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SWETCHINE Sophie (1782-1856)

Cimetière du Calvaire (Montmartre)
lundi 23 juin 2008.
 

Femme de lettres

Madame de Swetchine est née Sophia Petrovna Soïmonov à Moscou le 22 novembre 1782. Elle passe sa jeunesse au milieu des fastes de la cour sous Catherine II de Russie (1729 - 1796).

Son père est le conseiller intime de l’Impératrice. Issue d’une famille de savants et d’historiens, elle reçoit une éducation au projet encyclopédique qui aiguise sa curiosité et lui impose l’apprentissage, en plus du russe et du français, de la plupart des langues européennes.

Son mariage avec le général Nicolas Serguiévitch Swetchine, descendant de vieille noblesse russe, est arrangé par son père en 1799 alors qu’elle n’est âgée que de dix-sept ans, tandis que son époux est de vingt-trois ans son aîné. Cette importante différence d’âge n’altèrera néanmoins jamais leur relation ni leur complicité jusqu’au décès de ce dernier en 1851.

Les deux événements qui bouleversent en revanche totalement sa vie, sont d’abord sa décision de se convertir ouvertement au catholicisme après avoir subi, comme toute la cour de Saint-Petersbourg, l’influence des Jésuites et ensuite de venir en 1816 vivre à Paris avec son époux.

Rapidement intégrée aux cercles intellectuels parisiens, et plus particulièrement tout d’abord au mouvement traditionaliste dont Joseph de Maistre (1753-1821) Écrivain et philosophe savoyard, est Le plus important théoricien de la pensée contre-révolutionnaire, et Louis de Bonald (1754-1840).Philosophe et écrivain politique français, le vicomte Louis de Bonald fut, avec Joseph de Maistre, l’un des principaux intellectuels contre-révolutionnaires. Sous l’influence de ces chefs de file, elle décide progressivement d’ouvrir son salon à toutes les tendances du catholicisme français. Elle se convertie au catholisisme en 1815.

Elle s’installe en 1826, au 71 de la rue Saint-Dominique, et c’est à cette adresse qu’elle anime pendant quarante ans un salon où sont amenées à se rencontrer toutes les célébrités littéraires, politiques et ecclésiastiques françaises.

Grâce à ce rôle, et aux nombreuses actions caritatives qu’elle entreprend, son catholicisme fervent et éclairé, qui prend la forme d’une foi rationnelle et intellectualisée, a exercé une influence profonde sur le monde catholique français jusqu’à sa mort en 1856.

Bien que sa rencontre avec Alexis de Tocqueville doive, selon toute vraisemblance, s’être produite dans les années 1840, ce n’est qu’à partir de 1855 qu’elle pénètre véritablement le cercle de ses amitiés en entretenant avec lui une correspondance serrée, qui témoigne de la relation très particulière qui unissait ces deux êtres.

Elle tient un salon célèbre, en l’Hôtel de Tavannes, situé rue de Bellechasse. Ce salon rassemble les plus importantes personnalités catholiques françaises de l’époque : s’y retrouvent Monseigneur de Quélen, l’archevêque de Paris, l’abbé Félix Dupanloup, Prosper Guéranger, Victor Cousin, Alexis de Tocqueville...

Madame Swetchine, favorable aux idées des catholiques libéraux, y accueille notamment le comte de Montalembert, le vicomte Armand de Melun, ou encore Augustin Cochin. Elle est particulièrement proche du comte de Falloux, et d’Henri Lacordaire, avec qui elle entretient une amitié profonde et durable.

Elle nous a laissé une importante correspondance et des œuvres religieuses, éditées par le comte de Falloux.

Parmi les Œuvres de Madame Swetchine, on citera : Madame Swetchine, sa vie et ses œuvres, publiées par le Cte de Falloux, Didier, Paris, 1860. Lettres de Mme Swetchine, publiées par le Comte de Falloux, Didier, Paris, 1862. Madame Swetchine. Journal de sa conversion, méditations et prières, publiées par le Cte de Falloux, A. Vaton, Paris, 1863. Correspondance du R. P. Lacordaire et de Mme Swetchine, publiée par le Cte de Falloux, Didier, Paris, 1864. Lettres inédites de Mme Swetchine, publiées par le Cte de Falloux, Didier, Paris, 1866. Nouvelles lettres de Mme Swetchine, publiées par le Marquis de La Grange, Amyot, 1875. Correspondance du vicomte Armand de Melun et de madame Swetchine, publiée par le comte Le Camus, J. Leday, Paris, 1892.

Sophie Swetchine est décédée en 1857 à Paris. Elle repose dans le petit cimetière du Calvaire à Montmartre, avec son époux.

Sources : Portail du christianisme et divers