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Anarchie - Communisme - Hommes politiques

MAKHNO Nestor (1889-1934)

87eme division (columbarium)
lundi 12 février 2007.
 

Anarchiste ukrainien

Nestor Ivanovith Makhno né le 27 Octobre 1889 à Gouliaï-Polié dans le Sud de l’Ukraine est le cinquième fils d’une famille de paysans pauvres. Au lendemain de la révolution manquée de 1905, il intègre le groupe anarcho-communiste de Gouliaï-Polié. Arrêté plusieurs fois, emprisonné et torturé, il est condamné à mort en 1910 pour avoir fomenté un attentat contre le poste de police. Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité.

Durant son incarcération il s’instruit et perfectionne sa formation politique. La révolution de 1917 lui permit de retrouver la liberté. De retour à Gouliaï-Polié, il fonde une Union paysanne et procède à l’expropriation des grands domaines agricoles et des usines, dans la région qu’il contrôlait, établissant des communes rurales autonomes. Chaque commune était dotée d’une superficie de terre correspondant à ce que ses membres pouvaient cultiver. Le gouvernement provisoire d’Ukraine ne pouvait pas s’opposer à la mise en oeuvre de l’anarchie dans cette province. La question de l’indépendance de l’Ukraine par rapport à la russie fut vite un problème. Les nouveaux maîtres de Russie ne voulait pas se séparer de leur grenier à blé.

Dans ces conditions des combats incessants vont avoir lieu pendant des années au rythme des flux et reflux des divers combattants : Troupes d’occupation austro-allemandes, bandes de l’Hetman Skoropadsky, armées blanches de Denikin puis celles de Wrangel, s’emparant des villes, les reperdants, multipliant les massacres, les pogroms, les pillages. Les éléments d’intervention de l’Armée rouge se livreront dans le pays à de brutales répressions. La tchéka fit régner un tel régime de terreur chez les paysans ukrainiens que le gouvernement soviétique dut se résoudre à constituer une commission, spécialement chargée d’enquêter sur les agissements en Ukraine de cet organisme policier, sinistre instrument de la terreur rouge.

En 1918, le pouvoir bolchévique se sentant assez fort supprime les opposants libertaires puis les socialistes révolutionnaires. Makhno venu s’informer à Moscou de la conduite à tenir dans sa province n’eut pas de réponse satisfaisante. Il résolut donc de mettre en pratique sa propre solution : la guerre des paysans. Si le mouvement Makhnoviste ne pouvait espérer aucun secours des partis étatiques, en revanche il était en droit de compter sur une aide de la part des groupes anarchistes des villes.

Malheureusement, les préjugés antiorganisationnels, profondément ancrés dans les milieux libertaires, ne permirent pas à la makhnovchtchina de sortir de son isolement. Comment faire admettre aux intellectuels et théoriciens anarchistes que la guerre, avec la stricte organisation qu’elle implique, pouvait passer pour un moyen d’action compatible avec les finalités de l’anarchie ? Makhno pratiqua une guérilla terriblement efficace avec son armée de 20000 hommes équipée en partie grâce à des armes prise à l’ennemi.

Makhno contribua efficacement à la lutte contre les armées blanches de Denikine et Wrangel. Malgré cela, l’implantation d’une société paysanne libertaire dans la région contrôlée par Makhno, de même que l’autonomie des makhnovistes, portaient trop ombrage à un pouvoir central de plus en plus jaloux de ses prérogatives pour être tolérées plus longtemps. Un conflit sanglant ne tarda pas à éclater entre les partisans de Makhno et l’Armée rouge. Après la prise de Gouliaï-Polié par les rouges, Makhno s’enfuit avec une poignée de cavaliers. Traqué, malade, blessé il parvint pourtant à échapper à ses poursuivants. Il trouva exile en France ou il mourut en 1934.

Il repose dans la 87e division (columbarium), case 6685.