,

Qu’ils portent au peuple le flambeau des lumières

Et s’il le faut, l’un après l’autre qu’ils aillent à la mort,

Tels des cailloux lancés par Dieu sur les remparts.

*

Quant à moi, je laisse ici une tout petite troupe

De ceux qui ont pu aimer mon coeur altier

Et voir que j’ai rempli mon dur service divin,

Résigné aussi à n’avoir ici-bas qu’un cercueil sans pleurs.

Quel autre accepterait de vivre ainsi sans acclamations

Du monde ?... de rester indiffèrent aux choses mondaines ?

D’être pilote d’un navire chargé d’esprits

Et de s’envoler en douceur tel un fantôme qui s’envole ?

*

Pourtant, il restera après moi cette force fatale

Qui de mon vivant ne servit qu’à orner mon front,

Mais qui, après ma mort, vous pétrira, invisible,

Et de mangeurs de pain, fera de vous des anges.

***

Traduit par E. M.

D’abord inhumé au cimetière Montmartre, dans un tombeau orné d’un médaillon de Władysław Oleszczyński, ses restes mortels furent transférés, en 1927, à Cracovie et réinhumés dans la crypte dite des poètes en la cathédrale. Il a rejoint le grand poète Adam Mickiewicz, transféré du cimetière de Montmorency en 1890.

Sources : Wiki et divers

Crédit photos : Hugo_photos (APPL 2008)