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Révolution - 1er Empire - Restauration - Monarchie de juillet

AUBERNON Philippe (1757-1832) (37)

37eme division (2eme ligne, P, 34)
mardi 1er mai 2007.
 

Commissaire ordonnateur des armées

Philippe Aubernon voit le jour à Antibes le 13 janvier 1757. Fils de Joseph Aubernon, premier consul de la ville d’Antibes. Membre de la loge maçonnique d’Antibes avant la Révolution, administrateur municipal d’Antibes, (1791), commissaire des Guerres de l’armée des Alpes, (1792), commissaire ordonnateur des armées, fait la campagne de Gênes avec Masséna, puis la campagne d’Italie avec Bonaparte.

Sous l’Empire, un des 550 plus imposés du Var, est commissaire ordonnateur en chef du 2e Corps de la Grande Armée, de l’armée de Dalmatie, du 11e Corps de la Grande Armée, de l’armée d’Illyrie, inspecteur aux revues de la première division militaire ; retraité le 1er août 1815. Commandeur de la Légion d’honneur.

M. Philippe Aubernon a fait toutes les campagnes, depuis le passage du pont du Var en 1792, en qualité de commissaire des guerres, de commissaire ordonnateur, et de commissaire ordonnateur en chef. Il a servi dans ce dernier grade, pendant quinze années consécutives, aux armées d’Italie, de Hollande, d’Allemagne et d’Illyrie.

C’est en grande partie par ses soins que l’aile droite de l’armée d’Italie put résister pendant les années 2, 3 et 4, au concours de circonstances qui rendaient extrêmement difficile l’occupation de la rivière de Gênes.

Il contribua très efficacement au succès de la bataille du 2 frimaire an 4, qui prépara la conquête de l’Italie. Il fit, en qualité d’ordonnateur des divisions actives, toutes les campagnes du général Bonaparte, jusqu’au traité de Campo-Formio, et eut plus d’une fois l’occasion d’y développer la sagacité, la prévoyance et tous les moyens qui constituent l’administrateur. « C’est à sa sage prévoyance (dit le général en chef Masséna) que l’armée doit les mesures qui furent prises pendant le siège de Gênes, et c’est par ses soins et par l’application des moyens les plus extraordinaires, que l’on obtint le développement inattendu de tant de nouvelles ressources, lorsque la pénurie semblait avoir atteint sa dernière période, enfin, son zèle infatigable, autant que ses moyens administratifs, ont puissamment concouru à retarder la reddition de la place.

La Biographie des hommes vivants a commis une grave erreur, en avançant qu’en 1797 M. Aubernon, comme ordonnateur en chef de l’armée d’Italie, prit des mesures sévères contre les émigrés qui s’étaient introduits dans l’administration, il eût été beaucoup plus exact de dire qu’aucun émigré ne fut poursuivi ni inquiété à cette époque, par les autorités de l’armée, que M. Aubernon, en exécutant les ordres du gouvernement, sut concilier ses devoirs avec les principes d’humanité et de justice, ainsi que le prouve la conduite qu’il a tenue alors envers plusieurs émigrés qui, il est vrai, n’avaient pas porté les armes contre leur patrie, tels que M. l’abbé Vautrin, d’Antibes, qu’il fit précepteur de son fils ; M. Dubreuil, ancien avocat au parlement d’Aix, qu’il employa dans ses bureaux ; M. Tournatori, médecin, qu’il plaça dans les hôpitaux militaires ; M. de la Bouillerie, ancien payeur de la Corse, qui fut admis, à sa recommandation, auprès du payeur général Sivry ; et beaucoup d’autres encore. Décoré de l’ordre de St Louis, M. Aubernon a été mis à la solde de retraite par l’effet de l’ordonnance du 1er août 1815.

Philippe Aubernon est décédé à Paris le 7 juillet 1832, il repose dans la 37e division dans une sépulture restaurée il y a peu (2000) par les soins de l’ACMN (Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens) et du Souvenir Français.

Sources :Biographie nouvelle des contemporains d’Arnault, etc., Grands notables du Premier Empire (Var).