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Révolution et Empire

TRELLIARD Anne François, général comte (1764-1832)

31eme division (3eme ligne, U, 34)
mardi 30 janvier 2007.
 

Général de division

Né à Parme (Italie) le 9 février 1764, entra au service comme cadet-gentilhomme le 6 novembre 1780.

Sous-lieutenant en 1781 au 6e de dragons, lieutenant en second le 28 avril 1788, lieutenant surnuméraire à la formation du 4 mai suivant, lieutenant à la formation du 1er mars 1791, il passa avec le même grade au 3e régiment de chasseurs le 25 janvier 1792.

Capitaine le 6 août de la même année, il fit les premières campagnes de la Révolution aux armées de Champagne, de Belgique et du Nord, et reçut le grade de chef d’escadron au 11e régiment de chasseurs à cheval le 7 avril 1793. Chef de brigade du même régiment le 15 fructidor an II, il servit aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse.

Le 1er brumaire an III, au village de la Tour-Blanche, en avant de Coblentz, avec des forces inférieures, il culbuta la cavalerie ennemie, la poursuivit, lui prit 200 chevaux, et mit plus de 200 hommes hors de combat.

Toujours à l’avant-garde du général Moreau, Trelliard assista au blocus de Mayence. - En avant de Kreutsnack, il s’élança à la tête de son régiment, enfonça l’ennemi, entra pêle-mêle avec lui dans la ville, et fit 2.500 prisonniers. À la bataille de Neuwied, il enleva des redoutes et fit 2.000 prisonniers.

Nommé général de brigade le 24 fructidor, il fut envoyé en Hollande et prit le commandement de la cavalerie. Il fit ensuite partie de l’armée gallo-batave. À Forkem, il contint, avec un faible corps de cavalerie, un nombreux corps autrichien.

Membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, et commandant de l’Ordre le 25 prairial, il eut un commandement de troupes à cheval à Saint-Omer.

En l’an XIV, il commanda une brigade de cavalerie du 5e corps de la grande armée. Au combat meurtrier de Wertingen, le 16 vendémiaire, il chargea l’ennemi à la tête des 9e et 10e de hussards, le mit en déroute, s’empara de trois pièces d’artillerie et fit 800 prisonniers.

Il prit une part glorieuse aux batailles d’Ulm et d’Austerlitz.

Le 10 octobre 1806, au combat de Saalfeld (Prusse), il exécuta contre les Prussiens une charge admirable qui livra aux Français 6.000 prisonniers, trois généraux, plusieurs drapeaux et trente pièces de canon. Il se distingua au combat de Pultusk, et y fut grièvement blessé.

L’Empereur le nomma général de division le 30 décembre 1806, et, par décret du même jour, il l’autorisa à se rendre en France pour s’y rétablir de ses blessures et pour être employé ensuite à l’inspection des dépôts de cavalerie.

En août 1808, il commandait les troupes à cheval réunies à Pau. Créé comte de l’Empire, il fut mis à la disposition du major général, qui l’employa à l’armée d’Espagne. Envoyé dans la Manche, il prit le commandement de celte province et celui de la 4e division de dragons, et dispersa les corps nombreux de guérillas qui infestaient ces contrées.

Le 16 janvier 1812, il battit complètement, à Almagro, le général Morillo, le chassa de la province et lui fit un grand nombre de prisonniers.

Le 1er janvier 1814, il reçut l’ordre de se porter en Champagne avec la division de cavalerie qu’il commandait. - Le 15 février, il arriva à Nangis au moment où une action s’engageait ; il chargea impétueusement l’avant-garde russe avec ses dragons, la culbuta, lui prit 16 pièces de canon, fit 5.000 prisonniers, et la poursuivit jusqu’à Provins. À Arcis-sur-Aube, il soutint la retraite du maréchal Oudinot, malgré le feu terrible de l’artillerie ennemie.

Nommé gouverneur de Bellisle-en-Mer au mois de juin 1814, et chevalier de Saint-Louis le 8 juillet, il obtint sa retraite le 18 octobre 1815. Compris dans le cadre de réserve le 7 février 1831. le général Trelliard fut réadmis à la retraite le 1er mai 1832, et mourut le 14 du même mois. Il repose dans la 31ème division, chemin de la Bédoyère, 3ème ligne.

Sa sépulture a été restaurée par les soins de l’association Le Souvenir Français et l’association ACNM (Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens).

Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Est.

Source : Les Gloires Militaires de la France, Charles Mulliè, Paris 1851.

Crédit photo : Jacques Seynaeve