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Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet - Second Empire

PEYRUSSE André (1774-1854)

35eme division
jeudi 14 août 2008.
 

ANDRE PEYRUSSE, receveur général des finances

C’est un monument simple et dépouillé (voir photos 3,4,5 ) ! Une singularité cependant : il est situé près de celui du général BELLIARD dans la 35ème division.

Sur le fronton dorique du monument érodé par le temps toute inscription a disparu. Quelle famille avait voulu faire de cet endroit son repos éternel ? Comme l’indique les archives du Département de la Seine ( photo 2 ) cette concession - un terrain de 3 mètre carrés - fut accordée le 1er Mars 1833 sous le numéro 101 PA à André Peyrusse « demeurant à Paris rue de Vignon, pour y fonder un sépulture particulière et perpétuelle de famille »

André Peyrusse était né à Carcassonne le 13 Août 1774 dans une famille aisée liée à la fabrication des draps, activité florissante dans la région en cette fin du 18ème siècle. Cette famille originaire d’Aragon dans l’Aude portait initialement le nom de Roux. On ignore pourquoi un aïeul d’André Peyrusse avait adopté le patronyme de sa femme originaire de Miramont la Tour dans le Gers.

L’expédition d’Egypte

Avec ses deux frères Louis Vincent et Guillaume Joseph André répondit à l’appel de la Convention en 1793. Après une campagne dans les Pyrénées Orientales comme volontaire et secrétaire d’Etat-major, il est appelé par son frère Louis Vincent comme commis à la trésorerie de la Marine à Toulon. Ayant obligé Bonaparte, son frère lui obtient un poste de commis auprès du trésorier de l’expédition d’Egypte, Martin Roch Xavier Estève. Parti de Toulon le 19 mai 1798, sur l’Orient navire Amiral sur lequel se tenait le Général en Chef, il reste à Malte quelques jours pour comptabiliser les richesses des églises, puis rejoint Estève en Egypte comme commis, puis comme secrétaire jusqu’au départ de Bonaparte pour la France. Kléber, le nouveau Commandant en chef, l’appela auprès de lui comme secrétaire particulier, poste qu’il occupera jusqu’à son assassinat au Caire le 14 juin 1800. Durant cette période il participe, également comme secrétaire, aux conférences qui précèdent la convention d’El Arich . Après la nomination du général Menou comme nouveau commandant en chef il reprit sa place auprès d’Estève jusqu’à la fin de l’expédition assurant notamment, du 21 au 23 Juin 1801, le secrétariat des conférences qui eurent lieu au Caire pour régler l’évacuation des troupes commandées par le général Belliard ainsi que celle des services administratifs.

Le Consulat, l’Empire

De retour en France, l’amitié et l’estime d’Estève très apprécié du 1er Consul, puis de l’Empereur, lui assurent un emploi. D’abord commis de son protecteur dans la gestion de la liste civile des consuls jusqu’en 1803, il occupe de cette date à 1806 plusieurs emplois dans la Trésorerie. : Expédition de Louisiane ( qui n’eut pas lieu) , conquête du Hanovre, et enfin comptable à Plaisance en Italie. En 1806 il est nommé par l’Empereur, Receveur Général des Finances de l’Indre-et-Loire, poste de confiance qu’il occupe jusqu’à la fin de 1815. La seconde Restauration le limogera ainsi d’ailleurs que ses deux frères. !... La raison ? Guillaume Joseph était devenu, au retour de l’Ïle d’Elbe, Trésorier Général de « l’usurpateur » !...

Le 27 Juillet 1808 il avait épousé à Paris, 3ème Anne Joséphine Pauline de la Haye de Cormenin, issue d’une importante famille royaliste liée au duc de Penthièvre, née à Paris le 6 Mars 1789 et décédée à la Neuville-les-Amiens le 7 Octobre 1871.. Elle repose dans ce même caveau.

De cette union naquirent trois enfants :

• Félix Peyrusse né le 7 août 1802, décédé le 8 Mai 1834 au large de New-York de la fièvre jaune. Bien qu’une plaque soit apposée sur la caveau, nous pensons qu’il n’y repose pas ? • Paul Peyrusse qui n’a pas vécu ( Tours 22-24 Février 1812 ) • Paule Peyrusse née à Tours le 7 Août 1814 et décédée à Paris 1er, le 7 janvier 1833. Elle repose dans le caveau.

Restauration, Monarchie de Juillet

Après son éviction des affaires, André Peyrusse profitera de sa disponibilité pour aider ses frères dans différentes formalités administratives, puis il écrira ou participera à différents ouvrages sur ses activités de trésorerie , mais aussi sur la Campagne d’Egypte. Le couple avait deux résidences, l’une à Paris au 13 place de la Madeleine, la seconde dans le Loiret où Madame Peyrusse possédait une propriété importante dans les communes de Lorris, Montereau et Cour Marigny non loin de Gien et Montargis. André Peyrusse en assumait l’administration.

Il mourut à Orléans le 13 Août 1854. Il repose dans le caveau. Enfin une jeune enfant y repose également. Nous avons retrouvé son origine Il s’agit de Marie Louise Caroline Durand Cœur, née le 15 janvier 1844 à Sainte Colombe sur Gand dans le département de la Loire, et décédée au domicile de Madame Peyrusse le 21 Juin 1850. Ayant perdu tous ses enfants l’avait-elle recueillie ?

La concession donnée à perpétuité a été reprise par la ville de Paris le 8 Mars 1999 ! Y a-t-il des descendants de cette famille ? La famille Peyrusse est éteinte, il ne resterait que les descendants issus des deux sœurs et du frère de Madame Peyrusse !...

Un livre donnant une biographie plus complète et des lettres qu’André Peyrusse écrivit à sa mère durant l’expédition d’Egypte doit paraître prochainement aux éditions LA VOUIVRE sous le titre " ANDRE PEYRUSSE, CORRESPONDANCE D’EGYPTE (1798-1801) "

Textes et cédit photos : Roger Quentin (APPL 2008 - Tous droits réservés)

Roger Quentin