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DELILLE Jacques Montagnier dit l’Abbé (1738-1813)

11ème division
mardi 13 septembre 2005.
 

Il est un monument de la littérature française de la fin du XVIIIeme et du début du XIX siècle.

Né en Limagne prés de Clermont en 1738, il est tout d’abord enseignant dans divers collèges à Beauvais, à Amiens puis à Paris. Il prépare pendant ce temps une traduction des Géorgiques qu’il publie en 1769. Voltaire, sans connaitre le poête, en est frappé, et écrit à l’Académie Française pour le louer et le recommander. Delille y est présenté en 1772, mais, jugé trop jeune, il n’est admis que deux années plus tard. Son grand poême Des jardins est publié en 1782, il est bientôt traduit en plusieurs langues. On y trouve les accents mélancoliques qui préfigurent le style et le lyrisme de Lamartine.

Il écrit à la suite d’un voyage en Grèce et à Constantinople un poême intitulé l’Imagination, recueil de ses impressions. Il occupe la chaire de poésie latine au Collège de France en 1781 où il récite ses propres vers aprés ceux de Virgile.

Il se retire à Saint Dié sous la Révolution pour trouver le calme lié à son inspiration. Il achève dans la plus grande solitude sa traduction de l’Enéide commencée trente années auparavant. On le surnomme alors le Virgile Français. Il part finalement en exil et fait montre d’un travail débordant. En remerciement de l’hospitalité anglaise, il traduit Le Paradis perdu de Milton, ce dernier étant considéré comme le poête moderne par excellence.

Il est l’auteur des Trois règnes de la nature dans lequel il tente d’exprimer poétiquement les principes et définitions scientifiques. Dans La Pitié paru en 1803, son inspiration est politique, et l’oeuvre est censuré en France. Il condamne les excés de la Révolution, stygmatise l’esclavage dans ses considérations. Il n’est pourtant pas abolitionniste, se contentant de plaindre les malheurs des colons. Il se déclare ennemi de toute violence.

En 1812, il est considéré comme le plus grand des écrivains français vivants. Il meurt en 1813 et a des funérailles grandioses. Il repose dans ce carré des romantique en compagnie d’autres académiciens. Il est bien oublié aujourd’hui, sa sépulture ne retient plus l’attention si ce n’est par le site qui l’accueille. Elle a été restaurée il y a peu, ce qui lui enlève un peu de son cachet.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)