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Cinéma et Télévision

CAMUS Marcel, réalisateur (1912-1982)

87eme division (columbarium, case reprise, cendres dispersées)
vendredi 9 février 2007.
 

Réalisateur et scénariste

Marcel Camus voit le jour le 21 avril 1912 à Chappes.

Fils d’un instituteur, il étudie aux Beaux Arts et se destine au professorat de dessin. Mais pendant la guerre de 1939-45, il est déporté dans un camp de prisonniers en Allemagne. C’est dans cet univers morne qu’il découvre le théâtre et y puise des forces, il y monte ses premiers spectacles avec quelques amis détenus, tour à tour comme décorateur, acteur et metteur en scène.

Lorsqu’il rentre en France, son oncle, l’écrivain Roland Dorgelès, le présente à plusieurs réalisateurs de renom. Il fait ses armes en tant qu’assistant ou conseiller technique auprès de Luis Bunuel, Alexandre Astruc, André Barsacq, Daniel Gélin et Jacques Becker.

Marcel Camus attend la maturité pour faire le grand saut. Il réalise son premier long métrage en 1957, à l’âge de 45 ans, en adaptant le roman de Jean Hougron Mort en fraude grâce au talent de Michel Audiard, l’histoire d’un village vietnamien affamé par la guerre d’Indochine. Malgré quelques défauts, le film remet radicalement en cause l’opportunité du conflit et critique ouvertement la politique française qui "n’a fait que dégrader et avilir la culture indochinoise". Mort en fraude, qui fait l’unanimité parmi la jeunesse, est censuré dans les DOM-TOM pour son message subversif de fraternisation entre les peuples. L’année suivante, Marcel Camus obtient la Palme d’Or au Festival de Cannes pour ce qui reste son plus beau succès, Orfeu Negro. Tourné au Brésil en plein carnaval de Rio, le film revisite le mythe d’Orphée et Eurydice et reprend les idéaux fraternels de Mort en fraude. "Pour moi, le cinéma n’est pas un but, c’est un moyen de trouver le contact avec les hommes", affirme-t-il.

Ce que l’on pourrait prendre pour une somme de bons sentiments se traduit en fait par un force évocatrice communicative. La mode européenne est à la musique afro-latino-américaine : Camus surfe sur cette vague et reste au Brésil pour Os Bandeirantes (1960), mais le film n’obtient pas les mêmes suffrages. Suit une série de films Le Mur de l’Atlantique, 1970, Otalia de Bahia), (1976) qui n’enrichit pas réellement l’oeuvre du cinéaste même si l’on y reconnaît la même générosité et le même engagement, sous-tendus par un idéal humaniste chevillé à la caméra.

Dans les années 70, Marcel Camus réalise plusieurs films et séries télévisées. Les plus connues sont Les Faucheurs de marguerites, retraçant l’histoire romancée des pionniers l’aviation (1974), et Ce diable d’homme (1977), un récit de la vie de Voltaire.

Marcel Camus est décédé le 13 janvier 1982 à Paris. Il repose dans le columbarium de la 87e division. Case 23249.

Sources : Encyclopédie des personnalités du cinéma.