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Empire - Restauration - Monarchie de juillet - Second Empire

ROUSSIN Albin, baron (1781-1854)

25eme division (ere ligne, P, 23)
samedi 29 mars 2008.
 

Amiral de France

Le baron Albin Reine Roussin est un amiral français, né à Dijon le 21 avril 1781 et mort à Paris le 21 février 1854.

Fils d’Edme Roussin, avocat au Parlement de Bourgogne et d’Hélène Masson, Albin Roussin s’embarqua comme mousse à l’âge de treize ans, au mois de décembre 1793, sur la batterie flottante la République chargée de la défense de la rade de Dunkerque. Quelques mois plus tard, il fut fait novice sur la canonnière la Chiffonne, employée à l’escorte des convois sur les côtes de Flandre. Au mois d’août 1794, il fut embarqué comme matelot timonier sur le Tortu, et, pendant les vingt-huit mois qu’il passa sur cette frégate, il fit une campagne en Norvège, une à Saint-Domingue et diverses croisières dans les mers d’Europe.

En décembre 1796, n’ayant pu rejoindre sa frégate déjà en mer, Roussin fit la campagne d’Irlande à bord du Trajan. À son retour à Brest, il passa quelques mois sur , puis rentra dans sa famille pour se préparer aux examens à la suite desquels il fut reçu aspirant de 1re classe (1801) et embarqué comme second sur le bateau canonnier le Mars, d’où il passa au commandement du Mentor (flottille de la Manche).

En 1802, il fit une campagne à la Martinique sur la corvette la Torche, passa, au retour, sur la Sémillante, frégate qui soutint cinq combats glorieux dans les mers de l’Inde. Roussin devint lieutenant de vaisseau en 1807. Sur la côte de Sumatra, avec un canot armé de 22 hommes, il s’empara de sept bâtiments dont deux de 26 canons furent incendiés.

En mai 1808, Roussin passa comme second sur l’Iéna de 14 canons de 18. Le 28 octobre 1808, elle fut rencontrée par la frégate anglaise la Modeste de 44 canons. L’Iéna soutint un combat de nuit de deux heures et demie à portée de fusilla Fouine et n’amena qu’après avoir été entièrement désemparé et coulant bas d’eau. Le lieutenant Roussin fut fait prisonnier puis, revenu à l’île de France par suite d’un échange, il fut embarqué, le 11 janvier 1810, sur la Minerve, en qualité de second capitaine.

Le 3 juillet suivant, cette frégate soutint un combat contre trois vaisseaux de la compagnie : le Ceylan, le Windham et l’Assell. À l’apparition de la frégate la Bellone, et à ses premières volées, ces bâtiments amenèrent pavillon. Les 20, 22 et 23 août 1810, la Minerve prit une part active aux combats contre les frégates anglaises le Syrius, la Magicienne, la Néréide et l’Iphigénie. Le lieutenant Roussin avait accidentellement le commandement de la Minerve et prit ensuite celui de la Néréide, l’une des frégates capturées. À l’issue de ces combats, il fut nommé capitaine de frégate provisoire par le gouverneur de l’île de France ; le ministre de la marine le confirma dans ce grade et lui fit donner la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

Compris dans la capitulation de l’île de France en 1810, il débarqua à Morlaix en mars 1811 et fut présenté à l’Empereur qui lui fit un accueil flatteur. En octobre 1811, il fut nommé commandant de la frégate la Corée ; il parvint à sortir du Havre, malgré la vigilance des Anglais, le 16 décembre ; ayant établi sa croisière à environ 20 lieues du cap Lézard, il fit, dans ces parages fréquentés, cinq prises dont une corvette de 18 canons.

Le capitaine Roussin se porta ensuite sur Lisbonne dans le dessein d’intercepter la correspondance entre cette ville et l’Angleterre. Il parvint à échapper à la poursuite de deux frégates qui croisaient dans ces parages. En croisant entre Madère et les Canaries, il captura six bâtiments. Le 28 février 1813, il ramenait à Brest 396 prisonniers, après avoir fait aux Anglais un dommage estimé à 5 millions de francs. En 1814, il fut chargé de conduire à Rīga 360 blessés de la Garde impériale russe. Dans le cours de cette campagne, il fut nommé capitaine de vaisseau et chevalier de Saint-Louis et chevalierde l’Ordre de Saint-Wladimir.

En 1815, apprenant le débarquement de Napoléon Ier à Golfe-Juan, il demanda à prêter serment aux Bourbons, et le prêta en effet le 14 mars. Néanmoins, pendant les Cent-Jours, il accepta le commandement des fédérés de marine du port de Brest. À la Seconde Restauration, il fut renvoyé sans grade et sans pension de retraite. Mais la protection du nouveau ministre de la Marine, le vicomte Dubouchage, qui avait pour lui une estime particulière, le fit réintégrer presque aussitôt.

En décembre 1816, il fut chargé de l’exploration des côtes occidentales d’Afrique ; il rectifia la position du banc d’Arguier sur lequel la Méduse venait de faire naufrage, environ 420 lieues de côtes. On le nomma officier de la Légion d’honneur.

En 1819, il explora les côtes du Brésil, reconnut et décrivit l’archipel des Abrolhos et la vigie de Manoel-Luiz, écueil dangereux, et environ 900 lieues des côtes orientales de l’Amérique. Louis XVIII le créa baron (octobre 1820), et l’empereur Pierre Ier du Brésil officier commandeur de l’Ordre de Cruzero.

En 1821, il fut nommé au commandement de la frégate l’Amazone et de la station navale sur les côtes de l’Amérique méridionale. Pendant cette campagne, le capitaine Roussin fut promu au grade de contre-amiral (17 août 1822).

Au mois de juin 1824, il prit, à Brest, le commandement d’une division de l’escadre du vice-amiral Duperré, qui manœuvra pendant trois mois dans l’océan et la Méditerranée. En 1824, il fut nommé membre du Conseil d’amirauté et, en 1825, commandeur de la Légion d’honneur. En 1826, il fit adopter la création du vaisseau-école de Brest.

En 1828, il prit le commandement d’une escadre de neuf bâtiments de guerre, destinée à agir contre le Brésil afin d’obtenir du gouvernement de dom Pedro la réparation des dommages causés aux nationaux français lors du siège de Buenos Aires. Le 5 juillet 1828, il arriva devant Rio de Janeiro, il entra dans la rade et plaça ses bâtiments devant la ville à 100 mètres des quais. En moins de huit jours un traité fut conclu qui, en faisant droit aux demandes de la France, rétablissait les relations amicales qui existaient auparavant entre les deux pays. Le contre-amiral Roussin fut récompensé du succès de sa mission par le titre de gentilhomme honoraire de la chambre du roi, et à son retour en France, par la croix de commandeur de Saint-Louis.

Le 25 janvier 1830, l’Académie des sciences l’admit comme membre de la section de géographie et de navigation en remplacement du contre-amiral de Rossel.

Roussin avait blâmé l’expédition d’Alger comme marin, mais quand elle fut décidée, il demanda à en faire partie, faveur qui ne lui fut pas accordée.

Après les Trois Glorieuses, Roussin se rallia à Louis-Philippe, fut appelé au Conseil d’amirauté réorganisé, et nommé directeur du personnel au ministère de la marine (31 août 1830).

Chargé, en juillet 1831, d’obtenir la réparation de dom Miguel, qui refusait de reconnaître la monarchie de Juillet, Roussin força l’entrée du Tage avec une escadre composée de six vaisseaux, trois frégates, une corvette, deux bricks et un aviso. L’escadre mouilla sur les quais de Lisbonne en face du palais du gouvernement. Vaincu par la force, le gouvernement céda et envoya son adhésion à toutes les demandes de la France.

En récompense de cette expédition, Albin Roussin fut alors promu au grade de vice-amiral (26 juillet 1831), nommé préfet maritime à Brest (17 septembre), membre du Bureau des longitudes (11 janvier 1832), pair de France (11 octobre 1832) et ambassadeur à Constantinople (octobre 1832). Le 4 avril 1834, le roi lui offrit le portefeuille de la Marine mais Roussin, occupé à la négociation d’un nouveau tarif douanier avec la Sublime Porte, refusa cette promotion.

En 1836, il vint en France en congé et prit part aux travaux de la Chambre des pairs en 1837, lorsque la rupture entre le sultan et Méhémet-Ali le rappela à Constantinople. Il eut le tort d’appuyer la note collective des cinq puissances dirigée contre le vice-roi d’Égypte, qui avait les sympathies de la France, et fut rappelé le 18 septembre 1839.

Secrétaire de la Chambre des pairs à son retour, il devint ministre de la marine le 1er mars 1840 dans le second ministère Thiers. Il se retira avec le ministère le 29 octobre 1840. Pendant son administration, et malgré l’imminence d’une guerre avec l’Angleterre, il créa un service de paquebots à vapeur pour les liaisons transatlantiques.

Promu amiral à sa sortie du ministère (30 octobre 1840), il reprit son siège à la Chambre des pairs où il se fit remarquer par son soutien constant au ministère. Aussi François Guizot le choisit-il de nouveau comme ministre de la Marine le 7 février 1843 dans le troisième ministère Soult. Mais son état de sa santé le contraignit à la démission dès le 23 juillet suivant. Il se retira dans le Midi et cessa d’assister aux séances de la Chambre haute.

Rallié, après la Révolution de 1848, à la politique du prince Louis-Napoléon Bonaparte, il entra de droit, en sa qualité d’amiral, au Sénat du Second Empire le 26 janvier 1852. Il mourut deux ans plus tard. Il repose dans la 25e division.

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2008)

Sources : Biographies des Gloires militaires de la France, Charles Mulliè, Paris 1851-52.