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Révolution et Empire

THIEBAULT Dieudonné Adrien Paul, général baron (1769-1846)

28ème division (1ere ligne, N, 32)
mardi 18 octobre 2005.
 

La sauvegarde de la tombe du général baron Thièbault était devenue pour moi, un sujet de préoccupation constante. En effet, la lecture de sa Relation du siège de Gênes et ses Mémoires, a été pour beaucoup pour ma passion de la période du Ier Empire. La restauration de son monument comble mes voeux...

R. D.F

Général d’état major

Général de division, baron d’Empire ; grand officier de la Légion d’honneur ; cinquante ans, deux mois et dix jours de services ; dix-neuf campagnes ; trois blessures ; ... et cinq volumes de mémoires d’un total de deux mille six cents pages in-octavo, sans compter de multiples ouvrages et brochures d’inspiration et d’intérêt variables. Il est vrai que l’hérédité de ce soldat écrivain le prédisposait plus à la carrière des lettres qu’au métier des armes.

Curieux personnage que son père, et typique du siècle des Lumières : Dieudonné (prénom usuel) Thiébault était né en 1733 dans une famille Lorraine où le goût des choses de l’esprit semble avoir été commun. Il commença par devenir jésuite, mais ne fut pas ordonné et à la dissolution de la Société, il se libéra d’un habit qu’il portait sans doute par malentendu. Il avait écrit une tragédie, une comédie, quelques odes et discours. Le Siècle des Lumières le fascina, il évolua dans le monde des philosophes. En 1765 Frédéric II, qui venait de créer un poste de professeur de grammaire à l’école militaire prussienne, demanda à ses amis de Paris de lui proposer un candidat. D’Alembert suggéra le nom de Dieudonné Thiébault. Il passa les vingt années suivantes à Berlin dans l’intimité du roi. Ce qui lui permit beaucoup plus tard d’écrire ses célèbres Souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin, source précieuse sur le grand Frédéric. En 1784, il se réinstalla à Paris où il soigna ses relations. Elles lui valurent d’être nommé garde des Achives et du Garde Meuble et sous-directeur de la Librairie.

Le général Thiébault, selon un contemporain, aimait son père « comme une mère aime sa fille » : à chaque décision importante il le consultait. A 23 ans en 1792, le lendemain des massacres de septembre, il s’engage dans l’armée, moins par vocation que pour quitter un Paris où se déroulaient des horreurs. Très vite, il ressent l’appel des armes. Il participe aux campagnes du Nord et de l’Alsace puis en 1794 à celle de Hollande. En peu de temps, il est promu sergent, lieutenant, capitaine. Un court passage en prison le dégoûte définitivement des fureurs révolutionnaires. Il se trouve à Paris le 13 vendémiaire et participe à la répression et fait connaissance de Bonaparte. Puis c’est la campagne d’Italie, sous les ordres de Masséna à 27 ans. Il se trouve à Saint Cloud le 19 brumaire. Là encore, il croise le chemin du futur Empereur. Il ne quittera plus l’entourage du grand homme. Général de brigade à 31 ans, il découvre l’Espagne et le Portugal à la suite de Junot. La troisième coalition lui donne la possibilité de poursuivre son ascension. Grièvement blessé à Austerlitz, il devient général de division deux ans plus tard. C’est le grade le plus élevé qu’il atteindra. Ensuite, il ne quittera plus l’Espagne jusqu’à la débacle. Il rejoint ensuite le corps du Maréchal Davout. Il apprend dans Hambourg assiégée la chute de l’Empire. Sans affectation pendant la première restauration, il ne joue pendant les Cent Jours qu’un rôle effacé. Désormais, il n’occupera plus que des postes subalternes. Revenu en grâce en 1818, il se spécialise jusqu’à la fin de sa vie dans les travaux d’état-major ou il excelle. Il est mis à la retraite définitive le 1er avril 1822. Après ses protestations, il est réintégré dans le cadre de réserve le 17 mars 1825. Son nom est inscrit sur le côté ouest de l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Le général Thiébault est mort le 13 octobre 1846, il repose au Père-Lachaise dans la 28ème division avec son père et son épouse dans un monument imposant.

L’imposante sépulture du général vient tout juste d’être restaurée par les soins de la descendante du baron THIEBAULT, du Souvenir Français et de l’ACNM (Association pour la Préservation des Monuments Napoléoniens).

Sources : Biographies des Gloires de la France, Charles Mulliè, Paris 1852 et divers.