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Sciences et Techniques - Géographie

MENTELLE Edmé (1730-1815)

11eme division (1ere ligne, X, 19)
dimanche 9 décembre 2007.
 

Géographe et historien

Edme Mentelle , géographe et historien, né à Paris en 1730, mort en 1815, fut professeur de géographie et d’histoire à l’Ecole militaire ; puis, après la suppression de cet établissement en 1792, il ouvrit des cours particuliers et fut successivement professeur de géographie à l’Ecole centrale et, en 1794, à l’Ecole normale.

Il devint, en 1760, professeur enfin, il devint membre de l’Institut dès la création de ce corps.

Ses nombreux ouvrages, rapidement passés de mode, ont au moins contribué à répandre en France le goût des études géographiques. On a de lui : Géographie comparée, 1778, 7 vol. in-8 (ouvrage resté incomplet) ; Cours complet de Cosmographie, de Chronologie, de Géographie et d’Histoire, 1801 ; Atlas universel, avec Chamaire. Il a en outre coopéré à la rédaction de la Géographie universelle de Malte-Brun.

François Simon Mentelle , ingénieur-géographe français, frère du précédent, né à Paris en 1731, mort à Cayenne en 1799. Il travailla d’abord, sous la direction de Cassini, à la célèbre carte de la France entreprise par cet astronome, puis, en 1763, passa à la Guyane, et, après la désastreuse issue de la tentative de colonisation sur les bords du Kourou, fut chargé à Cayenne de l’organisatien d’un service sanitaire et de la voirie.

En même temps, il entreprenait d’utiles opérations géodésiques, et formait un dépôt de documents géographiques dont Malouet le nomma conservateur (1777).

Demeuré pendant la Révolution dans la colonie, il s’efforça, en 1798, d’adoucir le sort des déportés du 18-Fructidior.

Edmé mentelle est décédé en 1815, à Paris, il repose dans la 11e division.

Sur Edmé Mentelle

Edme Mentelle, géographe français, naquit à Paris en 1730, et fit ses études au collège de Beauvais. Il s’adonna d’abord à la poésie légère et au théâtre ; mais s’étant consacré ensuite à l’étude de la géographie et de l’histoire, il fut nommé, en 1760, professeur de ces deux sciences à l’Ecole militaire. Pendant les trente années que dura son enseignement à cette école, il publia une série de manuels d’histoire et de géographie qui firent connaître son nom du public. La Révolution ayant supprimé l’Ecole militaire, Mentelle ouvrit des cours chez lui. Il avait adopte les principes républicains, et se montra zélé patriote, comme le prouve un curieux opuscule publié sous ce titre : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, mise en trente strophes, pour être chantée par les hommes libres de tous les pays ; paroles du citoyen Mentelle, de la section du Muséum ; musique du citoyen Lenglé, maître de l’Ecole nationale de chant, de la section des Gardes-Françaises ; dédié à tous les sans-culottes de la République. » En l’an III, Mentelle fut chargé avec Buache d’enseigner la géographie à l’Ecole normale ; ses leçons ont été publiées, comme celles des autres professeurs, dans les Séances et débats de l’Ecole normale. Il fut ensuite nommé professeur aux écoles centrales du département de la Seine ; en même temps il entrait à l’Institut national. Les manuels qu’il avait publiés sous la monarchie ne pouvant servir à l’enseignement des écoles républicaines, il en rédigea de nouveaux, entre autres une Méthode nouvelle de géographie à l’usage des écoles primaires et centrales, 1 vol. in-12, avec cartes enluminées (an V). « Le procédé de l’auteur, dit à propos de cet ouvrage Depping dans la Biographie Michaud, est assez ingénieux : après avoir exposé la manière d’indiquer les quatre points cardinaux et la position d’un lieu géographique, il montre successivement à son écolier la ville de Bourges, le département du Cher, les quatre ou cinq départements qui y confinent, puis ceux qui sont un peu plus éloignés, enfin la France entière, l’Europe, etc., passant toujours du connu à l’inconnu, mais toujours sur la même échelle. » Citons encore deux autres manuels scolaires, un Précis de l’histoire des Hébreux, ouvrage dans lequel on a tâché de concilier l’exactitude des faits avec les saines lumières de la raison ; à l’usage des écoles primaires et centrales, 1 vol. in-12 (an VI) ; et un Précis de l’histoire de France (an IX). Le principal ouvrage de Mentelle est une Géographie universelle, en 16 vol. et un atlas, publiée de 1803 àl805, en collaboration avec Malte-Brun. Il mourut en 1815, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.

Quérard indique au nombre des écrits de Mentelle des Considérations nouvelles sur l’instruction publique, mémoire lu à la classe des sciences morales et politiques de l’Institut, le 17 fructidor an V. Ce travail ne figure pas dans la collection des mémoires de l’Institut, et nous l’avons cherché vainement à la Bibliothèque nationale.

M. Claude Perroud, auquel on doit une savante édition des Lettres de Mme Roland, a établi, en 1896, que le correspondant désigné sous le pseudonyme de Jany, qui visita Mme Roland dans sa prison en 1793, et reçut d’elle le dépôt de ses Mémoires, était Edme Mentelle. Mentelle était lié avec Brissot, et ce fut lui aussi qui reçut et conserva le dépôt des Mémoires de ce conventionnel.

James Guillaume