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BOULLE Pierre (1912-1994)

87eme division (columbarium)
vendredi 23 février 2007.
 

Le Pont de la rivière Kwai

Pierre Boulle, écrivain français, voit le jour le 20 février 1912 à Avignon. de formation technique, il fut ingénieur Supélec en 1933.

Il fut jeune, ingénieur agronome de la SOCFIN en Malaisie et c’est en parcourant les contrées avoisinantes qu’il amassa la matière et le décor de ses romans futurs. La SOCFIN possédait des plantations d’hévéas parmi les plus grandes du monde.

Il s’engagea et combattit en Chine, en Birmanie et en Indochine. Après la Seconde Guerre mondiale, il vécut quelque temps en Malaisie, avant de revenir s’établir en France.

En novembre 1939, il est mobilisé et appelé à Saigon. Il multiplie les affectations en Cochinchine. En février 1940, il est affecté en Annam, en octobre au Laos. En avril 1941, démobilisé, il attend un visa anglais pour retourner en Malaisie. En juillet, il revient à Singapour (encore une partie de la Malaisie) et s’engage dans les Forces Françaises Libres FFL. En août, en stage au service anglais spécialisé dans l’espionnage des installations ennemies à l’étranger (la Force 316), il apprend à faire sauter des ponts. De là vient "Le pont de la rivière Kwai".

En janvier 1942, il rejoint la Chine depuis la Birmanie, en Buick, en mission sous le nom de Peter John Rule. En avril, il se rapproche de la frontière avec l’Indochine, pays occupé par les Japonais qu’il songe de plus en plus à rejoindre. En août, il descend le fleuve Namna dans l’espoir de gagner Hanoï , sur une embarcation de bambous qu’il a fabriquée. Capturé par des villageois, il reconnaît son identité devant un officier pétainiste et est incarcéré. En octobre, à la Cour martiale d’Hanoï, il est déclaré coupable de trahison et est dégradé, déchu de la nationalité française et condamné aux travaux forcés à perpétuité. Sous la gouverne de l’Amiral Decoux, l’Indochine française était pétainiste.

Deux des romans de Pierre Boulle connurent une notoriété mondiale, grâce à leurs adaptations cinématographiques.

Le Pont de la rivière Kwaï (roman ayant obtenu le Prix Sainte-Beuve en 1952). Inspiré d’une période de sa vie d’engagé dans les Forces de France Libre, le roman, et le film de 1957 de David Lean, ont assuré la célébrité de Pierre Boulle.

La Planète des singes (1963). Si le roman a connu de nombreuses adaptations (téléfilms, cinéma (1967, par Franklin Schaffner et 2001 par Tim Burton), bandes dessinées), aucune d’entre elles n’est vraiment fidèle à l’original. Cette œuvre de science-fiction remet en question la définition de l’humanité.

En 1976, pour l’ensemble de son œuvre, Pierre Boulle reçut le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres.

Pierre Boulle fut, avec Jacques Spitz et René Barjavel, le pionnier de la science-fiction française. Dans une histoire écrite en 1949, Une Nuit Interminable, publiée dans le recueil Contes de l’Absurde (1953), Pierre Boulle joue avec les paradoxes temporels, à la manière d’un Barjavel dans Le Voyageur Imprudent, faisant preuve d’un étonnant modernisme. Ce recueil est par ailleurs le premier recueil de nouvelles de science-fiction françaises.

Il est l’un des auteurs français les plus traduits et les plus connus à l’étranger, plus particulièrement aux États-Unis où ses romans connurent un grand succès, dopés par les adaptations cinématographiques du Pont de la rivière Kwaï et de la Planète des Singes. Il fut ainsi l’objet d’une étude littéraire, Pierre Boulle de Lucille Frackman Becker, parue chez Twayne Publishers et malheureusement jamais traduite en français.

Cinq ans après la mort de Pierre Boulle, sa nièce, qu’il avait élevée comme sa propre fille, et son mari découvrirent de nouveaux manuscrits inédits dans les archives de l’auteur. Presque illisibles, il fallut repasser une à une les vingt mille pages découvertes pour les restaurer. À l’issue de ce fastidieux travail, un nouveau roman sortait de l’oubli : L’Archéologue et le Mystère de Néfertiti, probablement écrit entre 1949 et 1951, et désormais paru au Cherche-Midi en 2005, ainsi que des nouvelles inédites.

Pierre Boulle s’est éteint le 31 janvier 1994, il repose dans la 87e division (columbarium), case 40598.