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Empire - Restauration - Monarchie de juillet

LA VALETTE Marie, marquise de (1806-1831)

13eme division (concession 344)
lundi 19 novembre 2007.
 

Epouse du ministre de l’intérieur

de

Napoléon III

Marie, marquise de La Valette, née Marie Carrow Birkett, voit le jour aux Etats Unis le 4 septembre 1806. Elle fut la première épouse de Charles Félix, comte de La Valette, Né à Senlis (Oise) le 25 novembre 1806, mort à Paris le 2 mai 1881. La marquise s’est éteinte prématurément le 9 août 1831, elle repose dans la 13eme division.

Ministre de l’Intérieur du 28 mars 1865 au 13 novembre 1867 (avec l’intérim des Affaires étrangères du 1er septembre au 2 octobre 1866). Ministre des Affaires étrangères du 17 décembre 1868 au 17 juillet 1869.

Ami de Rouher (dont son fils adoptif épousa la fille aînée), le marquis de La Valette fut appelé au ministère de l’Intérieur en 1865, alors que son protecteur était au faîte de la puissance. Ancien député guizotin (1846-1848) et sénateur depuis 1853, bonapartiste de tempérament autoritaire, il fut, dans son administration, l’instrument docile de Rouher, et poussa ce dernier à freiner l’évolution libérale de l’Empire. Lorsque après le 19 janvier 1867, furent mises en chantier de nouvelles lois sur la presse et sur les réunions, et que la résistance aux réformes ne fut plus possible, La Valette préféra démissionner. En outre, les ministres devaient désormais défendre eux-mêmes leur action devant le Corps législatif, et il n’avait pas les qualités d’un orateur ; il ne s’était d’ailleurs jamais vraiment senti à sa place au ministère de l’Intérieur : "Mon affaire à moi, c’est une ambassade." En effet, entré dans la carrière diplomatique sous Louis-Philippe, il avait notamment représenté la France à Constantinople de 1849 à 1853 et en 1860-1861 ; et, libre penseur anticlérical, marié à une protestante d’origine américaine, il avait été l’instrument de la politique de Thouvenel auprès du Saint-Siège en 1861 et 1862.

En raison de ces opinions, et parce qu’il avait été un partisan notoire de l’évacuation du corps expéditionnaire français de Rome, il ne put, comme cela avait d’abord été envisagé, être nommé aux Affaires étrangères aussitôt après son départ du ministère de l’Intérieur : à cette date, en effet, le rebondissement de la question romaine imposait le retour des troupes françaises dans la capitale pontificale. La Valette dut donc attendre un an pour être titulaire de ce portefeuille, dont il avait assuré l’intérim au moment du renvoi de Drouyn de Lhuys, et qui était l’aboutissement normal de sa carrière. Son retour au gouvernement inquiéta les catholiques, mais la priorité était désormais aux affaires d’Allemagne. Déjà, lors de son intérim, il avait eu à endosser la responsabilité de la circulaire qui porte son nom mais qui fut rédigée essentiellement par Rouher et Napoléon III : celle-ci avait eu pour but de justifier la neutralité française entre la Prusse et l’Autriche, au lendemain de Sadowa, et comportait notamment cette phrase : "La grandeur d’un pays ne dépend pas de la faiblesse de ses voisins." Fidèle à cette orientation, La Valette agit dans un sens favorable à la Prusse, à l’acceptation de l’unité allemande et à la paix, répugnant à un rapprochement avec l’Autriche, que la politique contraire supposait.

Il eut aussi à régler l’affaire des chemins de fer belges, qui fut un échec diplomatique. Les élections de 1869, en amenant la disgrâce de Rouher et un nouveau pas dans le sens libéral, furent à l’origine de son renvoi. Nommé ambassadeur à Londres, où il demeura jusqu’à l’avènement du cabinet Ollivier, il s’opposa à l’Empire parlementaire et resta fidèle, après la défaite, à la famille impériale.

Tombeau du marquis de Lavalette - Cimetière protestant des Allains , 24130 La Force

Avec l’aimable autorisation de l’ARAH - Association de Recherches Archéologiques et Historiques et de son président, Michel Souloumiac.

Crédit photos : Michel Souloumiac (ARAH) (Tous droits réservés- avec l’aimable autorisation de l’auteur).

Crédit photo : marquise de Lavalette, Annie_photo (APPL 2008)

Sources : Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.