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Révolution - 1er Empire - Restauration

RANDON Charles Joseph, général comte de Pully (1751-1832)

27eme division
dimanche 30 mars 2008.
 

Général de division

Charles Joseph de Pully est un général de division, né le 18 décembre 1751 à Paris.

Le 22 avril 1768, il entra comme volontaire dans le régiment des hussards de Bercheny, et passa, le 2 décembre suivant, avec le grade de lieutenant, dans la 1e compagnie de Mousquetaires de la maison du roi. Le 11 avril 1770, il reçut le brevet de capitaine commandant dans le régiment de dragons de La Rochefoucauld. En 1776, il se rendit au camp de Vaussieux, sous les ordres du maréchal de Broglie, et servit en 1783, sur les côtes de Normandie, avec le maréchal de Vaux.

Nommé chef d’escadron en mai 1788, et lieutenant-colonel du 10e régiment de cavalerie (Royal-Cravate) le 17 mai 1789, il développa dès lors des talents militaires que sa bravoure devait bientôt puissamment seconder. Bien qu’appartenant à une famille noble, il se rallia franchement aux principes de la Révolution française, et rendit d’importants services pendant les troubles qui agitèrent les premières années de la Révolution.

Élevé au grade de colonel le 5 février 1792, il fut immédiatement employé à l’armée de Dumouriez. Il se signala à l’ouverture de la campagne, fut nommé général de brigade le 19 septembre de cette année, et contribua puissamment à la prise des hauteurs de Wavren.

Le 15 décembre, la seconde colonne, dirigée par Pully, arrivait au pied de la montagne de Hamm[1] Les retranchements sont bientôt enlevés, les canons pris ou démontés, les canonniers tués sur leurs pièces et 3 000 Autrichiens forcés d’abandonner leurs positions à 1 200 Français. Le général Beurnonville, sous les ordres duquel se trouvait Pully, écrivit à la Convention nationale pour lui rendre compte de la conduite de cet officier général dans cette affaire. Le 8 mars 1793, il reçut le brevet de général de division, comme un témoignage de la satisfaction du gouvernement.

Le 17 mai suivant, il coopéra, sous les ordres de Custine, en avant de Herscheim et de Rehinzabern, à arrêter un corps prussien de beaucoup supérieur en nombre.[2] Tandis qu’il était appelé au commandement du corps des Vosges, le général Pully était accusé, au sein même de la Convention, de trahison, et d’avoir abandonné le camp d’Hornebach pour se réunir aux émigrés.

Il s’empressa de démentir énergiquement cette nouvelle, et écrivit en même temps au général en chef et au Comité de salut public pour demander une réparation de cette calomnie. Il ne fut point écouté et fut suspendu de ses fonctions le 1er août 1793. Réintégré le 25 germinal an III, il fut autorisé à faire valoir ses droits à la retraite ; il avait été réemployé à l’armée du Nord, lorsqu’un ordre du 4 vendémiaire an IV lui enjoignit de nouveau de cesser ses fonctions. Un arrêté du Directoire, du 23 floréal an IV, l’avait nommé inspecteur général de cavalerie à l’armée de Rhin-et-Moselle ; mais ayant eu avis que Schérer avait commencé cette opération, Pully ne crut pas devoir se rendre à sa destination et resta sans emploi jusqu’au 19 nivôse an VIII, époque à laquelle le premier Consul lui confia le commandement de la 15e division militaire.

Il fut un des premiers qui, au 18 brumaire, offrirent leurs services au général Napoléon Bonaparte. Il concourut ensuite, avec le général Gardanne, au désarmement de la 14e division militaire. Envoyé à l’armée du Rhin le 3 germinal suivant, et à celle des Grisons le 26 brumaire an IX, sous les ordres du général Macdonald, il franchit le Splügen à la tête d’une division, se signala au passage et à la prise de Saint-Alberto, et contribua, le 17 nivôse, à la reddition de la ville de Trente. Après la suspension des hostilités, il occupa militairement une partie du Tyrol, et fut envoyé le 24 fructidor dans la République cisalpine, pour y commander un corps de cavalerie. Pully y reçut, le 19 frimaire an XII, la décoration de membre de la Légion d’honneur, et le 23 prairial même année celle, de commandeur de cet ordre ; il devint membre du collège électoral du département de la Seine, et obtint, peu de temps après, le commandement d’une division de cuirassiers, faisant partie de l’armée du maréchal Masséna. Cette armée, qui se dirigeait vers les États autrichiens par le nord de l’Italie, tandis que la grande armée marchait sur Vienne, obtint partout les plus éclatants succès. Le général Pully prit une part glorieuse à tous les engagements qui eurent lieu pendant cette mémorable campagne, notamment au passage du Tagliamento.

Le 21 brumaire an XIV, la cavalerie des généraux Pully et Mermet engagea, d’une rive à l’autre de ce fleuve, une vive canonnade qui dura toute la journée. Le lendemain, à la pointe du jour, l’armée effectuait sans obstacles le passage de cette rivière et marchait sur l’Isonzo. Le 7 octobre 1809, il fut nommé inspecteur général de cavalerie aux armées de Naples et d’Italie, exerça en 1808 les mêmes fonctions dans les 27° et 28e divisions militaires, et fit avec une grande distinction la campagne de 1809 à la grande armée. Chargé, le 4 septembre de cette année, de la formation et de l’inspection des corps de l’armée du Nord, et, le 20 novembre suivant, de l’organisation de douze régiments de dragons et de leurs dépôts, il s’acquitta de ces deux fonctions avec autant de zèle que de talent. Il fut également chargé en 1810 et 1811 d’inspecter les troupes de cavalerie stationnées en Italie, et d’organiser les dépôts de remonte dans les 6e et 18e divisions militaires.

Nommé gouverneur du palais de Meudon le 5 janvier 1812, il fut-appelé à organiser, à Versailles, le ler régiment des Gardes d’honneur, dont Napoléon Ier le nomma colonel le 8 avril 1813. Napoléon lui conféra, la même année, le titre de comte de l’Empire. Lors de la première abdication de l’Empereur, le général Pully envoya sa soumission à Louis XVIII qui le comprit, le 23 août 1814, dans une promotion de douze grands officiers de la Légion d’honneur, et lui donna la croix de Saint-Louis.

Après avoir successivement exercé, en 1814 et 1815, les fonctions d’inspecteur général de cavalerie, il fut admis à la retraite le 4 septembre de cette dernière année.

Il accueillit la révolution de Juillet 1830 avec autant d’enthousiasme que celle de 1789, fut admis, le 7 février 1831, dans le cadre de réserve de l’état-major général, et rentra dans sa position de retraite le 1er mai de la même année. Il est mort à Paris, le 20 avril 1832.

Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Nord.

Sources : Charles Mulliè, Biographies des Gloires militaires, Paris 1851-52.

Crédit photos : Jacques_Senaeve/Annie_photos (APPL 2008)