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CHAMPION Edmé (1766-1852)

1ere division (5e ligne, AJ, 15)
vendredi 7 décembre 2007.
 

Le petit manteau bleu

Edmé Champion voit le jour en 1766. Il fut longtemps une énigme pour ses contemporains. Figure de légende, Il faut attendre l’année 1848, pour avoir une idée un peu plus précise sur ce personnage hors normes, sorte d’abbé Pierre laïque, dispensateur de bienfaits.

Fils d’un humble flotteur de bois sur l’Yonne, le jeune Edmé se retrouve orphelin à l’âge de sept ans. C’est sur un train de bois qu’il s’embarque clandestinement pour Paris. démuni de tout, il est recueilli par une vieille dame, logeant rue Tiquetonne dans le IIe arrondissement de Paris.

C’est grâce à la solidarité de ses voisins les plus proches, qu’il put aller à l’école. Là, il se fait remarquer par une intelligence vive et surtout, à son bon coeur naturel.

sorti de l’école, il devint apprenti bijoutier. sa dextérité et son habileté le font devenir le meilleur ouvrier de son maître d’apprentissage. A l’avènement de la révolution, il succède le plus naturellement à son patron et maître.

avec la prospérité retrouvée aprés les affres de la Terreur et de la révolution, il fait d’excellentes affaires pendant le Directoire, le Consulat et l’Empire. Edmé Champion, alors bijoutier renommé, tient commerce au Palais-royal. C’est là qu’il se monte une fortune trés importante.

a l’âge de cinquante-trois ans, il est millionnaire. En 1817, il se retire, vends son fond et marie fort bien ses deux enfants. C’est à cette époque qu’il devient une figure de légende : L’homme au petit manteau bleu.

Il vit trés modestement dans un petit logement de la rue de Valois, au troisième étage. il ne fait qu’un repas par jour. Le matin, il est debout dès l’aube et pars à la recherche de la pauvreté.

Il ne se préoccupe pas de connaître les idées politiques ou philosophiques de ceux qu’il assiste. Il aide ceux qui recherchent un travail, et même, selon un écrit de cette époque : retire le verre de la main des ivrognes.

il vient en aide aux repentants, demande leurs grâce auprés du souverain, visite les prisons et les hopitaux. il va même jusqu’à suivre le corbillard des oubliés jusqu’à la fosse commune. Il aide les orphelins et les veuves.

Pour tous ces bienfaits, le roi Louis Philippe accorde à Edmé Champion,la Croix de la légion d’honneur.

En 1848, un appel aux citoyens de Paris enjoint aux électeurs de voter pour E. Champion, bien qu’il ne soit pas candidat. Il recueille 40.000 voix, mais, ce n’est pas suffisant pour accèder à la députation.

aprés une vie bien remplie, à l’âge de quatre-vingt-huit ans, il s’éteint le 2 juillet 1852.Il repose dans la 1ere division, avec son épouse, née marie Jobbe, décédée dix années avant lui.

Sa mission et son sacerdoce laïque ont frappés les esprits au point que pendant plusieurs décénies aprés sa disparition, la locution de Petit Manteau Bleu, passa dans le langage populaire pour désigner un bienfaiteur altruiste et désinterressé. En voici un exemple :

Au petit manteau bleu d’Elbeuf

Au premier plan de l’affiche, un vieillard vêtu d’un manteau bleu distribue de la soupe aux pauvres. En fait, Rouchon illustre ici le nom du magasin de façon littérale : au XVIIIe siècle, le philanthrope Edme Champion, dit "Le Petit Manteau Bleu", se voua au soulagement des pauvres, l’expression "Petit manteau bleu" est passée dans le langage pour désigner un homme bienfaisant.

Avec la connotation de son nom et l’accroche "On a un habillement complet pour 27f 50", le magasin met l’accent sur les prix bas qu’il pratique : il se montre bienveillant envers ses clients, se dévoue entièrement à eux.

(APPL 2006 - Tous droits réservés)

sources affiche : Jean-Alexis Rouchon imprimeur. Affiche publicitaire, vers 1850. (169 x 100 cm) BNF, Estampes et Photographie (Rouchon gd roul. 10)