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Révolution et Empire

DAVOUT Louis-Nicolas, maréchal de France (1770-1823)

28ème division
mercredi 14 septembre 2005.
 

Maréchal de France

LE JUSTE

Louis-Nicolas d’Avoust, né en 1770 à Annoux dans l’Yonne, a supprimé sa particule à la révolution pour signer Davout. C’est le seul maréchal de Napoléon qui n’a jamais été vaincu. Sa famille remonte au XIIIeme siècle et appartient à la noblesse d’épée bourguignonne. Son père était un officier du Roi. Davout entre à quatorze ans à la compagnie des cadets-gentilhommes de l’école royale militaire de Paris. En 1788, il reçoit son brevet de lieutenant au régiment Royal-Champagne cavalerie. Il manifeste un goût prononcé pour l’étude et la lecture, les philosophes l’on ouvert aux idées nouvelles. Il est d’un caractère entier, d’une franchise absolue. Son physique ne l’aide pas, à vingt ans il est myope, porte des lunettes et présente une calvitie avancée : il a plus l’air d’un professeur -dont il a le savoir- que d’un militaire. Davout démissionne en septembre 1791 suite au décret chassant les nobles de l’armée, puis se réengage au 9eme bataillon des volontaires de l’Yonne. Il est immédiatement élu lieutenant-colonel. C’est ensuite l’armée du Nord, puis celle de Vendée où, en cinq jours, il passe successivement général de brigade et général de division. Il refuse ces promotions qui vont à l’encontre du décret : nouvelle démission en août 1793, puis obtention de sa réintégration l’année suivante.

Affecté à l’armée de Moselle, il reçoit définitivement ses étoiles de général de brigade. Il se lie d’amitié l’année suivante avec un jeune général de division, Desaix. C’est ce dernier qui le présente au général Bonaparte qui prépare alors l’expédition d’Egypte. Ce n’est pas le coup de foudre, il faudra du temps au futur empereur pour se rendre compte que Davout est l’un des meilleurs officiers et des plus cultivés, et que de surcroît, il possède des talents certains d’organisateur et de tacticien. Après le retour de Bonaparte en France, Davout reste en Egypte sous les ordres de Kléber en compagnie de Desaix. Rappelé par le Premier consul, Davout et Desaix sont interceptés par les Anglais qui les retiennent plusieurs semaines à Livourne. A Marengo, Desaix est tué d’une balle en plein cœur privant Davout de son meilleur ami. Il est nommé général de division le 9 juillet 1800. Il prend le commandement de l’armée d’Italie. Un évènement familial va le rapprocher du Premier consul, puisqu’il épouse en 1801 Aimée Leclerc, sœur de son camarade, le général Victor Leclerc, lui-même marié à Pauline Bonaparte.

Le dix huit mai 1804, il est promu maréchal de l’Empire : il est le plus jeune promu de ce corps à 34 ans. L’Empereur l’honore en le nommant colonel-général des grenadiers à pied de la Garde Impériale. Dès lors, sa carrière est toute tracée : en 1808, à 37 ans, il est duc d’Auerstaedt, puis l’année suivante prince d’Eckmülh. Il se distingue à Austerlitz, à Iéna, à Auerstaedt, à Eylau. Tous ses faits d’armes trouvent leurs récompenses : en 1807 il est gouverneur général du Grand-Duché de Varsovie, en 1810, il est commandant en chef de l’armée d’Allemagne, puis gouverneur général des villes Hanséatiques. Lors de la campagne de 1812, il est à la tête du 1er corps de la Grande Armée (72 000 hommes). Lors de la retraite, Napoléon n’ayant pas suivi ses conseils, le 1er corps, se trouve réduit à 15000 hommes : l’Empereur lui reproche sa lenteur et le remplace par Ney. En 1813, les coalisés déferlent, il s’enferme dans Hambourg avec 40 000 hommes, soutient le siége pendant un an, puis se rend le 27 mai 1814 sur l’ordre formel de Louis XVIII. Rentré à Paris, il se retire dans sa propriété. Pendant les Cent-Jours, il rallie l’Empereur qui lui donne le ministère de la guerre : après Waterloo, il est destitué de sa dignité de Maréchal et assigné à résidence. En 1817, le Roi lui rend son titre et le nomme deux ans plus tard Pair de France. Sa santé se dégrade, il meurt à Paris d’une affection pulmonaire le 1er juin 1823.

Si la sépulture du maréchal Davout est assez connue, beaucoup de spécialistes ignorent que le Général de Cavalerie Marie Antoine Bonin de la Boninière de Beaumont , beau-frère du Maréchal, repose dans la même tombe. Aucune inscription ne l’indique cependant. Le général de Beaumont fut comte de l’Empire et Premier Ecuyer de Madame Mère.

LE PETIT MUSEE D’ECKMÜHL SAUVE

Situé à Auxerre, ce petit musée dédié à Davout et à l’épopée napoléonienne, fermé au public depuis 35 ans et renfermant de très nombreux trésors, légués par la fille de Louis-Nicolas Davout était voué à disparaître. C’était sans compter sur l’attachement et la pugnacité d’Alain Cattagni, de la société des sciences de l’Yonne. Le musée sera donc réhabilité et ouvert de nouveau au public pour des visites sur demande.

Il existe également un musée consacré au Maréchal Davout à Savigny sur Orge dans l’Essonne, ouvert depuis 2008.où deux salles sont dédiées au maréchal Davout, duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl qui fut une des gloires du 1er Empire. Louis-Nicolas Davout a également été le propriétaire du château de Savigny-sur-Orge et maire de la ville. Les visiteurs pourront y découvrir des tableaux, des statues, des lettres manuscrites, autres objets et documents historiques issus de collections publiques et privées. Visite gratuite sur rendez-vous.

(Un grand merci à M. Gérard Baron pour cette information).