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Odes et poémes ... La muse armoricaine...

Le Cimetière...

par Elisa Mercoeur (1809-1835)
mardi 1er avril 2008.
 

Le cimetière...

Tranquillement ici dort sous une ombre isolée

Cette humble croix l’indique et vous passez, hélas !

Un riche monument ne le renferme pas.

Ah !celui qui n’est plus, quand une âme le place,

Dort-on plus doucement sous un marbre orgueilleux ?

un souvenir, des pleurs, voilà ses derniers voeux,

Et son ombre à la vie s’échappant consolée

Dans le coeur qui l’aima trouve son mausolée.

***

Mais , soudain quels accents dans le séjour du deuil,

ce sont des chants d’adieux consacrant un cercueil.

Toi, que dans cet instant on vient rendre à la terre,

peut être enviais-tu la paix du cimetière.

Ah ! tout est froid déjà, ton coeur jadis brûlant

N’a pas même un soupir, un léger battement.

Peut-être aussi aussi la mort, achevant ton délire

Sur ta bouche entr’ouverte a glacé le sourire ?

Peut-être espérais-tu de longs jours de bonheur ;

Le bonheur est-il donc où le cherche l’erreur !

Quand l’âme fuit la terre, en rejetant son ombre,

C’est une étoile unie à des flambeaux sans nombre ;

Mais dans la nuit du monde, en voîlant sa clarté,

c’est un pâle rayon percant l’obscurité.

la nuit bientôt s’écoule, et d’un réveil tranquille,

L’homme jouit enfin dans ce dernier asile.

Elisa Mercoeur, à l’âge de 16 ans...