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Personnalités étrangères - Japon

NONAKA Motoske (D. en 1867)

5eme division
mardi 18 mars 2008.
 

Marchand et descendant de samouraïs

Dans la 5eme division du Père Lachaise repose un personnage quelque peu incongru (de par sa présence en ce lieu).

Il s’agit d’un fils de l’Empire du soleil levant décédé en mai 1867, à Paris, à l’issue d’un voyage qui devait l’amener à participer à l’exposition universelle.

Nonaka Motoske (en réalité Motosuke, mal orthographié sur la stèle).

Las, il ne trouva que la mort pratiquement à son arrivée...

Sa sépulture est très peu visitée, les visiteurs japonais sont parfois étonnés de cette présence de l’un de leurs compatriotes.

La documentation sur ce personnage est très réduite, nous avons pu malgré tout, réunir ces quelques bribes de la vie de Nonaka.

Descendant d’une famille de samouraïs, Nonaka Motoske était marchand à Saga, dans l’île de Kyushu dans l’ancienne province de Hizen.

Durant son voyage, il a écrit un journal poétique relatant sa traversée de 1867. Son fils publia cet ouvrage en 1936.

Il a quitté Nagasaki par malle poste pour Shanghai et Hong Kong, puis emprunta un navire de passager de la Peninsular and Oriental (P & O) qui l’a conduit via Singapour, Galle (Ceylan), Bombay, Suez, Malte et Londres.

Ambassadeurs du Japon à Paris (1862-1870)

De là, il s’embarque pour la France et Paris via Douvres et Calais.

Le voyage, interminable, dura deux mois (au lieu de trois, malgré tout, par le Cap de Bonne-Espérance).

Voilà un de ses poèmes écrit au départ de son voyage :

"Si vous connaissez ma pensée, la brume printanière s’élève et recouvre la terre Tant que l’île de Yamato reste en vue"

Il s’agit d’un "haiku" genre littéraire très prisé à l’époque au Japon (très court et concis), forme de poésie codifiée du 17e à forte composante symbolique.

Yamato est l’ancien du Japon avant le 7e siècle qui deviendra Nihon (origine du soleil = d’où empire du soleil levant et Nippon).

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Revue de presse (1867)

"Dés leurs premiers pas dans la vie nouvelle, le deuil est venu frapper à leur porte ; un des leurs est mort subitement.

Il a été enterré au Père-Lachaise ; La mission tout entière, entourée d’une foule nombreuse s’est fait un devoir de l’accompagner dans sa denière demeure dernière.

Quand le cercueil fut descendu dans la fosse, tous les Japonais se prosternèrent, le front contre terre, et ils prièrent longtemps.

Quand ils se relevèrent, tous pleuraient. Le chef s’approcha ensuite, s’informant et vérifiant par lui-même si le mort avait bien le visage tourné vers l’Occident ; il récita une prière que tous répétèrent après lui, et, ce dernier devoir pieux accompli, il se retira lentement, triste et sans parler, suivi de tous ses compatriotes, pendant que les fossoyeurs rejetaient la terre sur le corps.

Un monument, dont l’amiral a donné minutieusement le plan et l’esquisse, marquera la place où repose le premier Japonais mort à Paris."

-  L’Exposition populaire illustrée 1867-

Expositions universelles

Sources : Michel Souloumiac et Régis D. Forrestier (APPL 2008) Crédit gravures : Le Petit Journal et divers

(APPL 2016)