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Comédiens - Arts de la scène

GEOFFROY Jean Marie dit GEOFFROY (1813-1883)

56eme division (1ere ligne, W, 12)
samedi 17 mai 2008.
 

Artiste du Gymnase et du Palais-Royal

Jean-Marie Joseph Geoffroy, dit Geoffroy, voit le jour à Paris en 1813.

Son père, un ouvrier bijoutier, tient à ce que son fils apprenne ce métier. Mais ce dernier est bien plus intéressé par le théâtre, et il se fait engager en 1838 dans une troupe ambulante contre la volonté de ses parents. Il commença par jouer dans les environs de Paris, puis circula en province, à Paris, et jusqu’en Italie, à Florence et à Naples.

Il ne se fixe qu’en juin 1844, alors qu’il était âgé de plus de trente ans, obtenant enfin un engagement au Théâtre du Gymnase à Paris. Il va y rester 19 ans, devenant un des acteurs de premier plan de cette troupe.

Quelques-uns de ses rôles à cette époque :

Antoine dans Rodolphe ou frère et sœur, drame en 1 acte d’après Goethe, de Scribe et Mélesville en 1844 (créé le 20 novembre 1823). Ce fut le premier rôle de Geoffroy au Gymnase Pepito dans Rebecca de Scribe le 2 décembre 1844 Pierre Mauclerc dans L’Image, vaudeville de Scribe et François Sauvage, création le 17 avril 1845, où il fit une vive impression à Scribe Anatole dans Jeanne et Jeanneton de Scribe et Varner le 29 avril 1845 Decius dans L’Enfant de la maison de Labiche, Varin et Nyon le 21 novembre 1845 ; premier rôle de Geoffroy dans une pièce de Labiche ; il allait devenir l’acteur fétiche de ce dernier. Daniel dans La Loi salique de Scribe le 30 décembre 1845, Crosby dans La Protégée sans le savoir de Scribe le 5 décembre 1846, Simoun dans La Déesse de Scribe le 30 octobre 1847, Charlot Canigou dans Didier l’honnête homme de Scribe le 19 novembre 1847, Thouvenel dans L’Art de ne pas donner d’étrennes de Labiche et Lefranc le 29 décembre 1847,etc.

En 1862, le Gymnase proposa dans la même soirée Les Pattes de mouche de Victorien Sardou, et la reprise du succès vieux de deux ans, Le Voyage de Monsieur Perrichon, où Geoffroy tenait toujours le rôle principal. La direction estima bon de placer cette pièce en lever de rideau. Geoffroy se sentit froissé de ce traitement, et son caractère, autoritaire, grognon et peu sociable, fit le reste : pour une question d’amour-propre, il rompit son contrat avec le Gymnase.

Le Théâtre du Palais-Royal fut ravi de récupérer ce comédien exceptionnel, d’autant que la troupe avait été amputée par les décès de Sainville en 1854, et de Grassot en 1860. Geoffroy en devint rapidement le premier acteur, avec un salaire de trente mille francs par an, ce qui était, à l’époque, très confortable, et correspondait au traitement d’un sénateur.

Il savait également chanter agréablement, se présentait sur scène avec beaucoup d’aisance et avait la science des effets. Son jeu sûr et constant faisait dire de lui qu’il était aussi bon à la première représentation d’une pièce qu’à la centième.

Il sut surtout incarner avec beaucoup de bonheur le « bourgeois », dont l’archétype fut le personnage de Joseph Prudhomme, créé par Henri Monnier.

Geoffroy fut l’interprète de nombreuses variations ultérieures autour de ce thème, créées à de multiples occasions par Balzac (Mercadet), Labiche (Perrichon, Célimare, etc.), Gondinet (Marjavel, Pontérisson), Meilhac et Halévy (le comte Escarbonnier).

Labiche lui bâtit des rôles sur mesure et reconnut plus tard tout ce qu’il lui devait. Le jour de son élection à l’Académie française, il lui écrivit : « On m’a donné un fauteuil, mais je t’en dois bien au moins un bras ! »

On se demanda souvent pourquoi Geoffroy, vu sa qualité d’acteur, ne postula jamais à la Comédie-Française.

Voici quelques roles tenus par Geoffroy au Palais-Royal : Montaudouin dans Les 37 sous de M. Montandin de Labiche et Édouard Martin le 30 décembre 1862, Célimare dans Célimare le bien-aimé de Labiche et Delacour le 27 février 1863, Poparel dans La Commode de Victorine de Labiche et Édouard Martin le 23 décembre 1863, Champbourcy dans La Cagnotte de Labiche et Delacour le 22 février 1864, etc.

Il mourut le 6 septembre 1883 dans sa petite maison de Belleville, située fort à propos rue des Solitaires, et qu’il appelait son « palais de chaume ». Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise, 56e division, et René Luguet prononça un discours au nom de la Société des acteurs.

Il fut marié à Louisa Kersent, elle-même comédienne, qui débuta à Marseille, puis tint à partir de 1839 des rôles de soubrettes au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Elle mourut en 1864, au moment où son mari connaissait de grands succès au Théâtre du Palais-Royal. Cette disparition peut expliquer en partie la misanthropie de Geoffroy.