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Restauration - Monarchie de juillet - Second Empire - IIIe République

LARREY Hippolyte, baron (1808-1895)

37eme division (1ere ligne)
samedi 4 octobre 2008.
 

Voilà bien des années, mes pérégrinations chez les libraires de la capitale m’ont conduites devant des livres ayant appartenu à Hippolyte Larrey, fils du chirurgien de la Garde impériale...

Inutile de vous dire que ces volumes chargés d’histoire ont changés immédiatement de propriétaire et sont venus chez moi, narguer le présent de leur passé prestigieux.

manquement grave : jusqu’à présent, je n’avais pas pensé à ouvrir les articles de notre site à ce fils célèbre dont la tombe, commune au père et au fils, porte gravée :

à Hippolyte Larrey, aussi vertueux que son père...

Le chirurgien de Napoléon III

C’est chose difficile pour Hippolyte Larrey que succéder à son père, dans la carrière de chirurgien militaire. Le poids de l’épopée impériale fut souvent trés lourde à porter pour la seconde génération.

Hippolyte Larrey voit le jour à Paris le 18 septembre 1808, fils de Dominique Larrey, chirurgien de la Garde Impériale de Napoléon 1er, ce dernier étant présentement en campagne pendant la guerre d’Espagne dans le corps du futur maréchal Bessières.

Le jeune Hippolyte est élevé par sa mère, Élisabeth, et aussi sa sœur ainée de dix ans plus âgée, Isaure.

De son père, il n’aura jamais que des souvenirs furtifs, le grand homme parcourant l’Europe derrière l’Empereur, sans trêve ni repos. De bataille en bataille, campagne après campagne jusqu’à la finale, Waterloo en 1815.

Son environnement est brillant, très brillant. Réceptions, fréquentation à très haut niveau des autorités au pouvoir. Tout cela aurait du faire quelque peu tourner la tête à notre jeune homme.

Au début de la Restauration, élève appliqué et studieux, il fait ses études aux lycées Saint Louis et Louis le Grand.

En 1828, il est inscrit à la Faculté de Médecine de Paris, pour la plus grande satisfaction de son chirurgien de père. Il est reçu major de la promotion du concours de chirurgien élève du Val-de-Grâce, sous l’instigation trés pressante de son père, qui détermine sa vocation et sa carrière de chirurgien militaire.

En 1829, on le retrouve à l’école d’instruction de Strasbourg, où il passe le concours de fin d’année, puis il est affecté avec le grade de sous-aide major de l’hôpital dit du "Gros-Caillou" à Paris dont son père est chirurgien en chef. Il gardera ce poste jusqu’en 1832. Il participe activement aux soins lors des "Trois Glorieuses".

H. Larrey soutient sa thèse de doctorat le 16 avril 1832.

Il fait ses premières armes et reçoit le baptême du feu lors du siège d’Anvers.Il supplée le chirurgien en chef Zunck aux ambulances du quartier général. Il opère dans la sacristie de l’église Saint-Laurent.

Il est professeur agrégé à la Faculté de Médecine en 1837. Il pratique alors une clientèle privée, qui devient trés rapidement importante.

Lors du retour des cendres de l’Empereur Napoléon, en 1840, il assiste aux cérémonies, soutenant de son bras son père Dominique en uniforme qu’il portait à Wagram.

En 1841, il est nommé professeur au Val-de-Grâce.

En 1842, il accompagne son père lors de l’ultime voyage d’inspection du vétéran du 1er Empire en Algérie. Il est nommé chirurgien major de 2eme classe, malheureusement, au retour de cette expédition, le baron Dominique Larrey meurt à Lyon.

Son fils devient donc, naturellement baron à l’âge de trente quatre ans. Dès lors, sa carrière prend son essor. En 1845, il est Chevalier de la Légion d’Honneur.

En 1848, suite à la répression de l’insurrection par Cavaignac, il porte ses soins aux blessés. Il est élu, en 1849, à la Société de Chirurgie de Paris. En 1850, Il inaugure la statue de son père au Val-de-Grâce, œuvre de David d’Angers, tout juste 35 années après Waterloo.

Puis, vient la consécration : en 1851, il est nommé chirurgien de l’Empereur Napoléon III, en 1852, il est 1er titulaire de la chaire de chirurgie de guerre et est élu à l’Académie Impériale de Médecine. En 1854, il est nommé chirurgien en chef au Val-de-grâce. Parallèlement, il participe à deux créations majeure : l’Ecole d’Application du Val-de-Grâce en 1853, et l’Ecole Impériale du Service de Santé Militaire à Strasbourg en 1856. Cette dernière va héberger les célèbres Carabins Rouges.

En 1856, il inaugure la statue de son père dans le hall de l’Académie Impériale de Médecine, œuvre de Pierre Robinet.

A partir de 1858, il est nommé Médecin Inspecteur au Conseil de Santé des Armées et Chirurgien en chef de l’armée pour la guerre d’Italie à laquelle il participe activement.

En 1859, il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur. En 1863, il est président de l’Académie Impériale de Médecine et président du Congrès de chirurgie.

En 1867, il est élu à l’Institut de France (Académie des Sciences). En 1868, il est président du Conseil de Santé, à l’époque, le plus haut poste militaire.

Sa compagne Juliette Dodu, espionne et héroïne de la guerre de 1870, est sa légataire universelle.

Avec la guerre Franco-prussienne de 1870, sa carrière prend un tournant plus politique. Début 1870, il est chirurgien en chef de l’Armée du Rhin, sa tâche est compliquée par les difficultés d’organisation des secours.

Puis en 1871, il est promu Grand Officier de la Légion d’Honneur et est nommé directeur des Services chirurgicaux, responsable des ambulances pendant le siège de Paris et la Commune.

Hippolyte Larrey, atteint par la limite d’âge, prend sa retraite en 1872. Mais, il ne cesse pas ses activités, loin de la. De 1878 à 1881, il est président de la Société Protectrice des Animaux, mais surtout, de 1877 à 1880, il est député des Hautes-Pyrénées. C’est à ce poste qu’il donne la majeure partie de son action effective dans l’intérêt du Service de Santé des armées.

Cependant, il ne se présente pas aux élections de 1881 : il va se consacrer désormais pleinement à ses travaux d’historien de l’Empire, avec notamment une biographie de la mère de Napoléon intitulée "Madame mère : Napoleonis mater"(1892).

C’est dans la demeure achetée par son père en 1830, à Bièvres, que la mort vient le chercher le 8 octobre 1895. Le 18 du même mois, il est inhumé au Père Lachaise, aprés une cérémonie dans la cour d’honneur du Val-de-Grâce, à l’ombre de la statue de son illustre père.

Crédit photo : Annie_photo (APPL 2008)