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LE JOUR DES MORTS...

mardi 14 août 2007.
 

Le jour des Morts, journée bénie pour les voleurs dans les cimetières

[02-11-2006] Par Guillaume Narguet

Le jour des Morts, jeudi, est l’occasion pour les Tchèques de se souvenir de leurs proches disparus et de se rendre en famille au cimetière. Des cimetières qui, depuis plusieurs années, sont toutefois l’objet de vols et d’actes de vandalisme.

Comme dans beaucoup de pays du monde de tradition catholique, les Tchèques ont pris l’habitude de se rendre au cimetière les deux premiers jours de novembre. La fête de la Toussaint n’étant pas une journée fériée, à la différence de la France ou de la Belgique, les Tchèques honorent donc la mémoire de leurs proches disparus et entretiennent leurs tombes en les fleurissant ou en y allumant des bougies plutôt le 2 novembre.

Mais cette fête des fidèles défunts, que les Tchèques appellent populairement « Dusicky », soit littéralement « les petites âmes », ainsi que les jours qui la précèdent et s’ensuivent sont une période bénie pour un grand nombre de voleurs en tout genre. Bien qu’affligeantes et révélatrices d’un certain manque de sens moral au sein de la société, certaines situations prêtent toutefois à sourire.

C’est le cas, par exemple, des couronnes de fleurs volées sur les tombes le soir et revendues le lendemain sans scrupules devant un autre cimetière, voire même parfois devant le même cimetière. Ou des compositions que certains n’hésitent pas à « piquer » quelques dizaines de mètres plus loin pour les installer sur la tombe familiale.

Nombreux sont également les pickpockets qui se baladent dans les allées et profitent de l’inattention des gens, notamment des personnes âgées, occupés à décorer une tombe pour leur ravir sac à main ou porte-monnaie.

Moins anecdotiques sont les vols des objets de culte et autres décorations métalliques, généralement coulés dans le bronze ou le laiton, qui sont ensuite monnayés chez un ferrailleur ou dans les monts-de-piété, plus communément appelés « bazar » en République tchèque. Une pratique morbide qui atteint son summum avec le vol des urnes funéraires.

Face à ce phénomène difficilement contrôlable, auquel s’ajoutent de fréquents actes de vandalisme, policiers et gardes des cimetières se montrent impuissants, malgré leurs incontestables efforts. Mais comme ils l’expliquent, même en redoublant d’attention, comment surveiller et contrôler des espaces de plusieurs hectares ouverts toute la journée aux visiteurs comme des parcs publics ? Dans l’un des pays les plus athées au monde, on en vient même parfois à se demander si les anges gardiens ne devraient pas accompagner les Tchèques jusque dans leur tombe.

Sources : RADIO PRAHA, Guillaume Narguet, 2-11-2006