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ROUSSEL Raymond (1877-1933)

89eme division
jeudi 22 février 2007.
 

Ecrivain et poète

Raymond Roussel est un écrivain et poète dramatique français. Il voit le jour à le 20 janvier 1877. Ses premiers livres, La doublure, La vue, Impressions d’Afrique, ne rencontrent aucun succès. Tous ses autres livres, comme Locus Solus ou L’étoile au front, seront perçus comme des œuvres déroutantes. En 1932, il fait paraître ses Nouvelles Impressions d’Afrique, suivi de cinquante neuf énigmatiques dessins à la plume d’Henri-Achille Zo.

Précurseur des surréalistes, admiré par André Breton (« Le plus grand magnétiseur des temps modernes »), Jean Cocteau, Louis Aragon, Paul Éluard, Georges Perec cet écrivain fut assez peu lu, compte tenu de la très grande complexité de ses ouvrages.

Raymond Roussel était un inventeur dans bien des domaines : dépôt d’un brevet sur l’utilisation du vide, il a formulé aux échecs la méthode de mat dans le cas d’une finale Roi, fou et cavalier contre roi seul, découvert d’un théorème mathématique, etc. Il a aussi été médaille d’or de tir au pistolet. Il est, d’autre part, l’oncle de Michel Ney. Michel Leiris était le fils de son agent de change Eugène Leiris.

C’est le troisième et dernier enfant de sa famille. En 1893 il à seize ans et est admis au Conservatoire National de Musique (piano). L’année suivante, il hérite de la fortune de son père ancien agent de change. Il se retrouve multimillionnaire.

Il commence à écrire des vers pour accompagner ses compositions musicales. À dix sept ans, il écrit Mon Âme, un long poème publié trois ans plus tard dans Le Gaulois. En 1896 : il commence la rédaction d’un long poème intitulé La Doublure pendant lequel il aura ce qu’il appelle une « curieuse crise » où durant quelques mois, il éprouvera une « sensation de gloire universelle d’une intensité extraordinaire ».

Le 10 juin 1897, il fait paraître La Doublure qui est un total insuccès. Il tombe alors en dépression. Il est soigné par le psychiatre Pierre Janet qui décrira son cas dans De l’angoisse à l’extase. Magré tout, il continue de passer des auditions de pianos.

Il a une grande admiration pour les académiciens, Paul Bourget et Pierre Loti, il aime également le poète François Coppée. Il fréquente les salons mondains jusqu’en 1897. C’est là qu’il rencontrera Marcel Proust et bien d’autres.

En 1910, c’est la parution d’Impressions d’Afrique auquel personne ne s’intéresse sauf Edmond Rostand qui prétend en faire une « pièce extraordinaire ». Roussel en fait alors jouer successivement trois versions, mais la critique s’acharne sur la pièce qui est un échec. En 1914, parution de Locus Solus qui n’est pas mieux accueilli que les précédents. Roussel charge alors Pierre Frondaie d’en faire une adaptation théâtrale, qui est aussi un insuccès et provoque des bagarres. Le nom de Roussel accède alors à une célébrité de scandale.

En 1920 et 1921, il effectue un tour du monde. Il séjourne notamment à Tahiti, sur les traces de Pierre Loti. Le 5 mai 1924, pensant que ses pièces échouaient car ce n’étaient que des adaptations, Roussel écrit L’Étoile au front, mais c’est encore un échec accompagné de bagarres dont les partisans sont plus nombreux. C’est alors que Robert Desnos lança son mot célèbre : « Nous sommes la claque et vous êtes la joue ».

Le 2 février 1926, c’est la dernière dernière pièce, La Poussière de soleils, dont les places s’arrachèrent et sans bagarres, mais toujours avec une mauvaise critique. L’année 1932 voit la parution de son dernier livre, Nouvelles Impressions d’Afrique.

Mais, le 14 juillet 1933 il est retrouvé mort, dans sa chambre d’hôtel, à Palerme,(Sicile,Italie), suite à un excès de barbituriques. Quelques jours auparavant, il avait déjà tenté de s’ouvrir les veines. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Il repose dans la 89e division.

Il demanda a être inhumé seul dans un caveau comportant trente deux places, en référence au nombre de pièces d’un jeu d’échec. Raymond Roussel avait une passion sans limite pour ce jeu.