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Peintres - Dessinateurs - Illustrateurs

TURPIN DE CRISSE Lancelot Théodore (1782-1859)

10eme division (10eme ligne, AA, 18)
lundi 26 mai 2008.
 

Peintre et collectionneur

Lancelot Théodore Turpin de Crissé, comte, est un peintre d’histoire, scènes de genre, paysages, architectures et un écrivain français né à Paris le 9 juillet 1782 et mort dans cette même ville le 15 mai 1859.

Lancelot-Théodore Turpin de Crissé, issu d’une famille d’artistes et de collectionneurs (dont sa grand-mère Élisabeth Haudry) ruinés avant la Révolution, fut protégé par son parrain Choiseul-Gouffier qui l’emmena en Suisse. Il lui commanda et acheta des tableaux pour le racheter de la conscription et l’envoya à Rome finir ses études.

De retour en France en 1809, la Reine de Naples, le prince Eugène et l’impératrice Joséphine lui accordèrent leur protection et il devint chambellan de cette dernière après son divorce de Napoléon jusqu’en 1815. Ils visitèrent ensemble la Savoie et l’Italie vers 1810 puis il fut nommé en novembre 1816 membre de l’Institut.

Un nombre impressionnant de dessins rapportés de ses voyages traduisent son goût pour les arts, goût inculqué par son père, qui s’était rendu compte de ses dons précoces. Turpin de Crissé exposa au Salon de 1806 (année de sa médaille d’or) à 1835, le plus souvent des vues d’Italie, telle la vue de la façade de Santa Maria dei Miracoli à Venise, et des paysages historiques. En 1832, il présentera 4 paysages à la Royal Academy de Londres.

En même temps qu’il fut membre du Conseil des Beaux-Arts et du Conseil des musées royaux, puis en 1824 inspecteur général des Beaux-Arts, il constitua un cabinet éclectique reflétant le goût de la Restauration et comprenant des tableaux de Jean-Joseph Bidauld, Merry-Joseph Blondel, Antoine-Félix Boisselier, Alexandre-François Caminade, Antoine-Laurent Castellan, Auguste Couder, André Giroux, François Marius Granet, Heim, Charles-Victor Moench-Munich, Jean-Charles Rémond, Louise-Joséphine Sarazin de Belmont, et surtout Jean Auguste Dominique Ingres (Paolo et Francesca).

Il siégea à l’Académie royale de peinture et de sculpture et légua au Musée des Beaux-Arts d’Angers sa remarquable collection d’objets d’art et d’antiquités, dont il ne faut pas oublier les quelques Primitifs qui traduisent un regain d’intérêt pour le Moyen Âge, en particulier un triptyque de l’école d’Avignon provenant de la collection de son ami, le peintre Charles Révoil. Et aussi un diptyque donné à l’école flamande de la fin du XVe siècle, La Vierge et l’Enfant et Le Portrait équestre d’Henri IV de Jean-Baptiste Mauzaisse.

Il fut gentilhomme de la chambre du roi à la Restauration et inspecteur général de la Maison du Roi en 1825 puis, par fidélité au légitimisme, démissionna de toutes ses fonctions en 1830 pour rentrer dans sa vie privée.

Baron d’Empire en 1811, il continuera à signer du monogramme T T surmonté de la croix comtale. Ses études et dessins des sept séjours italiens de jeunesse rassemblés en carnets furent publiés en 1828 et dédicacés à la duchesse de Berry et à son fils le duc de Bordeaux, Souvenirs du golfe de Naples, avec 39 planches d’après ses dessins puis en 1835 et Souvenirs du vieux Paris, exemples d’architecture de temps et de styles divers, (30 planches dont parut une seconde édition en 1837). Un de ces carnets avait été dédié à sa cousine issue de germaine, Adèle de Lesparda (1789-1864), épousée le 16 novembre 1813 dont il n’eut pas d’enfant.

Des portraits du peintre Turpin de Crissé à différentes époques ont été réalisés ; deux en habit d’académicien réalisés par François-Joseph Heim, un dessiné par William Brockedon en 1833 que l’on peut voir à la National Portrait Gallery de Londres et un peint par Louis-André-Gabriel Bouchet.

Il avait été recueilli assez jeune au château d’Angrie, en Anjou par une parente éloignée qui s’était ému du dénuement de sa mère en Angleterre, d’où son père, le marquis Henri Roland Lancelot Turpin de Crissé, était reparti seul émigrer en Amérique. La famille qui vivait jusque-là chichement de la vente de gouaches sur ivoire trouva en Lancelot-Théodore une nouvelle source de revenus. Son premier tableau Le passage de la Loire par les Vendéens de 1793 date de ces années noires dont il devait se souvenir lors de son second "exil" d’août 1830, évoquant dans une lettre "un talent qui allait pour la deuxième fois lui devenir nécessaire" et s’y exclamant, paraphrasant Napoléon « quel roman que ma vie ! »

En 1861, le peintre Guillaume Bodinier avait légué à la ville d’Angers le Logis Pincé afin d’y disposer les collections de son ami dont la sépulture se trouve au Père-Lachaise, division 10.

Le musée du Louvre possède 2 peintures de lui : une Vue d’une partie du palais ducal et de la Piazzetta à Venise et un Paysage au torrent avec daims attaqués par des loups, ainsi que de nombreux dessins.

Le médaillon en bronze d’Antoine Etex qui ornait la stèle a disparu. Un autre tirage existe au musée des Beaux-Arts d’Angers.

Sources : Henri Jouin La Sculpture dans les cimetières de Paris, 3e série, tome 13, 1897 (pp. 145-148).