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Hommes politiques - Représentants du Peuple - Ministres

CARNOT Hippolyte Lazare (1801-1888)

11eme division (6eme ligne, X, 22)
lundi 18 février 2008.
 

Homme politique, fils de Lazare carnot

Hippolyte Carnot voit le jour en 1801. Il est le fils cadet de Lazare Carnot dit le Grand Carnot. En août 1807 Lazare Carnot, rendu à la vie privée par la suppression du Tribunat, décide de s’occuper lui-même de l’éducation de ses deux fils. Comme son frère, Hippolyte acquière, en plus d’une solide formation morale et d’une excellente éducation classique, des connaissances en mathématiques, physique et mécanique.

En octobre 1815, après la défaite de Napoléon, Lazare Carnot est exilé en Belgique, puis en Pologne, enfin à Magdebourg où il s’installa définitivement en novembre 1816 avec son jeune fils Hippolyte qui vivra ainsi plusieurs années auprès de son père exilé.

Par application de la loi du 10 mars 1818 sur le recrutement de l’armée, Hippolyte avait été en 1822 exempté du contingent en raison de l’activité militaire de son frère et à la suite de l’intervention de celui-ci auprès de la mairie du 8e arrondissement. Après la mort de Lazare il vint rejoindre Sadi à Paris et partage avec lui l’héritage paternel. Au début de son séjour dans la capitale il loge dans l’appartement de la rue du Parc-Royal et se met à fréquenter de jeunes avocats ou publicistes de tendance libérale.

Plus enthousiaste que son frère malgré une froideur apparente, Hippolyte fréquente grâce à ses relations chez les jeunes avocats tous ceux qui aspirent à renverser les Bourbons et à améliorer l’ordre social. Animé par l’idéal républicain transmis par son père, il s’emploie à diffuser les thèses libérales. Doté d’un solide bon sens, il répugne à l’action violente encore prônée par des groupuscules, car il sent qu’elle provoquerait de sévères mesures de répression.

Le 13 décembre 1824 il se fait admettre à la Société de la Morale Chrétienne, fondée en 1821 par Guizot pour faire pièce à la Congrégation ; dès 1826 il y fait partie du Comité des prisons et du Comité de charité et de bienfaisance. Il s’exerce à l’art de bien dire à la Société de Littérature et de Morale, qui groupe surtout de jeunes avocats dans ses réunions rue des Poitevins et où il fait la connaissance de Laurent de l’Ardèche. En avril 1826 il suit les trois premiers cours de philosophie positive, qu’Auguste Comte (en 1814) donne en son appartement de la rue du Faubourg-Montmartre, mais qu’il doit interrompre à la suite d’une crise de délire général et qui sera interné dans la maison du docteur aliéniste Esquirol et qui accueillera plus tard son frère Sadi.

Le rétablissement de la censure par Villèle le 24 juin 1827 amène les rédacteurs du Globe à réunir toutes les fractions de l’opinion libérale dans une organisation légale qui pourra suppléer au silence forcé des journaux par l’édition de brochures. Cette organisation, c’est la société Aide-toi, le ciel t’aidera, présidée par Guizot dès sa fondation en août 1827 et à laquelle Hippolyte adhère. En 1828 il entre au comité de la société lorsque le groupe du Globe se retire. Entraîné par Laurent chez les saint-simoniens, Hippolyte en reçoit quelques-uns dans son appartement 26, rue des Saints-Pères, s’enthousiasme pour la nouvelle doctrine et collabore à la rédaction de son exposition.

Il collabora pendant plusieurs années au journal Le Producteur, avec le Père Enfantin, principal propagateur de cette doctrine. A la loge des Trinosophes, il rencontre le littérateur Hippolyte Auger, qui obtient son appui financier pour faire imprimer sur les presses d’Honoré Balzac une revue, le Gymnase, recueil de morale et de littérature, dont le premier cahier paraît le 8 mai 1828.

Ministre de l’Instruction publique en 1848, Carnot fonda l’École d’administration destinée à préparer les administrateurs gouvernementaux ; elle fut de courte durée mais l’idée en fut reprise pour l’École nationale d’administration. Il introduisit la méthode de Lancastre dans beaucoup d’écoles (cours du soir, supports d’adultes et petites bibliothèques). Il accrut les salaires des professeurs des écoles, auxquels il demandait « d’enseigner aux enfants les vertus de la République démocratique. » Il était par ailleurs franc-maçon et avait été initié dans la loge Les Incorruptibles en 1840.

Son projet de loi le plus célèbre fut soumis à l’Assemblée le 30 juin. Supplantées par la loi Falloux de 1850, plusieurs de ses propositions furent néanmoins reprises postérieurement (loi Falloux et surtout Ferry en 1880). Le premier, il rendait obligatoire et gratuite l’instruction primaire pour les deux sexes « de sorte que les citoyens puissent correctement exercer le suffrage universel et supprimer les distinctions entre riches et dans les établissements publics. » Les professeurs recevraient trois ans de formation dans une école normale gratuite mais, en contrepartie, seraient obligés d’enseigner pendant dix ans, avec un salaire minimum garanti de 600 à 1 200 francs pour les hommes et de 500 à 1 000 francs pour des femmes.

Défait aux sénatoriales de 1849, Carnot regagna son siège dans une élection partielle en 1850 et fut l’un des députés qui s’opposa au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851. Il démissionna après avoir refusé le serment de fidélité à Louis-Napoléon. De nouveau sénateur en 1875, il fut élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques en 1881.

H. Carnot est l’auteur de nombreux ouvrages. Il s’est éteint à paris en 1888. Il repose dans la 11e division.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)