Navigation







DAC Pierre, humoriste (1893-1975)

87eme division (columbarium)
jeudi 15 février 2007.
 

Humoriste et écrivain

André Isaac dit Pierre Dac voit le jour le 15 août 1893 à Châlons-sur-Marne. Chansonnier connu dès les années 1930, il fonde L’Os à Moelle, publication irrégulière et humoristique (au nom inspiré par Rabelais et par son père boucher), et organe du parti loufoque.

Dans l’Os à Moelle, les petites annonces vendent de la pâte à noircir les tunnels. Le monde de cette époque pratiquant un style différent de loufoquerie, le journal disparut en 1938. On le vit reparaître, sous la férule du maître, vers 1965, avec des talents nouveaux comme René Goscinny (Les aventures du facteur Rhésus) et Jean Yanne (Les romanciers savent plus causer français en écrivant).

Devenant l’humoriste des émissions en français de Radio Londres à partir de 1943, il y parodie des chansons à la mode pour brocarder le gouvernement de Vichy. On lui doit le slogan célèbre : « Radio Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand » sur l’air de la Cucaracha (chant révolutionnaire d’Amérique latine).

Toutefois, il répond sérieusement lorsque le 10 mai 1944 Philippe Henriot sur Radio-Paris s’en prend aux Juifs français réfugiés à Londres, pour qui la France ne compterait pas : "Son frère en France a bien sur sa tombe l’inscription « mort pour la France », alors que sur celle de Philippe Henriot on écrirait « mort pour Hitler, fusillé par les Français »". Cette réponse fut prémonitoire : Henriot sera abattu par la résistance 15 jours plus tard.

Après la guerre, il forme avec Francis Blanche un duo, auquel on doit de nombreux sketches (dont l’hilarant Sar Rabindranath Duval, et un feuilleton radiophonique, diffusé de 1956 à 1960 sur Europe 1, Signé Furax auquel la France entière est suspendue. Plus tard, entre 1965 et 1974, en compagnie de Louis Rognoni, Pierre Dac crée la série Bons baisers de partout comportant 740 épisodes diffusés sur France Inter. Une hilarante parodie des séries d’espionnage des années 1960.

Son texte Le biglotron fut souvent cité par les amateurs de dépédantisation. Une de ses inventions majeures, le Schmilblick, « ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout. Il est rigoureusement intégral ! ». Le mot Schmilblick sera repris par Guy Lux pour un jeu télévisé, puis par Coluche pour une parodie de ce jeu restée célèbre.

En 1965, il se porte volontaire pour la présidentielle de 1965, soutenu par le MOU (Mouvement ondulatoire unifié). Ancien résistant, suite à la demande de l’Elysée, il obtempère et abandonne sa campagne.

Il a été surnommé par certains le « Roi des Loufoques », par son aptitude à traquer et créer l’absurde à partir du réel (Cf. le noir de tunnel, ou bien, à la question : « Pouvez-vous me donner le numéro de la carte d’identité de cette dame ? », la réponse : « Oui ! »)

Malgré le succès, Pierre Dac était resté un homme modeste, presque effacé. Il meurt le 9 février 1975, dans la plus grande discrétion. « La mort, avait-il dit, c’est un manque de savoir-vivre. »

Quelques-unes de ses citations

Né à Delhi, de petite taille et d’un caractère paisible, c’était un nain doux.

Celui que la fumée n’empêche pas de tousser et que la toux n’empêche pas de fumer a droit à la gratitude de la Régie française des Tabacs.

Il est démocratiquement impensable qu’en république il y ait encore trop de gens qui se foutent royalement de tout.

Pierre Dac repose dans la 87e division (columbarium) case 4462.