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Révolution et Empire

HUGO Joseph Léopold Sigisbert, général comte (1773-1828)

27ème division (1ere ligne)
dimanche 11 septembre 2005.
 

Mon père, ce héros...

Joseph Léopold Hugo est né à Nancy le 15 novembre 1773 d’un père menuisier dans une famille d’origine germanique. Il s’engage à quinze ans en 1788, dans le régiment de Beauvoisin, suivant en cela son père qui avait été sous-officier de chevau-légers. Congédié en raison de son âge, il se réengage en 1790. brave et intelligent, il se distingue dans les campagnes de la république, à l’armée du Rhin, en Vendée et en Italie.

Il gravit très rapidement les échelons, adjudant major en mai 1793, il est nommé chef de bataillon sur le champ de bataille de Mösskirch. Il est envoyé en corse le 20 juin 1800 pour avoir refusé de signer une pétition contre le général Moreau, puis il est envoyé à l’ile d’Elbe pour les mêmes motifs. Hugo est ensuite attaché a Joseph Bonaparte. Il s’illustre en combattant la bande de Fra Diavolo, qui mène la guérilla contre les français.

Il est fait alors maréchal du palais, promu général de brigade et fait chevalier de la Légion d’honneur le 25 prairial AN XII. Il suit Joseph en Espagne, devient son aide de camp, assurant plusieurs commandements importants dans l’armée du frère de l’Empereur. Habitué à la lutte contre la guérilla, il combat contre l’Empecinado et se distingue dans les campagnes espagnoles de 1809 à 1813. Il accumule les titres honorifiques en Espagne, maréchal de camp, majordome du Palais, gouverneur de province, inspecteur général des troupes espagnoles. Il est au combat de Lalavera de la Reina, en 1809, et surtout à la bataille de Vitoria, le 21 juin 1813,où il parvient à sauver une grande partie de l’arrière garde des troupes françaises en arrêtant les Anglais.

Lorsque Joseph Bonaparte rentre en France, le général Hugo le suit et reprend du service dans l’armée française. Après 1813 et ses défaites, il devient gouverneur de Thionville qu’il fortifie de manière remarquable, la ville supportant un intense bombardement de la part des coalisés pendant prés de trois mois. Hugo ne rend la ville que sur ordre de Louis XVIII.

Il reçoit la croix de Saint-louis sous la restauration. Pendant les Cent-Jours, il défend de nouveau Thionville qu’il n’abandonne que le 8 novembre 1815 . Pour cette action, il est mis en demi-solde sous la seconde restauration, puis il est mis à la retraite. Il meurt à Paris le 29 janvier 1828.

Victor Hugo a écrit de belles pages sur ce père très admiré, notamment dans choses vues où il décrit les travaux entrepris sur la tombe du général et de sa famille et le transfert des cercueils dans la chapelle du cimetière. Le poète s’est battu pour que l’inscription « par lui Thionville resta française » soit gravée sur la colonne surmontant le monument, et ce, en pleine occupation prussienne lors de la guerre de 1870. Ce geste de piété filiale lui étant interdit par les autorités françaises, il passa outre, menaça, et obtint gain de cause.

Dans cette tombe de famille repose plusieurs membres de la famille Hugo : Sophie Trébuchet (1780-1821), l’épouse de Léopold et la mère de Victor, Eugène (1800-1836), frère de l’écrivain, ses fils Charles (1826-1871) et François-Victor (1828-1873), ses petits-fils Georges (1867-1868) et Georges-Victor (1868-1925).

Malgré ses souhaits, Victor Hugo ne repose pas sous le monument puisqu’il fut directement panthéonisé à sa mort. Une petite pancarte (très effacée aujourd’hui) renseigne d’ailleurs le touriste ignorant. Quant à sa fille Léopoldine qui se noya, elle fut inhumée avec son mari au cimetière de Villequier en Normandie.

On doit au général HUGO, des Mémoires sur la guerre d’Espagne dite "le tombeau de la Grande Armée".

Gouverneur d’Avila et de Ségovie, commandant de la province de Guadalajara et de la seigneurie de Molina, comte de Siguenza... l’Espagne fut pour le général Hugo, une terre de promotion et d’enrichissement.

De 1808 à 1814, il va s’engager dans une répression sans faille contre la guérilla populaire, pour consolider la couronne de son protecteur, Joseph Bonaparte, devenu Roi d’Espagne sur ordre de Napoléon.

Cette guerre à laquelle participa activement le général Léopold Hugo était celle d’un peuple contre une invasion française et les maréchaux et généraux d’Empire ne purent mater les Espagnols déterminés à préserver leur liberté.

Napoléon exilé à Sainte Hélène déclara au sujet de la campagne d’Espagne : " L’immoralité dut se montrer par trop patente, l’injustice par trop cynique, et le tout demeure fort vilain... ".

Dans ses Mémoires sur la guerre d’Espagne, Léopold Hugo nous fait revivre ses combats acharnés contre ceux qu’il nommait les " brigands " espagnols. Rejoint par sa famille quelques mois en 1812, son fils, le célèbre Victor alors âgé de dix ans, sera marqué par ce bref séjour et écrira en 1854 :

" C’est par la chute de l’Empereur, et en conséquence de celle de Joseph, que mon père de général espagnol est devenu général français et que moi de futur poète espagnol, je suis devenu poète français ".