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Actualités - Faits divers - Affaires judiciaires

RENAUD François, juge d’instruction (1923-1975)

62eme division
lundi 29 janvier 2007.
 

Le juge Renaud dit "le shériff"

François Renaud est né en 1923 à Lyon. C’est là qu’il commence ses études de droit qui seront interrompues par la guerre. Il rejoint alors le maquis, puis s’engage dans l’armée d’Alsace.

Vient la libération, François Renaud obtient son diplôme de justice de Paix coloniale. En 1956, il est nommé juge suppléant en Côte d’Ivoire, puis est affecté en Haute-Volta et ensuite au Niger. Il revient à Lyon en 1966. C’est un homme de bonne stature, il affiche un port altier, le teint halé et l’œil bleu vif. Il porte la moustache en crocs conquérante et bien lissée. Ses tenues sont voyantes, à la limite excentrique, ce n’est pas l’image que l’on se fait d’un magistrat dans l’esprit populaire.

C’est un juge passionné, se plongeant avec passion dans ses dossiers. Les auditions qu’il mène sont rudes et abruptes. En un peu moins de huit ans, il traite prés de mile cinq cent affaires de droit commun. Il devient très vite la terreur des prévenus et de leurs avocats. Les policiers n’échappent pas non plus à ses griffes, en retour, ces derniers ne l’apprécient guère.

C’est aussi un homme de terrain, il n’hésite pas à faire des virées nocturnes dans les bars et les boîtes de nuit. Don Juan ou Play-boy sur le déclin, il fréquente un monde un peu glauque. Mais, il sait qu’en s’aventurant dans les lieux que fréquentent ses adversaires, il obtient assurément des renseignements de la plus grande utilité, mais, il risque tout de même sa réputation.

Mais, le jeudi 3 juillet 1975, vers 3 heurs du matin, après avoir passé la soirée chez des amis, le juge François Renaud regagne son domicile sur les pentes de Fourvière. Il gare sa voiture, et avec son amie qui l’accompagne, il font les quelques pas jusqu’au domicile du juge. Mais, la vitre d’une voiture en stationnement descend, on peut apercevoir la silhouette de trois hommes. Le juge Renaud comprend immédiatement le danger et cours avec son amie, un coup de feu retentit, il est touché dans le dos. Il se traîne derrière une voiture, un homme s’approche et lui tire deux balles dans la nuque. Pour la première fois dans notre pays, un juge en exercice vient d’être assassiné.

Ses assassins n’ont jamais été retrouvés. L’enquête fut considérée comme bâclée. Pas moins de six juges d’instruction se succèdent en vain, un non lieu est rendu en 1992...

Crédit photo : Régis_Forrestier (APPL 2008)