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Ecrivains - Poétes - Littérateurs

LAMOTTE BARACE Alexandre (1781-1840)

45eme division (1ere ligne, O, 19)
samedi 17 novembre 2007.
 

Ecrivain et peintre

Alexandre de la Motte-Baracé ou encore Alexandre de Senonnes, vicomte de Senonnes, écrivain et peintre français, voit le jour le 3 juillet 1781 à Senonnes dans le château de ses ancêtres.

Il est issu de la famille noble de La Motte-Baracé. Il perdit très jeune ses parents : François-Pierre de La Motte-Baracé et sa femme créole, Suzanne Drouillard de la Marre, qui périrent pendant le règne de la Terreur en 1794. Il cultiva les arts pour échapper aux dangers de l’époque.

En 1802, les deux frères, devenus majeurs, purent disposer de leurs biens. A cette époque, le château de Rancy fut vendu. La propriété de Senonnes resta un long moment indivise.

Alexandre se trouvant seul en 1805, après le mariage de son frère, poussé par les goûts d’artistes et fortuné, se mit à voyager et à mener vie large et libre. En 1805, il partit pour l’Italie, en même temps qu’Ingres d’ailleurs. Il allait là-bas s’éprendre de beaux paysages, de belles oeuvres d’art, et tout spécialement d’un très joli modèle dont il allait faire sa femme.

Il convola en justes noces avec Marie Marcoz, une de ses modèles, peinte par Ingres dans le portrait de Madame de Senonnes. Il se remaria en secondes noces, le 2 juin 1835 avec Wilhemine-Caroline Hoffmann, rentière, âgée de 25 ans.

Le vicomte de Senonnes, conforme à sa tradition familiale, était un ardent royaliste partisan du retour des Bourbons au trône. Il est connu dans les milieux aristocrates en 1812,1813 comme le vicomte de Senonnes. Il fut en Italie un des agents actifs de Louis XVIII. Madame de Senonnes accompagnait le vicomte dans ses visites, et avait la réputation d’émerveiller partout par sa beauté. C’est à l’époque en 1814, que le vicomte chercha à la faire peindre. La peinture fut réalisée en Italie par un ami : Ingres.

Lorsque Napoléon Ier fut contraint d’abdiquer le trône aux Bourbons, lui, sa femme et sa fille se rendent à Paris pour profiter des faveurs royales. Le vicomte dépensait largement et gagnait peu. En échange de son dévouement à la cause royale, il attendait une place honorifique et lucrative.

Alexandre de Senonnes se fit d’abord connaître par quelques paysages anonymes qu’il exposa à différents salons, et en même temps il travailla dans les journaux, particulièrement à la Gazette de France, où il défendit les doctrines monarchiques et religieuses. Il a fourni quelques articles à la Biographie universelle.

Après le second retour du roi en 1815, il fut donc nommé secrétaire de la Chambre du roi, et fait Chevalier de la Légion d’Honneur. Il fut bientôt un des familiers du duc de Berry, ce qui lui valut encore de nouvelles faveurs.

Le 31 mai 1816, il obtint la place de secrétaire général des musées royaux et conserva le titre de secrétaire honoraire de la chambre. L’académie des beaux-arts le reçut ensuite au nombre de ses membres honoraires, le 10 avril 1816.

En 1819, il se lia plus étroitement avec le duc de Berry. Le duc et la duchesse de Berry avaient grand plaisir de parler de l’Italie avec Alexandre de Senonnes et sa femme. Ils demandèrent comme mécènes, de rassembler en un volume les vues les plus belles dont il avait pris le croquis en Italie. Le volume ne parut qu’en 1821 après l’assassinat du duc.

En 1821, il fut nommé secrétaire général du ministère de la maison du roi, puis conseiller d’État sous le maréchal Lauriston, qui le protégeait spécialement. On lui a reproché d’avoir fait destituer sans motifs le savant bibliographe Antoine-Alexandre Barbier, bibliothécaire du roi.

Entraîné par ses goûts artistiques, par le désir de jouir de beaux paysages, et de les reproduire, Alexandre de Senonnes, avec sa famille ou sans elle voyagea. En 1828, il fut envoyé en mission à Ancône, puis parcourut également toute la Suisse, à l’origine d’un de ses ouvrages : Promenades au pays des Grisons.

En 1829, sa première femme était décédée. Alexandre de Senonnes a perdu tous ses emplois après la révolution de 1830. Ecarté du pouvoir, il resta sans emploi, sans ressources et chargé de dettes. Sa situation financière devint très critique. Acculé par des créanciers, il souscrivit des lettres de charge qu’il ne put payer. Il se trouva bientôt sous le coup de la contrainte par corps et dut s’expatrier pour échapper à la prison.

Il quitta Paris en 1831, et alla se réfugier d’abord à Lyon, puis en Suisse, sur les bords du lac de Genève. Il se remaria en 1835. Ce second mariage ne tira pas le vicomte de Senonnes de la gêne. En 1840, après une longue maladie, il était dénué de ressources, et M. de Cailleux, Secrétaire Général des Musées essayait de faire hâter le paiement de la collection d’antiquités qu’Alexandre de Senonnes avait cédée à la collection du roi Louis-Philippe Ier.

Ses ouvrages publiés sont : Lettres de Jacopo Ortis, traduit de l’italien sur la seconde édition, Paris, 1814, Cette traduction a reparu, la même année, sous le titre du Proscrit, et en sous celui d’Amour et suicide, ou le Werther de Venise ; Choix de vues pittoresques d’Italie, de Suisse, de France et d’Espagne, dessinées d’après nature et gravées à l’eau-forte, 1821, in-folio. Cet ouvrage, dédié à la duchesse de Berry, devait être composé de trente livraisons ; il n’en a paru que sept, composées de six planches et de deux feuilles de texte [20] ; Promenade au pays des Grisons (Suisse), ou Choix des vues les plus remarquables de ce canton, dessinées d’après nature et lithographiées par Édouard Pingret, avec un texte historique, Paris, 1827-1829, On doit encore à Senonnes une édition des Œuvres dramatiques de Philippe Néricault Destouches, précédées d’une notice sur la vie et les ouvrages de l’auteur, Paris, 1811, 1820, 1822.

Alexandre de Dénonnes s’est éteint le 21 mars 1840 à Paris, il repose dans la 45e division. Sa sépulture est ornée d’un médaillon en marbre blanc et de bas-reliefs dus au ciseau de Normand.

Sources : « Alexandre de La Motte-Baracé », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865.

Crédit photos : Hugo_photos (2008)