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Monuments remarquables - Catastrophes et faits divers

Le BAZAR de la CHARITE (4 mai 1897)

92eme division ( 1ére ligne )
mardi 18 octobre 2005.
 

La première tragédie liée au cinéma

Bien décidés à barrer la route au socialisme révolutionnaire montant représenté par Jules Guesde, les cercles catholiques d’ouvriers, sous la houlette de Mme de Maillé, et avec la participation d’une illuminée Mademoiselle Couedon, organisent une collecte auprès des milieux aristocratiques de la capitale.

Dans l’après-midi du 4 mai 1897, c’est une foule élégante qui se presse à la vente de bienfaisance organisée par le Bazar de la Charité. Tous les grands noms de l’aristocratie parisienne sont présents. C’est dans un vaste hangar en bois situé rue Jean Gougeon, qu’on a aménagé dans un décor rococo, fait de décors en carton pâte et papier, une rue médiévale reconstituée.. C’est une grande première pour un nouveau procédé : le cinéma.

Le projectionniste, lors d’un changement de bobine, est gêné par la semi obscurité qui règne. Eloigné de toute source électrique, il décide de tenter de faire fonctionner le projecteur à l’aide d’une lampe à éther, il gratte une allumette, mais, sans faire attention à la présence du bidon tout proche. L’incendie se propage immédiatement à très grande vitesse. En quelques instants, tout le hangar flambe.

La panique qui s’en suit est indescriptible, tous ces beaux messieurs, frappent à coup de canne et piétinent allégrement les femmes et enfants qui tentent de sortir de ce piège. La presse du temps stigmatise la lâcheté et la veulerie de bien des hommes du « monde », ils sont qualifiés de « chevaliers de la pétoche » et de « marquis d’Escampette » (sic).

Cette même presse met en avant l’héroïsme des sauveteurs. La foule est rendue folle par la peur. Les sauveteurs, de l’extérieur, assistent impuissants à la catastrophe. Les corps calcinés s’empilent les uns sur les autres. Le lendemain, on retire des décombres brûlés entre cent vingt et cent cinquante corps carbonisé,au nombre desquels on retrouve celui de la duchesse d’Alençon, sœur de l’impératrice d’Autriche, Elisabeth (Sissi).

Les sauveteurs récompensés

Cet incendie frappe les esprits et jette un discrédit sur le cinématographe, freinant sa popularité naissante. Cette tragédie a eut pour effet des améliorations techniques très importantes, parmi lesquelles, la mise en place d’une seconde bobine enrouleuse. Le duc d’Aumale, fils de Louis Philippe est terrassé par une crise cardiaque le 7 mai 1897. Il venait d’achever une vingtaine de lettres de condoléances pour les familles des victimes de l’incendie le plus meurtrier de la IIIe république.

Il y a beaucoup de sépultures au Père-Lachaise qui renferment des victimes de l’incendie. Par arrêté préfectoral en date du 28 février 1899, il a été décidé d’octroyer une concession gratuite. La Ville de Paris se chargeant d’élever un monument aux victimes non reconnues de l’incendie. Le monument est entretenu par la ville de Paris. (92eme division)

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)

Gravures et dessins : L’ILLUSTRATION et le PETIT JOURNAL