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Comédiens - Acteurs - Arts de la scène

BOURGOIN Marie Thérèse (1785-1833)

12eme division (1ere ligne, W, 19)
samedi 16 février 2008.
 

Comédienne, sociétaire de la Comédie Française

Marie Thérèse Etiennette Bourgoin voit le jour à Paris en 1785. Elle fut actrice au Théâtre Français.

Douée d’une charmante figure et d’une mémoire hors du commun, elle fut destinée de bonne heure au théâtre, et à peine adolescente, elle fut présentée à la célèbre tragédienne Dumesnil, qui l’accueillit très bien, et lui fit réciter divers monologues et vers.

M. T. Bourgoin n’avait guère plus de quatorze ans lorsqu’elle débuta, en 1799, au Théâtre Français, par les rôles d’Amélie de Fénelon et d’Agnès, de l’Ecole des femmes de Molière. Ce double essai fut pour elle un double succès, qui s’accrut encore dans son second et troisième début au point que, dès le lendemain du dernier, elle fut reçue à l’unanimité Sociétaire de la Comédie Française (1801).

L’engouement du public fut dès lors, plus grand encore : dès ce moment, il vit en elle la plus jolie et la plus séduisante actrice de la capitale. Cet enthousiasme ne se maintint pas toujours au même degré. Tout en rendant justice au jeu décent et gracieux de la jeune et belle Zaïre, de la tendre Iphigénie, on s’aperçu plus tard que ce jeu n’était pas, dans la tragédie, sans quelque froideur, comme sa diction sans un peu de monotonie.

Ses succès furent plus constants dans la comédie : les rôles de Roxane et de l’Hortense du Florentin firent même penser aux connaisseurs qu’elle avait méconnu sa vocation, et qu’en se consacrant à l’emploi des soubrettes, elle aurait pu doter la scène française d’une seconde Dangeville.

Appelée en Russie par le directeur des Théâtres Impériaux, M.T. Bourgoin y fit, en 1809, un voyage très utile à sa fortune. Après plusieurs représentations à Saint-Pétersbourg, elle revint en France, chargées de nombreux et riches témoignages de la satisfaction et de la munificence de l’Empereur Alexandre 1er et de sa cour.

De retour à Paris,elle se livra avec plus d’ardeur aux études qui pouvaient la perfectionner dans son art. Le grand tragédien Talma, qui savait l’apprécier, lui prodigua ses conseils, ses leçons et le public ne tarda pas à s’en apercevoir, car les progrès de Melle Bourgoin furent sensibles, surtout dans les rôles d’Electre, de Clytemnestre et d’Andromaque, sous le rapport de la chaleur et de la sensibilité.

Mais le décès de Talma fut doublement fatal à M.T. Bourgoin : elle perdait en lui un maître habile et un protecteur dévoué. Bientôt, l’arrivée d’un nouveau genre introduit au Théâtre-Français, pour lequel, avec bon nombre de ses camarades, elle avait une profonde aversion, plus quelques intrigues de coulisses, l’obligèrent à demander sa retraite. Elle en conçut un perpétuel chagrin qui s’aggrava. Il produisit peut-être, la douloureuse maladie qui la conduisit au tombeau « Ma retraite m’a tuée » disait elle le jour de sa mort précoce. Elle s’éteint à Paris, le 11 août 1833. Elle fut inhumée dans la 12e division du cimetière du Père Lachaise.

Melle Bourgoin fut surnommée La Déesse de la joie et des plaisirs. Elle fut l’amie de l’empereur Napoléon 1er, de Chaptal, du duc de Berry. Elle avait un esprit naturel aussi vif qu’original, bien que son éducation eut été négligée, elle savait dans une grande réunion montrer le meilleur ton, se servir des expressions les mieux choisies. Mais au théâtre et dans l’intimité, c’était Sophie Arnould avec toute sa verve satirique ou graveleuse. Beaucoup de ses mots ont circulés dans le monde, et sont restés dans la mémoire des amateurs.

Crédit photo : Annie_photo (APPL 2008)

Sources : Dictionnaire des célèbrités Paris 1847 et divers.