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Europe - Grande-Bretagne - Londres

Le cimetière OLD BROMPTON (Royaume Uni, Londres)

Une atmosphère sauvage et mystérieuse au cœur de la capitale britannique
lundi 3 décembre 2007.
 
Loin de l’image classique de l’article sur un enclos funèbre, cette page nous offre une vision personnelle de ce cimetière anglais. On ne trouve pas ici une énumération des personnalités reposant en ces lieux, mais une vision imagée et trés colorée d’un monument unique en son genre...

Old Brompton Cemetery. Londres. Royaume Uni.

Après la bataille de Waterloo en 1815, Londres devient la capitale commerciale. Sa population augmente de fait et passe de un million en 1800 à 2.6 millions en 1850. Mais face aux diverses épidémies et aux conditions sanitaires insuffisantes, les cimetières déjà existants ne peuvent faire face. C’est ainsi que le Parlement décide d’en créer sept nouveaux autour de Londres dont celui de Old Brompton qui possédait à l’époque le nom de « Westminster cemetery » ou de cimetière de l’ouest.

Old Brompton est créé en 1836, mais n’ouvre ses portes qu’en 1840 sur les plans de Benjamin Baud. Il est construit à partir d’une configuration assez formelle constituée d’une allée centrale qui mène à une chapelle fondée sur le modèle de Saint Pierre de Rome. Cette allée peut être empruntée pour joindre deux grands axes routiers : Old Brompton Road et Fullham Street.

Old Brompton cemetery s’étend sur 16.5 hectares de surface plane et comporte plus de 35000 sépultures dont de nombreuses à caractère historique. C’est l’unique cimetière de la Couronne mais il est géré par la Royal Park sous contrat avec le secrétaire d’Etat à la Culture, aux Médias et au Sport.

Il est considéré comme l’un des plus beaux cimetières du Royaume Uni. Sa splendeur gothique a d’ailleurs servi de toile de fond à maints drames, comédies romantiques et polars. Ainsi par exemple, nous retrouvons la chapelle du cimetière dans GoldenEye (un des derniers James Bond) sorti en 1995.

L’accès à Old Brompton cemetery par Old Brompton Road est assez déroutante : le cimetière n’est pas protégé par des murs de pierre comme la plupart de nos cimetières français mais par des hautes grilles de fer forgé laissant entrevoir de la rue une multitudes de stèles comme sorties de nulle part au milieu des herbes folles.

Sur la porte d’entrée du cimetière, un texte pour le moins étonnant est gravé dans la pierre : « The public are permitted to walk in the cemetery daily » (les allées du cimetière sont accessibles au public tous les jours).

En ce vendredi glacial mais ensoleillé du mois de novembre, je m’engouffre donc dans la sépulture par l’allée principale. Je ne fais que quelques pas en essayant de m’imprégner de l’atmosphère générale lorsque un bruit de klaxon retentit derrière moi. Quel n’est pas mon étonnement de voir surgir de l’entrée deuxbicyclettes !. J’observe en effet des marquages au sol autorisant le passage des vélos. Dans une allée voisine, une femme fait son jogging matinal. Encore une vision étonnante ! Je ne peux imaginer un tel spectacle dans nos cimetières parisiens.

Je décide donc d’aller m’isoler hors des sentiers battus, là ou les stèles jaillissent des herbes folles et des feuilles mortes. Ici, le cimetière semble abandonné depuis plus d’un siècle. Des écureuils bondissent de stèles en stèles. Comme apprivoisés, ils s’approchent de moi et tentent de grimper sur mon manteau. (Nous sommes bien loin des chats sauvages du Père Lachaise). Je me retrouve donc seule face à un spectacle merveilleux et absolument romantique.

Cet endroit semble totalement irréel : des croix, des anges, des stèles, des ancres de marines surgissent du sol comme poussés par la terre.

Je musarde entre les stèles bien consciente du danger d’ une telle promenade : en effet, l’ omniprésence des herbes hautes et des feuilles d’ automne camouflent le sol juché de creux et de bosses, d’ autant d’ obstacles qui transforme ma promenade en une véritable expédition. Les stèles semblent pliées par les ans et les aléas climatiques. Certaines sont gravées « in memory of... », D’autres sont vierges d’écriture : aucune photographies de défunts, très peu de fleurs, rien que le mariage entre la pierre, les symboles et le végétal.

La statuaire de pierre est très sobre : beaucoup de représentations d’anges ou d’angelots, d’ancres de marine (fort symbole insulaire) et de croix diverses : catholiques, orthodoxes celtes.

Old Brompton cemetery est un endroit très sobre et très touchant. Il fait bon s’ y promener et s’imprégner de cette atmosphère gothique et mystérieuse. Le contraste y est de fait assez violent lorsque l’on quitte les lieux pour se retrouver confronté à l’agitation et aux bruits du boulevard.

Crédit photos : Anne_Lise T. (APPL - Le 09 Novembre 2007). R. Russel (2005) (Tous droits réservés)