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Anniversaire d’un massacre, d’une sauvagerie sans nom. Ceux qui croyaient, par ce geste, anéantir l’ancienne Russie en ont été pour leurs frais... Le Tzar et sa famille ont regagnés leur demeure et reposent à jamais dans l’histoire de leur peuple...

Anniversaire de la mort de la famille impériale russe (16-17 juillet 1918)

jeudi 17 juillet 2008.
 

Anniversaire de la mort du tsar

les restes de son fils identifiés

Des milliers de croyants orthodoxes ont afflué mercredi soir à Ekaterinbourg pour le 90e anniversaire de l’exécution du dernier tsar russe Nicolas II et de sa famille, sur fond de vive polémique sur l’authenticité des restes du tsarévitch identifiés le jour-même.

Le Parquet général russe a confirmé, tests ADN à l’appui, que des ossements découverts en 2007 près d’Ekaterinbourg étaient ceux du tsarévitch Alexeï, le fils de l’empereur, et de sa soeur Maria, tués par balle sur ordre des bolcheviks avec leurs parents dans cette région de l’Oural. Des milliers de croyants se sont entassés dans l’Eglise du Sang versé construite en 2003 à Ekaterinbourg, sur le site où Nicolas II, son épouse, leurs cinq enfants, leur médecin et trois serviteurs furent exécutés dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918.

Un office religieux a été célébré par des prêtres en longues chasubles rouges et mitres dorées, dans une odeur d’encens. Les croyants s’agenouillaient devant l’entrée du sous-sol où les Romanov ont été fusillés et ont attendu devant un archevêque orthodoxe qu’il leur recouvre le front avec de l’huile bénite. "Nous sommes là parce que nous aimons notre tsar. Nous prions pour nos ancêtres qui ont commis ce crime", confie, dans la foule, un prêtre venu de la région sibérienne de Tioumen.

"C’est un lieu saint. Nous voulons que notre pays soit pardonné pour ce péché", dit Ekaterina Terentieva qui a effectué un long périple avec son petit fils pour venir prier sur les lieux du drame. Une petite icône représentant les Romanov canonisés comme martyrs par l’Eglise orthodoxe est attachée à son cou.

L’annonce mercredi de l’identification des restes du tsarévitch Alexeï a pourtant provoqué une controverse dans la société russe.

Le parquet expliquait que trois expertises respectivement en Russie, aux Etats-Unis et en Autriche avaient abouti à la conclusion qu’il s’agissait des restes du tsarévitch et de sa soeur.

Le porte-parole du Patriarcat de Moscou a cependant appelé à être circonspect, faisant état de "doutes persistants chez certains, notamment chez les scientifiques". De leur côté, les descendants des Romanov se sont divisés. Dans des déclarations lundi à l’AFP, la Grande Duchesse Maria Vladimirovna, qui s’est proclamée héritière du tsar, a estimé que "seule comptait l’opinion de l’Eglise". "Nous ne pouvons pas faire confiance à l’enquête du parquet.Ils sont capables de faire n’importe quelle déclaration à des fins politiques", a affirmé à l’AFP le représentant de Maria Vladimirovna, Alexandre Zakatov. Un représentant d’une autre branche des Romanov, le Prince Dmitri, présent à Saint-Pétersbourg pour des commémorations, a fait état en revanche de sa "satisfaction" après les conclusions sur le tsarévitch.

Ekaterinbourg est au coeur des commémorations qui ont culminé dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’heure où l’exécution s’est déroulée, dans le sous-sol de la maison d’un marchand, moins d’un an après la révolution d’Octobre 1917.

A l’issue de l’office nocturne, les pèlerins vont faire 18 kilomètres à pied pour rejoindre une mine abandonnée dans laquelle les corps du tsar, de sa femme et de ses enfants furent jetés avant d’être aspergés d’acide.

Les corps de Nicolas II, de son épouse et de trois de leurs filles, extraits d’une fosse commune d’Ekaterinbourg en 1991, ont été officiellement identifiés en 1998 par le gouvernement russe et inhumés en grande pompe dans l’ancienne capitale impériale Saint-Pétersbourg.

Une vive polémique sur leur authenticité avait également éclaté à l’époque, l’Eglise orthodoxe russe ayant mis en doute les résultats des tests ADN. De nouvelles expertises concernant Nicolas II doivent être effectuées en juillet.

Quant au président Dmitri Medvedev, il n’a pas fait le moindre commentaire à ce sujet, affichant la même prudence que son prédécesseur Vladimir Poutine. Pour l’historien Anatoli Outkine, le Kremlin "ne veut pas attiser les passions autour de ce personnage controversé, faible et inefficace pour les uns et martyr pieux pour d’autres".

Tombeau du Tsar Nicolas II

Revue de presse - AFP et divers (APPL 2008) Crédit photos : Archives privées, images de presse et divers.