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Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet

LENORMAND Marie-Anne (1772-1843)

3ème division (4eme ligne, AF, 17)
samedi 3 septembre 2005.
 

Célèbre cartomancienne

Marie-Anne Lenormand repose sous une modeste stèle de forme parallélépipède sur laquelle on peut lire, derrière l’abondance de fleurs déposées là par ses admirateurs, Melle Lenormand en toute simplicité.

Très jeune, c’est en dilettante qu’elle tire les cartes pour ses collègues et amies, mais, très vite, sa réputation va croître jusqu’à atteindre les plus importantes instances de son époque. C’est ainsi que la célèbre cartomancienne déclamera ses oracles à la défaveur de Saint Just et Robespierre à qui elle prédit l’échafaud.

Dans son officine, la pythie sans pitié recevra Barras, le peintre David, Tallien, Talma, mais surtout Joséphine de Beauharnais. L’indélicate devineresse publiera même un ouvrage révélant les secrets de l’infertile impératrice.

Tantôt vénérée, tantôt déconsidérée, Melle Lenormand aura traversé tous les régimes, de Louis XVI à Louis-Philippe, et quelques prisons. Depuis sa mort survenue le 25 juin 1843, un jeu de cartes à l’apocryphe pouvoir divinatoire porte le nom de Melle Lenormand. Son usage appartient à la panoplie d’attrape-nigaud que les voyantes contemporaines exhibent encore aujourd’hui, pour accentuer la lourdeur de leurs prestations.

Ses obsèques furent grandioses, nefs tendues de blanc, char à quatre chevaux caparaçonnés, cent pleureuses défilèrent avec un cierge à la main. Melle Lenormand a marqué à tel point son époque qu’on la retrouve dans les Comédiens sans le savoir d’Honoré de Balzac : « Une tireuse de cartes, dit Bixiou qui ne put s’empêcher d’interpréter comme une interrogation l’air du Méridional, Madame Fontaine, passe, parmi ceux qui cherchent à connaître l’avenir, pour être plus savante que ne l’était feue Melle Lenormand ».

Elle repose dans la 3e division,4e ligne.

Sources et crédit photo : Christophe DEL NIN (APPL 2006)