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Révolution - 1er Empire

MORLOT Antoine, général de division (1766-1809)

(59eme division (transféré à l’ossuaire en 1996)
lundi 30 avril 2007.
 

Général de division

Antoine Morlot, naquit à Bousse (Moselle), le 5 mai 1766, militaire français.

Il servit dans le corps royal d’artillerie depuis le 7 décembre 1782 jusqu’au 28 septembre 1790.

Élu capitaine au 3e bataillon des volontaires nationaux de la Moselle, et employé à l’armée de ce nom, la valeur et l’intelligence qu’il déploya pendant la campagne de 1792 à 1793, principalement au siège de Thionville, le firent nommer, le 20 septembre de cette dernière année, général de brigade sans avoir passé par les grades intermédiaires.

Ce fut également à sa conduite à la bataille de Kaiserslautern et à celle qui décida de la levée du blocus de Landau, qu’il dut, le 9 pluviôse an II, sa promotion au grade de général de division.

A sa première de ces affaires, chargé, au plus fort de l’action, de s’emparer avec cinq bataillons de la position de Morlotte, défendue par 60 pièces de canon et par une infanterie nombreuse, il fut, il est vrai, forcé de battre en retraite devant des forces aussi supérieures ; mais par une manœuvre habilement conçue, il évita d’être enveloppé par la cavalerie ennemie et ramena sa division sur la ligne de bataille où Hoche le combla d’éloges et l’embrassa.

Il combattit avec non moins de distinction, le 26 germinal, à la prise d’Arlon, le 5 prairial, au passage de la Meuse près de Dinant, et le 28 du même mois à celui de la Sambre, près Charleroi, où, contraint d’abandonner le village de Gosselies, il conserva néanmoins 7 pièces de canon qu’il avait enlevées à l’ennemi.

Le 8 messidor, jour de la bataille de Fleurus, placé en avant de ce village et attaqué par le corps du général autrichien Quasdanovvich, non-seulement il se maintint dans cette position, mais s’apercevant que la division du général Championnet allait être mise en pleine déroute, il la secourut efficacement par une charge à la baïonnette qu’il dirigea en personne.

Il se distingua de nouveau devant Maestricht, à la bataille d’Aldenhoven, et la campagne de l’an II terminée, il servit, de l’an III à l’an V , aux armées du Nord, de Sambre-et-Meuse et de Hollande.

Investi, après la conquête de ce pays, du commandement d’Aix-la-Chapelle et des contrées situées entre Meuse et Rhin, un conflit d’autorité s’éleva entre lui et le directeur général de la police que le Directoire y avait envoyé vers la fin de l’an IV. Cet agent, blessé de l’opposition qu’apportait Morlot à ses empiétements sur les droits et les immunités des généraux en ce qui concernait la police militaire, le dénonça comme concussionnaire, et le Directoire, sans examen, sans enquête préalable, le destitua le 5 brumaire an V.

Morlot, qui se justifia complètement, fut réintégré dans son grade le 5 nivôse de la même année, eut le 11 fructidor le commandement de la 10e division militaire, puis, de la 3e le 10 pluviôse an VI, et fit les campagnes des ans VII et VIII en Batavie, dans l’Ouest et dans les Grisons.

En non-activité le 1er vendémiaire an X, membre de la Légion-d’Honneur, le 19 frimaire, en disponibilité le 1er nivôse, commandant de l’Ordre le 25 prairial an XII, et de la 16e division militaire le 28 brumaire an XIV, il rejoignit, le 9 novembre 1807, le corps d’observation des côtes de l’Océan.

Morlot ayant sous ses ordres la 3e division du 3e corps de l’armée d’Espagne se trouva le 23 novembre 1808 à la bataille de Tudela , et en février 1809 au siège de Saragosse.

Atteint, devant cette place, d’une fièvre cérébrale, il mourut à Bayonne le 23 mars. Son nom est inscrit sur le côté Nord de l’arc de triomphe de l’Étoile.

Il fut inhumé dans la 59e division, il reposait en compagnie de plusieurs membres de sa famille. La sépulture fut reprise en août 1996 et les dépouilles transférées à l’ossuaire.

Sources : Charles Mulliè, Biographies des célébrités militaires de la France, Paris, 1852, et divers