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Empire - restauration - Monarchie de juillet - IIe république

DUCHAND de SANCEY jean Baptiste, baron de (1780-1849)

37eme division (3eme ligne, Q, 34)
dimanche 18 mai 2008.
 

Lieutenant général d’artillerie

Jean-Baptiste Duchand de Sancey, voit le jour à Grenoble, le 11 mai 1780, de parents riches, militaire français.

Entré à l’École polytechnique en décembre 1796, il fut nommé officier d’artillerie le 13 mars 1798 ; mais un certificat de civisme, qui lui fut refusé, sans doute à cause de l’opinion de ses parents , le priva du grade qu’il avait mérité et le força a sortir de l’école. Il concourut alors pour une place de lieutenant en second dans l’artillerie de la marine, et fut reçu le 2 juillet 1798. Il fit eu cette qualité une campagne sur mer, fut fait prisonnier, envoyé à Port-Mahon, et parvint à s’évader en octobre 1801. Il fut plus tard envoyé à l’École d’application de Châlons d’où il passa au camp de Boulogne, et plus tard à l’armée de Naples. Il fit la bataille d’Austerlitz sous Masséna.

En 1807, il fut envoyé à l’École d’équitation de Versailles, qu’il quitta le 21 juillet 1808, pour être attaché à la maison militaire de Napoléon, en qualité d’officier d’ordonnance avec le grade de capitaine. Il fit avec l’Empereur la campagne de Galice, assista aux premiers travaux du siège de Saragosse, et eut occasion, devant Madrid, de sauver la vie au duc de Saint-Simon, émigré français , pris les armes à la main dans la ville, et condamné à mort par le conseil de guerre.

Le capitaine Duchand nommé chef d’escadron le 16 janvier 1809, passa dans le corps d’armée du général Sébastiani, assista aux batailles de Talavera, d’Almonacid, fut fait légionnaire et passa, en 1810, au 8e corps (armée d’Aragon), sous les ordres de Suchet, et prit part à tous les sièges de cette armée. Il se distingua surtout au siège de Lérida et au siège de Tortose, où il commanda son arme à l’attaque de gauche, en janvier 1811. À peine guéri des blessures reçues au siège de Valence, le 30 novembre 1811, il allait rejoindre la Grande Armée en Russie ; il en rencontra les débris sur l’Oder. Il combattit à Bautzen (1813), sous les ordres de Ney, et passa au 12e corps, commandé par Oudinot, en qualité de chef d’état-major d’artillerie. Il rendit des services importants, fut créé officier de la Légion d’honneur le 8 juillet, major le 17 août et baron de l’Empire le 19 novembre de la même année.

A Leipzig, il soutint avec 12 bouches à feu, en avant de cette ville, l’effort de 25 000 hommes, soutenus par 30 pièces de canon, qui voulaient s’emparer du pont. Il fut autorisé à prendre le nom du terrain sur lequel il avait combattu, et s’appela dès lors le baron Duchand de Sancey.

Encore souffrant de sa blessure, il prit peu de part à la campagne de France. Louis XVIII le nomma, en 1814, lieutenant-colonel d’un régiment d’artillerie à cheval.

Il était à Valence en 1815, lors du débarquement de Napoléon Ier ; aussitôt il alla le rejoindre à Grenoble et l’accompagna jusqu’à Paris.

M. Duchand fît la bataille de Waterloo en qualité de colonel-major de l’artillerie a cheval de la garde impériale. Son régiment se couvrit de gloire ; le Colonel Duchand se précipita avec six bouches à feu sur un carré écossais, l’aborda à portée de pistolet avec tant de promptitude, que Napoléon, témoin de ce fait, dit avec un intérêt mêlé d’émotion : Ne dirait-on pas que Duchand déserte ?

Lorsque l’armée fut retirée derrière la Loire et eut reçu l’ordre de prendre la cocarde blanche, le colonel Duchand donna sa démission, qu’on s’empressa d’accepter ; car il était considéré alors comme un homme hardi et dangereux. Bientôt il se vit persécuté, emprisonné, puis forcé de s’exiler. Chassé de l’Italie et de la Bavière, la Bavière lui offrit en fin un asile. Rentré en France en 1817, il fut de nouveau emprisonné sans motif pendant trois mois.

Le 4 septembre 1830, il fut promu au grade de général de brigade, reçut peu après la croix de commandeur, le 11 juin 1831, et la direction de l’École d’artillerie de Metz. Il dirigea ensuite l’École de Vincennes, siégea au comité d’artillerie à dater de 1836, et obtint le grade de lieutenant-général le 11 mars 1840.

Cette nomination sembla au moins prématurée à quelques officiers généraux qui en firent l’observation au duc d’Orléans ; mais le prince leur répondit : Duchand n’est point un courtisan, cela est vrai, mais on le trouve toutes les fois qu’on a besoin de lui.

Le général Duchand, qui remplissait chaque année les importantes fonctions d’inspecteur, reçut la croix de grand officier de la Légion d’honneur le 21 mai 1843, et se trouva investi, le 25 février 1848, par le commissaire provisoire de la guerre, du commandement de la forteresse de Vincennes, qu’il a gardé jusqu’au moment de son admission à la retraite, prononcée par l’arrêté du 17 avril 1848.

On a de lui plusieurs écrits remarquables sur l’artillerie, notamment des Observations sur la nécessité de changer le but en blanc des canons de siège, qui ont été publiés dans le Spectateur militaire de 1843.

Il est mort à Paris le 5 janvier 1849, à l’âge de 69 ans.

Reposent également dans la même sépulture,Emile Duchand de Sancey, capitaine d’artillerie, chevalier de la Légion d’Honneur, Jean Marie Parent, membre de l’institut, maire de Lyon, décédé en 1825, Jean de Beaune (1796-1849) représentant du peuple à l’assemblée nationale législative de 1849 pour le département du Gard.

Sources : Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852. Et divers.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)