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BEAUVOIR, Roger de Bully dit de (1807-1866)

32eme division (1ere ligne, S, 36)
samedi 8 mars 2008.
 

Littérateur

Roger de Beauvoir Roger, de son vrai nom Eugène-Augustin-Édouard Roger de Bully, voit le jour en novembre 1806 à Paris . C’est un romancier et auteur dramatique français.

Roger de Beauvoir fut "l’ami de cœur et d’intelligence" de Barbey d’Aurevilly. Pour le grand public, il fut aussi le "Musset brun", un homme d’une verve inédite et d’une richesse confortable.

Avant même de rencontrer Barbey, Roger de Beauvoir - de son vrai nom Eugène Roger - avait fait ses preuves : auteur d’un recueil "fashionable" de vers, collaborateur de cinq ou six journaux et revues, il avait déjà imposé son talent brillant et son écriture plaisante.

Dandy aidé par l’argent des deux mariages de sa mère, il fut admiré de tous pour son appartement de la rue de la Paix, raffiné et spirituel comme son propriétaire. Avec Roqueplan et d’autres, il imposa sa silhouette et ses habits aux cafés et au Boulevard, chez Tortoni et à l’Opéra.

Causeur insatiable, mondain extrême, amateur de tableaux et de vin de Champagne, Roger de Beauvoir fut également un terrible duelliste. Au moindre prétexte, il envoyait ses témoins, y compris au gros Balzac qui eut la bêtise de railler son nom dans la Petite revue parisienne. La lettre d’excuse d’une quarantaine de pages du romancier fut repoussée d’un cinglant : "de monsieur de Balzac je ne veux que la peau". Le duel ne fut évité que de justesse et grâce à la publication d’un rectificatif.

Dandy byronien, Beauvoir trouvait Brummel trop ennuyeux, du moins pour le tempérament français. Avec Barbey, il raillait sans cesse l’équitation et tous les sports que les Anglais importaient alors en France via le Jockey et les autres clubs.

Le 7 janvier 1844, il épouse Léocadie Doze, comédienne connue pour sa grande beauté dont il séparera judiciairement en 1850.Il eut trois enfants de cette union. La fin de Roger de Beauvoir fut d’une tristesse toute dandie,ruiné par sa séparation, il fait une lente descente aux enfers. Il fit même deux mois de prison pour avoir insulté son infâme belle-mère qui lui soutira jusqu’au dernier de ses sous.

Bien loin de la Maison Dorée - autre lieu du dandysme - dont il fut une des gloires, Beauvoir mourut ruiné comme d’Orsay, mais jamais seul, visité jusqu’au bout par Barbey. Il fut, comme tant d’autres dandys, marqué du sceau de la tragédie.

Il est décédé à Paris le 30 octobre 1866 et repose dans la 32eme division.