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Sciences et Techniques - Céramique

CARRIES Jean, céramiste (1855-1894)

12eme division (1ere ligne, AA)
mercredi 14 février 2007.
 

Céramiste et modeleur

Jean Joseph Marie Carriès naît à Lyon le 15 février 1855. Il est trés tôt orphelin, il se retrouve seul à 6 ans. En 1868, il est placé apprenti modeleur estampeur chez P.Vermare (sculpteur), suit des cours aux beaux-arts. Ensuite il quitte Lyon pour Paris. Là J. Carriès consacre tout son temps à la sculpture. C’est un triomphe, doublé d’une réussite financière. Malgré le succès, Jean Carriès va abandonner la sculpture pour se consacrer aux grés.

Ce projet est né en 1878 lorsque, visitant la section Arts japonais de l’Exposition universelle, il découve les grés de la cérémonie du thé.

Les collections parisiennes constituées par des amateurs, tels ses amis Georges Hoentschel et Paul Jeanneney, vont l’inciter à se lancer dans l’aventure. En octobre 1888, Jean Carriès installe un atelier à La Bertille, non loin du Faubourg des potiers à St Amand-en-Puisaye.

Grâce aux installations et les compétences de Normand et Lion, il progresse rapidement et en février 1889 il peut exposer ses premiers travaux dans son atelier du boulevard Arago. Le succès entraîne une commande titanesque : une porte constituée de 700 briques de grés ornementées de faunes germaniques, destinée à s’ouvrir sur la salle abritant le manuscrit de Parsifal, œuvre ultime de Wagner.

J. Carriès crée un bestiaire fantastique : Grenouille à oreilles de lapin, grenouillard, crapaud difforme, auquel il ajoute de rares pots monstrueux dont la panse s’orne de figures grimaçantes. Les éléments constituant la porte puisent dans ce répertoire faunique inspiré des légendes germaniques. Passant du bronze au grés J. Carriès édite l’essentiel de ses sculptures : bébés, novice, évêque, faune...

À Paris le succès l’accompagne toujours ; le triomphe lors de l’exposition de ses œuvres en grés émaillé au salon du Champ de Mars 1892 lui vaut tout à la fois les louanges de la critique, la croix de la légion d’honneur et de nombreux achats d’amateurs et de musées.

Malgré cette réussite, le travail et le coût énormes occasionnés par la porte vont le conduire à sa perte. La porte démoniaque, consumant santé et argent, le précipite peu à peu dans la détresse et la ruine.

Le 25 mai victime d’une pleurésie compliquée d’un abcès au poumon, il est transporté à Paris chez son ami Georges Hoentschel chez qui il décède le 1er juillet 1894.

Jean Carriès repose dans la 12e division, sous une statue réalisée par ses soins.