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TINAN Jean de (1874-1898)

29eme division (1ere ligne)
samedi 10 février 2007.
 

Ecrivain de la belle époque

Jean de Tinan est né en 1874, il ne vécut que vingt quatre années. Lointain descendant de Antoine Merlin de Thionville, un des artisans de la chute de Robespierre, il repose dans la même sépulture que ce dernier.

" Le beau ténébreux " : c’est ainsi que Rachilde présentait Jean de Tinan dans un des chapitres de son livre Portraits d’hommes, publié en 1929. " Drapé dans une cape 1830, dont un pan se rejette sur l’épaule pour mieux montrer sa doublure de satin, coiffé d’un feutre souple, dont un bord peut se relever fièrement comme suivant l’ondulation d’une plume, ce jeune homme paraissait descendre d’un cadre et l’on cherchait, derrière lui, le jardin où rêve Elvire, car le fond naturel de ces silhouettes-là, c’est la légende amoureuse, fatalement tragique. "

Sa photo prise par Pierre Louÿs (et que Jean-Paul Goujon vient de reproduire dans sa biographie augmentée de l’auteur d’Aphrodite chez Fayard) correspond bien à ce portrait : un grand gaillard assez maigre qui semble défier le temps de son regard expressif, alors même qu’il n’aura vécu que vingt-quatre ans, et qui, s’il demeure un petit maître, n’en est pas moins une des personnalités les plus attachantes de la Belle Epoque.

Ce qui frappe peut-être le plus chez Tinan, c’est l’abondance des textes qu’il a écrits en une demi-douzaine d’années à peine : quatre romans, Un document sur l’impuissance d’aimer (L’Art indépendant, 1894), Penses-tu réussir ! (Mercure de France, 1897), L’Exemple de Ninon de Lenclos amoureuse (idem, 1898) et Aimienne ou le détournement de mineure (posthume, idem, 1899).

On lui doit également un essai, des fantaisies, des contes, des dizaines d’articles et de chroniques... Dont ceux qui devaient paraître au Mercure de France sous l’intitulé général " Cirques, cabarets et concerts " en 1897 et en 1898, l’année de sa mort, et dans lesquels Rachilde, encore elle, voyait la révélation d’une nouvelle forme de littérature.

Ils seront réunis en 1921 par Francis Carco et baptisés Noctambulismes. Mais ce n’est pas tout : Tinan a en outre tenu un copieux journal intime (resté inédit à ce jour), rédigé des centaines de lettres (notamment à Pierre Louÿs, son " meilleur ami "), esquissé de nombreux projets romanesques ou journalistiques et offert à Willy deux ouvrages au moins, Maîtresse d’esthètes (1897) et Un vilain monsieur (1898), tous deux édités par Simonis Empis.

Sans avoir jamais été très célèbre, Tinan a toujours attiré les amateurs et les curieux, et c’est une des principales raisons pour lesquelles les éditions originales de ses livres atteignent souvent des prix soutenus. La plus recherchée reste L’Exemple de Ninon de Lenclos amoureuse dont la couverture est une lithographie de Toulouse-Lautrec, " à la fois ferme et spirituelle " et exprimant " à merveille l’esprit du livre ", selon Jean-Paul Goujon dans sa biographie de l’auteur (Plon, 1991).

Jean de Tinan est décédé en 1898. Il repose dans la 29eme division.