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Sciences et Techniques

GERMAIN Sophie (1776-1831)

16ème division (
lundi 5 septembre 2005.
 

Mathématicienne

Née un jour d’avril 1776 cher aux Sélaciens, nous pouvons sans conteste chanter la gloire posthume de Sophie Germain en déclamant qu’elle : c’est la science ! Très jeune la lecture des ouvrages concernant Archimède éveille chez la brillante enfant un intérêt jamais démenti pour les mathématiques. Malheureusement, les philosophes des Lumières, si empreints d’idéaux humanistes et égalitaires, n’ont pas jugé congru de permettre aux représentantes du sexe charmant l’accès aux classes de l’Ecole Polytechnique naissante. Privilège exclusif réservé aux prostates guerrières et aux épididymes érectiles, berceaux naturels de l’intelligence créative et de son parent... le discernement scientifique.

Nonobstant, l’autodidacte Sophie, à la force des nageoires, et avec une détermination que rien n’arrête, parvient à rédiger une étude, qu’elle fait parvenir au professeur Lagrange, sous le pseudonyme de M. Leblanc. Foin du sexisme ambiant, Lagrange est très impressionné, ne montre aucune hostilité en apprenant la véritable identité de celle qui a noirci le papier du prétendu M. Leblanc. Forte de son soutient, Sophie Germain s’introduit enfin dans le cercle sélect de l’élite scientifique et débute une correspondance avec le grand savant Carl Friedrich Gauss.

En 1816, sa célèbre théorie sur la vibration des surfaces élastiques, obtient le Premier Prix de l’Institut de France, autorisant ainsi son auteur à asseoir ses modestes rondeurs imberbes sur les augustes bancs de l’Académie des Sciences.

Connue surtout pour sa théorie des nombres premiers, elle a également contribué à renforcer nos connaissances dans le domaine de l’élasticité. Toutefois, sa plus remarquable découverte reste la démonstration partielle qu’elle fit du grand théorème de Format.

Le 17 juin 1831, alors qu’elle est âgée de cinquante-cinq ans, la brillante savante succombe à un impitoyable cancer du sein. Puisse son existence contribuer à stériliser les préjugés phallocratiques qui, deux cent ans après sa disparition, prolifèrent avec toujours autant d’acharnement.

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2008)