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TAILLIS, Adrien Jean Baptiste, Ramond du Bosc, comte du (1760-1847)

56eme division (2eme ligne, W, 15)
dimanche 8 juin 2008.
 

Général de division

DU TAILLIS, Adrien-Jean-Baptisle-Amable, RAMOND DU BOSC, comte), lieutenant - général , né à Nangis, le 12 novembre 1760, fut reçu élève du génie, en 1778.

Entré cadet gentilhomme dans le corps de Nassau-Siégen au mois de février 1779, il fut présent aux affaires de Jersey et de Cuncale ; fut réformé, avec ce corps, et nommé, en août 1789, capitaine-aide-major du bataillon des Filles-Saint- Thomas, qui n’a cessé de donner des preuves de fidélité et de dévouement à l’infortuné Louis XVI et à son auguste famille.

Nommé capitaine au 112e bataillon d’infanterie légère, le 3 août 1791, M. du Taillis fit avec sa compagnie les campagnes de Champagne et de Belgique ; se trouva aux affaires de Jemmapes et de Verviers , et fut blessé à l’affaire du a mars 1793.

Destitué l’année suivante, comme noble et royaliste, il fut réintégré après le règne de la terreur, et devint ensuite aide-île camp de Berthier, son ancien ami, qui venait d’être nommé chef d’état-major des armées des Alpes et d’Italie, au mois d’avril 1795. Il fit avec ce général la campagne de la rivière de Gènes, et successivement celles d’Italie. Il fut envoyé à Pavie et fait prisonuier par les insurgés.

Ce fut à sa fermeté et à sa présence d’esprit que lui et les autres prisonniers durent leur délivrance.

Après la bataille de Castiglione, où il se distingua, M. du Taillis fui envoyé à Paris par bonaparte pour y porter les drapeaux qui avaient été pris sur l’ennemi dans cette bataille célèbre. Il y reçut, du directoire exécutif, des pistolets d’honneur, et fut fait chef de bataillon.

Après avoir rejoint immédiatement l’armée, il se trouva à la plupart des actions, et eut deux chevaux tués sous lui à Rivoli et à Arcole. Après le passage du Tagliamento, il porta au général Joubert , qui commandait dans le Tyrol , l’ordre d’attaquer Bolzans et Brixen. Il se trouva à ces deux attaques , qui furent glorieuses pour les armées françaises, et , comme on l’avait chargé de venir sur-le-champ rendre compte du résultat des deux affaires, pour la direction des opérations ultérieures , il partit aussitôt pour annoncer leur succès.

Un corps de Tyroliens , attaquant les derrières de l’armée, fermait le passage et venait de repousser 5o hommes commandés par un officier, qui avait eu 3 hommes tués et plusieurs blessés. Instruit de ces faits par l’officier lui-même, M. du Taillis n’hésite pas un instant : il prend le cheval du postillon qui ie conduisait, réunit à lui 4 militaires et les 2 dragons d’escorte, entreprend, avec ces 6 hommes, de forcer le passage , en perd 4, le forçant, et arrive lui troisième à Bolzaus , son cheval et ses vêtements étant criblés de balles.

Nommé colonel, le i3 novembre 1797, il fit la campagne de Marengo,où il eut un cheval tué sous lui. Après la paix, il fut promu au grade d’adjudaut-général, et employé , en cette qualité, près du ministre et au dépôt de la guerre. Lors de la formation des camps sur les côtes pour l’expédition projetée contre l’Angleterre , il fut fait général de brigade, le 29 août 18o3, et chef de l’état-major- général du camp de Montreuil, commandé par le maréchal Ney.

Ce camp, lors de la formation de la grande- armée, en devint le 6e corps. M. du Taillis fut présent à toutes les batailles et actions auxquelles ce corps prit part, et entre autres à celles d’Elchingen , d’Ulm , d’Iéna , etc.

Il reçut, le 8 novembre 1806, la capitulation de Magde bourg, où 5,000 ennemis bien armés, bien approvisionnés et pourvus de 800 pièces de canon, se rendirent au 6e corps, composé de moins de 14,000 hommes, et n’ayant que deux pièces de siège. Le général du Taillis fît la campagne de Prusse, en 1807. Il eut un cheval tué sous lui à la bataille d’Eylau, le 8 février, et le bras droit emporté à Gudstutt, le 9 juin, en désignant, au commandant de l ’artillerie, le placement d’une batterie. Le 29 du même mois, il fut nommé général de division. Aussitôt après la guérison de sa blessure, il retourna à l’armée et fut successivement gouverneur à Munich , Erfurl, Varsovie et Torgau , dont la belle défense fut honorable pour lui.

Il a reçu à différentes époques des sabres d’honneur, et a été nommé commandant de la Légion-d’honneur à la création de cet ordre, puis successivement chevalier, commandeur et grand-cordon de l’ordre du Mérite militaire de Bavière, et chevalier de la Couronne-de-Fer.

En 1814, étant prisonnier de guerre à Berlin, le général du Taillis déposa sa soumission au roi Louis XVIII, entre les mains du gouverneur-général prince Repnine. A sa rentrée en France, il fut créé chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis,et nommé Pair de France le 19 juillet, et, par suite de ses blessures, mis à la retraite.

Le général du Taillis s’est éteint à Paris le 14 février 1847, il repose dans la 56eme division.

Sources : Dictionnaire historiques des parlementaires français.